‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 115 sur 128 · LES STATUTS · texte numérisé non relu

LES STATUTS

Dès que la Faculté de médecine eut pris naissance, elle s’est donné des statuts qui remontent à 1270, et qui furent revus en 1274 et en 1281. Le 14 octobre 1350, sous le décanat d’Adam de Francheville, ces statuts furent révisés et demeurèrent en vigueur jusqu’à la fin du xvi° siècle.

Lorsqu’il eut chassé l’étranger, rapproché les catholiques et les protestants, rétabli la paix au dedans et au dehors de son royaume, Henri IV songea à panser toutes les plaies sociales, et parmi toutes les réformes financières, administratives, industrielles et commerciales, l’Université eut aussi une large part. Avant Henri IV, c’était sous la juridiction du chef de l’Eglise qu’était placée l’éducation de

254 Chapitre onzième.

la jeunesse ; à partir d’Henri IV- tout en restant entre les mains du clergé, elle fut sous la direction du magistrat civil : l’autorité du Roi et du Parlement remplaça l’autorité du pape. Le Roi, disait De Thou, « a jetté les yeux sur son Université de Paris, jadis la plus florissante de toute la chrestienté, et qui se sent maintenant, comme les autres parties de ce grand corps, des confusions passées. » (1).

Le lCr février 1595, à la Chandeleur, quand le recteur de l’Université, Galland, escorté des doyens des quatre Facultés et des procureurs des nations, se présenta chez le Roi pour lui offrir le cierge, selon la coutume, Henri IV lui annonça qu’il voulait rendre à l’Université son ancienne splendeur, afin que la jeunesse qui y prenait des leçons fût de bonnes mœurs et dévouée au Roi et au Royaume, velle se Academiam pristino splendori restituerez quo juventus , in eâ edocta et bonis moribus imbuta , sibi et regno inserviat » et il annonça qu’il avait déjà choisi ceux qui devaient l’aider dans cette réforme (2).

Quatre jours après, le Recteur fit connaître à l’assemblée de l’Université les intentions du Roi. On se réunit au collège de Navarre, on visita les collèges et on prépara le travail de réformation.

Dans les premiers jours de septembre de la même année, on présenta au Roi un corps de statuts nouveaux pour l’Université : mais

(1) Réformation de l’Université de Palis, 160), in-12, p. 124.

(2) Du Boulay. Histoire de l' Université, texte latin, t. VI, p. 891»

Les Statuts.

la publication en fut ajournée, car il y avait quelques modifications à leur faire subir. Ceux de la Faculté de médecine furent révisés; aux 66 articles des anciens statuts on en ajouta 22 nouveaux qui furent présentés au Parlement le 3 septembre 1598, transcrits dans les Commentaires de la Faculté, imprimés et réimprimés en 1634, sous le décanat de Boujonier.

La bibliothèque nationale et la bibliothèque de la Faculté de médecine contiennent plusieurs éditions de ces statuts rédigés en latin. Outre l’édition de 1634, petit in-12 de 50 pages, imprimée par Jean Camuzat, elles possèdent l’édition in-12, de 1660, de 90 pages, — l’édition in-4° de 1672 « avec les pièces justificatives de ses privilèges, et des droits et soumission à elles deubs parles apothicaires et chirurgiens .... » imprimée par décret de la Faculté du 19 mars 1672 ; — l’édition de 1696, in-4, avec quelques nouvelles additions ; — l’édition de 1751, petit in-12, de 126 pages, imprimée chez Quillau, contenant 84 articles, confirmés par arrêt du Parlement, le 19 avril 1751. Ce sont les derniers statuts qui ont régi l’ancienne Faculté, et c’est le texte latin de cette édition qui nous a servi de guide pour la traduction des 84 statuts. En outre, la Faculté avait ses usages, et de temps à autre elle portait des décrets qui avaient force de statuts.

Page 1