Chapitre troisième
cardinales. On extrayait deux noms de chaque urne, et ces quatre docteurs régents constituaient avec le doyen, qui n’était jamais professeur, le corps examinant qui devait interroger les élèves devant toute la Faculté. Les honoraires des examinateurs étaient fixés à 4 livres par candidat, à chaque examen; le doyen recevait le double, soit 8 livres. L’élection des examinateurs avait lieu tous les deux ans, le samedi qui précède le 2 février, fête de la Purification, Cette mesure remontait à 1568.
Les examinateurs nommés juraient à leur tour :
1° D’exercer fidèlement leurs fonctions pendant le temps fixé ;
2° D’examiner soigneusement chaque candidat sur La théorie et la pratique pendant plusieurs jours; de lui faire faire une leçon (Zectionem) ; d’argumenter contre lui, jusqu’à ce qu’ils fussent suffisam ment renseignés sur ses aptitudes ;
3° De donner leur avis loyalement, sans modification ni conditions, sur la capacité ou l’incapacité des candidats examinés.
Le samedi suivant, on convoquait de nouveau les docteurs régents dans les salles supérieures, après la messe, pour entendre le rapport sur les lettres testimoniales, et avoir leur avis. Toutes les pièces étant en règle, la semaine suivante était tout entière consacrée aux examens. Le lundi avaient lieu les examens de physiologie et d’anatomie; le mardi, ceux d’hygiène, et le mercredi, ceux de pathologie.
Le Baccalauréat en médecine.
Disons une fois pour toutes, que toutes les argumentations se faisaient en latin (7).
L’interrogation ne se faisait pas comme aujourd’hui, en quelques minutes* le doyen et chaque examinateur interrogeaient pendant une demi-heure chaque candidat, qui restait ainsi pendant deux heures et demie sur la sellette. Le jeudi était consacré au repos, mais les examens recommençaient le vendredi. Ce jour-là, l’argumentation était plus pressante. Le doyen et chacun des quatre examinateurs, en commençant par le plus ancien, proposaient à chaque candidat un aphorisme d’Hippocrate, puis quelques questions sur les aphorismes, puis un ou deux syllogismes contradictoires, afin d’engager une petite discussion et de s’assurer de la capacité des candidats. La scholastique, on le voit, ne perdait pas ses droits et tenait une grande part dans les argumentations.
Bien que dans toutes les réunions il y eût toujours une séparation nettement établie entré les anciens et les nouveaux docteurs régents, bien que chacun eût sa place assignée, et que les nouveaux ne pussent jamais s’asseoir au banc des anciens, on dérogeait à ce principe aux examens, et les quatre examinateurs prenaient place au banc des anciens. Tous les autres docteurs régents devaient assister à ces examens, pour donner leur suffrage et apporter plus d’apparat à cette première épreuve. Ce n’était pas le petit jeton de
(7) Statuts , art. 82.