Chapitre quatrième
en général lieu tous les deux ans, les années paires. Le nombre des candidats varie entre 2 et 19. En 1396, il y eut 12 licenciés ; en 1408, 11 : en 1418, 12 ; en 1578, 4 -, en 1680, 2 ; en 1684, 8 ; en 1686, 5 ; en 1693, 19 ; en 1712, 8 : en 1740, 6 ; en 1758, 10 ; en 1780, 12 ; en 1782, 1784 et 1786, 7. Les candidats non admis étaient ajournés à deux ans.
Avoir satisfait à toutes les épreuves pour la licence ne donnait aucun droit à l’étudiant en médecine ; il devait recevoir une sorte de consécration officielle et religieuse. Et comme l’Université était la fille aînée de l’Église, c’était le chancelier de l’Université, habituellement chanoine de Notre-Dame, qui donnait cette consécration.
Philiatre pendant ses deux premières années d’études, bachelier émérite pendant les deux autres, l’étudiant, qui avait subi les examens pour la licence, prenait le nom de licenciande ( licentiandus ), jusqu’au jour de la consécration.
Les futurs licenciés ou licenciandes devaient être préalablement présentés officiellement au chancelier, dans le palais archiépiscopal, parle doyen, accompagné de tous les docteurs régents, en grande robe. Là, en présence de quelques membres du haut clergé et de tous les docteurs régents, le doyen adressait au chancelier de l’Université un discours latin élégant, et lui présentait les licenciandes. Le chancelier répondait également en latin. Cette cérémonie n’était qu’une visite officielle, et les futurs licenciés offraient alors au chancelier, aux sommités ecclésiastiques, au doyen et aux doc-
La Licence en médecine et le Paranymphe.
teurs régents, des dragées ou pastilles, sur lesquelles quelquefois était le portrait du doyen ( [offerunt dnrato saccharo circnmtectas amygdalas) . A partir de 1642, les sucreries furent remplacées par quatre jetons d’argent payés par le licenciande à chaque docteur régent qui avait pris part au classement. Le chancelier était reconduit processionnellement à sa demeure.
Quelques jours après, les licenciandes, accompagnés des nouveaux bacheliers, qui leur faisaient cortège, se rendaient chez les hauts fonctionnaires de l’Etat, les membres du Parlement, de la Cour d:s Comptes, de la Cour des Aides, chez le gouverneurde Paris, chez le Prévôt des marchands, chez les échevins, pour les inviter, au nom de la Faculté, à assister à la cérémonie et à juger par eux-mèmes du savoir et du nombre des médecins que la Faculté allait donner à tout l’univers, quos, quales et quot medicos urbi atque universo orbi medicorum collegium, isto anno, sit suppeditaturum.
L’invitation était faite en latin à tous les hauts dignitaires de l’Etat-, mais en français , au prévôt des marchands et aux échevins de la ville, — le conseil municipal de ce temps-là.
Le dimanche suivant, tous les docteurs régents étaient convoqués à trois heures dans les salles basses de la Faculté, bien ornées pour | la cérémonie qu’on appelait le paranymphe.
Qu’était-ce que le paranymphe ?
Les Grecs appelaient 7raoav’j(jLcpto; celui qui. dans les noces, se tenait