‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 31 sur 128 · Chapitre quatrième · texte numérisé non relu

Chapitre quatrième

à coté du nouveau marié, le garçon d’honneur, si l’on veut. A la Faculté de médecine, l’acte du paranymphe était un symbole. Le futur licencié allait s’unir à la Faculté : il allait l’épouser, pour ainsi dire, et c’était le doyen qui remplissait les fonctions de garçon d’honneur, wapavép-cpio; .

Assistons à la cérémonie.

Vêtu de sa longue robe, surmontée d’hermine, le doyen occupe le côté droit de la chaire 5 le candidat, vêtu de même, est à la gauche du doyen. Tous les bacheliers émérites portent la robe rouge sans hermine 5 les nouveaux bacheliers ont leurs vêtements ordinaires. On s’assied.

Un orateur prend la parole : c’est tantôt un docteur régent, tantôt un licenciande ; quelquefois même, un lettré, étranger à la Faculté. Le discours latin ne traite en général que deux points : l'éloge de la Faculté, ou de la médecine, et souvent aussi l’éloge de chaque candidat, éloge fréquemment empreint d’une exagération qui touche au ridicule.

L’indication du paranymphe est très-ancienne, elle est mentionnée dès 1330, mais ce n’est guère qu’à partir de 1550 que cette cérémonie fut réglée définitivement. La première indication précise, dans les Commentaires de la Faculté, est à la date du 7 mars 1556 ; c’est Pierre Ravin, étudiant, qui prit la parole et fit l’éloge de la médecine. En 1560, il y avait dix-huit licenciés ; c’est la première fois que

La Licence en médecine et le Paranymphe. 69

furent invités les membres du Parlement, le Chancelier, le Prévôt des marchands, etc. A partir de cette époque, l’acte du paranymphe se renouvelle tous les deux ans, les années paires.

La présentation au chancelier n’eut pas toujours lieu. En 1590, les troubles politiques l’empêchèrent

Si, parmi tous les discours officiels, la plus grande partie ne mérite pas l’honneur d’une mention, quelques-uns cependant font exception. Nous pourrions citer l’éloge de la Faculté de Paris, par Hazon, prononcé en 1770, et qu’on lit encore avec fruit et avec plaisir. Quelques orateurs donnèrent un libre cours à leur verve poétique tel que Jean-Michel Garbe, qui, le 16 juillet 1680, fit en vers latins, l’éloge de chaque licenciande. Parmi les orateurs, nous trouvons des licenciés en théologie, des professeurs d’éloquence. En 1658, c’est J. -B. Cauvet, licencié en théologie ; en 1666, c’est Courtin, professeur d’éloquence •, en 1668, c’est François Lemaire, professeur de rhétorique au collège de Beauvais; en 1670, 1672, 1674, nous trouvons comme orateur, un jeune homme très-savant, eruditus adolescens, nommé Nicolas Boileau, qui était étranger à la Faculté, parla au nom du chancelier, et fit l’éloge de la Faculté et des Licenciandes (12).

Il était d’usage que les licenciandes, appelés pour l’acte du para-

(12) Commentâmes, XV, p. 55G, 713.— CeBoileau n’avait que le nom de commun «avec le poëte Nicolas Boileau, né en 1736 et qui par conséquent ne pouvait être qualifié d 'adolescens.

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