Chapitre quatrième
nymphe, répondissent au chancelier par un petit discours élégant. Mais ces réponses étant souvent assaisonnées d’un sel un peu trop gaulois, ou bien contenant quelques vers mordants, ou bien étant mélangées d’un français un peu trop libre, la Faculté de médecine, en 1748, sous le décanat de Thomas Martinencq, crut prudent de supprimer ces allocutions.
Le discours terminé, chaque licenciande recevait du chancelier une convocation en latin pour se trouver au palais archiépiscopal, le lundi suivant, à dix heures du matin, afin d’y recevoir sa licence et la bénédiction apostolique. C’était le compareat.
Toutes ces formalités remplies, il restait à classer l’ordre des licenciandes, chose très-importante ; car, obtenir la première place ou le premier lieu était l’objet de toutes les ambitions. Il en est de même aujourd’hui pour celui qui est admis le premier à l’internat des hôpitaux. Les plus grandes précautions étaient prises à cet égard; le secret le plus inviolable était gardé par les docteurs régents, et la plus grande impartialité présidait au classement. Les docteurs régents ayant assisté aux argumentations des thèses quodlibétaires et cardinales avaient seuls le droit de suffrage, et tous les docteurs étaient réunis par le doyen, quelques jours à l’avance, dans les salles hautes, afin de fixer bien exactement le nombre des docteurs qui voteraient pour le classement de la licence.
Au jour marqué par le chancelier, qui était habituellement le lendemain de l’acte du paranymphe, les docteurs régents se rendaient
La Licence en médecine et le Paranymphe.
à sept heures du matin dans la grande salle de l’Archevêché, s’engageaient, par serment sur le crucifix, à classer chaque candidat selon ses mérites personnels, sans préférence aucune et à garder le secret le plus absolu sur l’ordre de classement.
Chacun d’eux devait mettre dans une urne la liste des futurs licenciés, établie par ordre de mérite. Les listes étaient ensuite extraites de l’urne, comparées entre elles par le chancelier et par les docteurs régents, et le rang, rôle ou rotula, était définitivement fixé. Nous ne pensons pas qu’aujourd’hui on fasse mieux dans les concours.
Il eût pu se faire que le chancelier voulût favoriser tel ou tel candidat. La Faculté avait prévu le cas, et, pour prévenir toute influence malsaine ou tout favoritisme, l’article 35 des statuts avait interdit au chancelier de changer l’ordre des candidats à la licence , tel que l’avaient fixé les suffrages des docteurs ; cependant on lui laissa le droit de prépondérance quand il y avait parité de suffrages entre deux candidats.
Une fois, le chancelier voulut intervertir l’ordre de classement : le doyen protesta; le Parlement s’en mêla, et François Ier donna raison à la Faculté par lettres patentes, datées de Fontainebleau,
le 11 juin 1540.
Les Commentaires de la Faculté nous apprennent qu’en 1782, J. -Nie. Corvisart-Desmarets fut reçu le premier à la licence.