‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 38 sur 128 · Chapitre cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre cinquième

On avait, parait-il, un peu négligé d’assister en robe officielle à ces cérémonies. Nous voyons cela quelquefois encore aujourd’hui. La Faculté, par un décret du 18 octobre 1710, sous le décanat de François Afîorty, décréta que vingt docteurs, dont dix anciens, seraient tenus d’y assister en grande robe, avec l’épitoge d’écarlate et le bonnet carré, sous peine de privation de leurs honoraires au profit de la Faculté, à moins de se faire remplacer par un collègue.

Enfin, le jour du doctorat est arrivé. Les salles inférieures, où la cérémonie doit avoir lieu, sont magnifiquement ornées pour la circonstance et garnies de tapisseries, aux frais du candidat, bien entendu, qui versait à cet effet 36 livres à la Faculté. Plus modeste dans ses goûts, la Faculté actuelle se contente de la somme modique de 5 francs pour la location de la robe noire et du rabat. Notre salle des thèses a toujours son même caractère : ses tapisseries sont magnifiques et d’un grand prix; mais un doyen, inconscient de leur valeur, a permis de les lacérer en les perçant de clous énormes auxquels sont accrochés des portraits d’anciens docteurs régents et de chirurgiens. La toile et le marbre nous ont conservé leurs traits. Ils sont là une cinquantaine, médecins et chirurgiens oubliant leurs rivalités ; la nouvelle Faculté côte à côte avec l’ancienne. C’est Corvisart, c’est Sue, c’est Pinel, c’est le majestueux Fourcroy ; c’est Thouret, directeur de l’École de santé et premier doyen de la nouvelle Faculté; c’est Claude Perrault, le médecin architecte ; c’est Baillou, mort en 1616, presque octogénaire et l’Ancien de la Faculté ; ce sont les chirurgiens Ambroise Paré, Le Cat, Lassus, De La Peyronie, dont la générosité égala la réputation ;

Le Doctorat en médecine,

c’est Laennec, c’est Cruveilhier, c’est Gerdy, c’est Rostan ; c’est Dupuytren en habit vert avec le grand cordon de Saint-Michel ; c’est Jean Hamon, aussi savant que modeste, aussi bienfaisant que savant: il est là, habillé pauvrement de bure, sans insigne doctoral, tel qu’il était sans doute quand il se retira dans la solitude de Port-Royal, après avoir vendu ses biens pour en donner l’argent aux pauvres. Et là, près de la petite porte, cet homme aux cheveux blancs un peu en désordre, à la face maigre et osseuse, au nez long et pointu, à la lèvre mordante, en robe noire, en rabat blanc, c’est Guy Patin : ses yeux et ses lèvres semblent chercher Théophraste Renaudot ou quelque ennemi de sa chère Faculté ; on le reconnaîtrait de suite, quand même la toile ne porterait pas son nom.

Revenons à notre récipiendaire.

Précédé des deux appariteurs de la Faculté, en robe et portant leurs masses d’argent, ayant à sa droite le Président de l’acte, suivi des docteurs régents qui doivent l’argumenter et des bacheliers, il se rend aux Ecoles inférieures. Ce n’est pius un étudiant, c’est presque un collègue. Il est dans la grande chaire avec le président; les deux appariteurs se tiennent debout de chaque côté et, avant l’argumentation, le premier appariteur lui rappelle la formule du serment :

Domine Doctorande , antequàm incipias , habes tria juranda.

Ces trois serments étaient les suivants :

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