Chapitre cinquième
1° D’observer les droits, statuts, décrets, lois et coutumes de la Faculté ;
2° D’assister le lendemain de la Saint-Luc à la messe pour les docteurs décédés -,
3° De combattre de toutes ses forces ceux qui, pratiquant illicitement la médecine, peuvent nuire à la santé et à la vie des citoyens.
Vis itàjurare ?
Le moment était solennel. Le troisième paragraphe ne visait pas seulement les empiriques, les charlatans ; il visait les docteurs des facultés de province et surtout ceux de Montpellier, qui étaient, pour ainsi dire, les ennemis-nés de ceux de Paris, et qui ont été avec eux en lutte perpétuelle, lutte qui n’a cessé qu’avec la suppression des anciennes facultés.
Debout, en présence de son nombreux auditoire, le récipiendaire prononçait le juro sacramentel, dernier mot sorti de la bouche de Molière, le 17 février 1673.
Le président, après avoir rappelé au récipiendaire ses devoirs dans la pratique de la médecine, prenait alors le bonnet carré, avec lequel il faisait le signe de la croix et plaçait cct insigne du doctorat sur la tète de son jeune confrère, In nomine Patris et Filiiet
Le Doctorat en médecine,
Spiritûs Sancti ; Amen. Il lui touchait légèrement la joue avec la paume de la main en signe d’affranchissement et lui donnait l’accolade comme collègue.
Assis dans la grande chaire à la gauche du président, le nouveau docteur posait un argument à son plus jeune confrère assis dans la petite chaire. Le président à son tour argumentait avec le docteur qui avait parlé dans l’acte de vespérie. Ces argumentations terminées, le nouvel élu rendait grâces à Dieu tout-puissant, au président de l’acte, au doyen et aux docteurs présents, pour l’insigne honneur qui lui avait été accordé. Dans leur discours d’action de grâces, quelques jeunes docteurs se sont quelquefois oubliés et ont tenu un langage peu digne du jour, du lieu et de la circonstance. Un décret du 12 novembre 1632 déclara nulle toute réception dans laquelle i’orateur aurait manqué aux convenances ; la peine pouvait aller jusqu’à la privatiou absolue du bonnet doctoral.
On sortait des Ecoles inférieures ou salles basses et, sur le seuil de la porte, entouré de ceux qui avaient pris la parole dans l’acte, le nouveau docteur adressait ses remerciments à toutes les personnes qui avaient assisté à sa réception.
Un usage très-ancien avait établi que le récipiendaire devait faire des présents au doyen, aux docteurs régents, etc. Ces présents constituaient des frais assez considérables. Dans la réforme proposée par le cardinal d'Estouteville, le 1er juin 1452, il recommandait d’éviter aux candidats ces frais et ces dépenses. En 1562, le récipien