‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 5 sur 128 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

douze ans après, il fallut le réparer. On l’appela longtemps amphithéâtre de Riolan , le deuxième du nom, qui l’illustra par son enseignement et l’avait inauguré le 20 décembre 1620. Il dura cent vingtquatre ans (1617-1744).

Si le théâtre anatomique, comme on l’appelait alors, était à jour la salle pour les leçons et pour les actes était close et assez confor table. Il y avait une grande chaire pour les professeurs, deux chaires inférieures et latérales pour les bacheliers qui argumentaient et expliquaient les auteurs, un siège spécial pour le doyen et des bancs pour les écoliers ; la paille avait disparu. Les fenêtres étaient fermées par des vitrages sur lesquels étaient peints Jésus-Christ, la Sainte-Vierge, Saint-Luc avec des étudiants à genoux (8;.

Mais les Ecoles, malgré des réparations continuelles et successives, étaient dans un délabrement complet ; les eaux de la Seine, non endiguée alors comme elle l’est aujourd’hui, venaient miner parfois les constructions de la vieille Faculté. Il fallait à tout prix réparer ces vieux bâtiments ou bien chercher ailleurs une meilleure installation. On songea au collège de Bourgogne, mais sans succès, quand un jour, le 22 mars 1643, on apporta au doyen, Michel Delavigne, un parchemin faisant don à la Faculté de 30,000 livres tournois pour la reconstruction de ses écoles, qui tombaient de vé-

(8) Hazon, ouv, cite'.

Les Bâtiments. 9

tusté (9). Le donateur, que quelques liens de parenté attachaient à la Faculté de médecine, était Michel Le Masle, conseiller du roi en ses conseils, protonotaire apostolique, chantre et chanoine de l’Eglise, de Paris, prieur et seigneur des Roches, etc. Mais survinrent de grandes contestations à ce sujet, et la somme fut réduite à 20,000 livres, qui furent placées en rentes sur les Bénédictins de Saint-Denis, le 18 septembre 1669 (10).

On fît les réparations les plus urgentes, et vis-à-vis la porte d’entrée actuelle (11), on peut encore lire sur une plaque de marbre l’inscription suivante :

AERE D. D. MICHAELIS LE MASLE REGI A SANCTIORIBUS CONSILIIS PROTONOTARII APOS- TOLICI PRÆCENTORIS ET CANONICI ECCLESIÆ PARISIENSIS PRIORIS AC DOMINI DES ROCHES, etc.

M° ANTONIO LEMOINE, PARISINO DECANO.

ANNO R. S. H. MDCLNXVIII.

La Faculté était pauvre, il est vrai; cependant le confortable commençait à y paraître. En 1670, le doyen Denis Puylon fit faire 105 petites armoires pour y placer les robes, bonnets carrés et rabats. En 1692, le doyen Henri Mathieu fit boiser à ses frais la salle

(9) Sytiopsis., . , p. 393.

(10) Synopsis , p. 471-472.

(11) Cette porte n’est pas celle de l’ancienne Faculté, qui avait le caractère du xve siècle, et au dessus de laquelle on lisait : SfljohT mebkornm.

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