‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 59 sur 128 · Chapitre septième · texte numérisé non relu

Chapitre septième

« Nous jurons et promettons solennellement :

1° De faire nos leçons en robes longues à manches, le bonnet carré sur la tête, le rabat au cou, la chausse d’écarlate sur l’épaule ;

2° De faire nos leçons sans interruption; de les faire nous-mêmes et non par des suppléants, à moins d’urgente et absolue nécessité, chacune d’elles pendant une heure au moins, tous les jours de l’année qui ne sont pas fériés par la ville ou par l’Université » (2).

On attachait une grande importance au costume, et les règlements étaient sévères sur ce point. De temps immémorial, les maîtres, pour enseigner, devaient monter en chaire in cappârotundâ,novâjhonestâ, propriâ , non commodatâ , de panno hono , de brunetâ violaceâ (3J. Du reste aucun insigne ne distinguait les professeurs des autres docteurs régents. Tous portaient dans les circonstances ordinaires, aux messes, aux comices ou comités la longue robe noire à manches ou soutane ( vestis talaris manicata ), la chausse ou épitoge écarlate {humerale coccineum )) et le bonnet carré. Aux actes publics et dans les grandes cérémonies, ils portaient par dessus la robe noire la cappa , grande robe ou manteau rouge avec la pèlerine ou chaperon de fourrure ( capicium ). Le costume des professeurs actuels, fixé par l’arrêté du 20 brumaire an XII, a quelque analogie avec celui de nos aînés. L’article 2 du même arrêté autorise tous les docteurs en

(2) Commentaires , XVI, f°. vu. — Statids , art. 60.

(3) Statuts de 1398. — Bruneta était une étoffe de laine teinte.

Les Professeurs et le Bibliothécaire. 129

médecine à porter le petit costume, celui des agrégés, dans les circonstances officielles (4). En 1823, le professeur Chaussier, appelé comme expert dans l’affaire Castaing, se présenta devant la Cour et le jury en grand costume de professeur, comme le prescrivaient les articles 1 et 2 de l’arrêté du 20 brumaire.

Quant aux jours fériés, ils étaient au nombre d’une trentaine, sans compter les vacances. Il y avait encore fermeture de l’école le 22 mars, anniversaire de la rentrée d’Henri IV à Paris, et le 22 juin foire du Lendit , autre grande fête de l’Université, qui remontait au xne siècle et avait lieu dans la plaine Saint-Denis (5).

Celui qui acceptait les fonctions de professeur prenait l’engage-

ai) Bulletin des lois , n° 329, p. 183. art. 2. « Les simples docteurs en médecine, lorsqu’ils seront invités à quelque cérémonie publique et lorsqu’ils prêteront serment, feront ou affirmeront des rapports devant les tribunaux, pourront porter le petit costume réglé à l’article 1 . »

(5) Cette fête tirait son origine de l’adoration d’un fragment de la vraie croix qui avait été envoyé à Paris par l’impératrice Hélène, mère de Constantin. Pour que tous les fidèles pussent adorer cette relique et recevoir la bénédicion, on choisit une vaste plaine, entre Saint-Denis et la Chapelle, et la foule s’y rendait en procession. L’endroit désigné pour la cérémonie religieuse s’appela lieu dit , d’où par corruption on a fait Lendit. L’Université aussi s’y rendait processionnellement, recteur en tête. A la fin du xme siècle, cette fête perdit son caractère religieux et devint une assemblée, foire ou férié où avait lieu un grand commerce. Il s’y tenait un grand débit de parchemins et c’est là que Université faisait ses provisions.

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