Chapitre septième
ment d’une grande exactitude , premier devoir du maître qui doit prêcher d’exemple. L’Edit de mars 1707, sur l’organisation des Facultés de médecine, est très-sévère à ce sujet. Il est dit, en effet, à l’article III :
«Enjoignons aux professeurs d’être assidus à leurs leçons et exercices; Voulons qu’à chaque leçon qu’ils auront manqué de faire sans cause légitime, il soit retenu sur leurs appointements la somme de trois livres, applicables moitié à la bourse commune, moitié aux pauvres, suivant la destination qui en sera faite par la Faculté, et, en cas d’absence nécessaire ou empêchement légitime qui durera plus de trois jours, le professeur qui ne sera pas en état de faire lui-mème ses leçons, sera tenu de présenter à la Faculté un docteur en médecine capable d’exercer ses fonctions, lequel sera commis à cet effet par ladite Faculté. »
Il est assez curieux de noter que l’article VI du même Edit établit le concours pour l’obtention des chaires. « Voulons, — y est-il dit, — que toutes les chaires des professeurs qui vaquent actuellement ou qui vaqueront à l’avenir soient mises à la dispute et
que la chaire vacante soit adjugée à celui qui sera trouvé le plus digne... »
Mais cet article fut lettre morte à Paris. On y tenait davantage à Montpellier où le concours avait été établi par un édit de Louis XII en 1498 et confirmé par arrêt du Conseil d’Etat en 1667, ce qui n’em-
Les Professeurs et le Bibliothécaire.
péchait pas les survivances moyen indirect d’éviter la lutte publique (6).
L’ouverture des cours delà Faculté, annoncée par des affiches apposées à la porte de l’Ecole et dans les carrefours de la ville, avait lieu la deuxième semaine de novembre ; et le premier dimanche qui suivait la soutenance de la première thèse quodlibétaire, l’un des professeurs de physiologie et de pathologie prononçait le discours d’inauguration, en séance solennelle dans les salles basses convenablement décorées. Ce discours, écrit en latin, devait être préalablement communiqué au doyen, en vertu d’un décret de la Faculté en date du 20 décembre 1710. C’était une amplification sur un sujet attenant à la médecine. Les Commentaires nous ont conservé le titre d’un grand nombre de ces discours d’inauguration. Le dimanche 26 novembre 1730, Michel-Louis Réneaume de la Garanne (7) prononçait un discours latin Sur la recherche de la vérité en médecine. En 1744, Louis-Jean Le Thieullier prenait pour sujet Que doit un médecin chrétien à la religion et à la patrie? (8).
Un des dimanches suivants, le professeur de chirurgie en langue française prononçait également un discours, mais en français. Le
(6) Astruc. Mémoires pour servir à V histoire de la Faculté de médecine de Montpellier , in-4, 1767, p. 72-73.
(7) Né à Blois, membre de l’Académie des sciences, pour la botanique en 1699, reçu docteur en médecine en 1700, doyen de 1734 à 1736, mort en 1739.
(8) Broch. in-4, impr. Huart, 1744, trad. en français par le fils de l’auteur. L.-J. Le Thieullier, né à Laon, reçu docteur en 1724, mort en 1751. Son fils fut élu doyen en 1768.