Chapitre septième
22 décembre 1743, Laurent Ferret parlait Des moyens de former de parfaits chirurgiens (9) ; le 16 janvier 1746, Michel-Procope Couteaux traitait : Des moyens d'établir une bonne intelligence entre les médecins et les chirurgiens (10); le 22 novembre 1772, Charles-Louis- François Andry démontrait Combien la chirurgie doit aux travaux des médecins (11).
Dans la première réunion de novembre, avant l’élection des nouveaux professeurs, les professeurs sortantde charge rendaient compte de leur enseignement, en commençant par les professeurs de physiologie et de pathologie et en terminant par celui de pharmacie.
Jusqu’en 1634 la chirurgie n’avait pas d’enseignement spécial à la Faculté : elle faisait partie du domaine du professeur qui traitait des choses contre nature. Il y avait pour cette branche de la médecine, comme pour l’anatomie, des cours particuliers qui se faisaient au domicile des professeurs, sans compter les cours du Collège royal de France et du Jardin du Roi (12).
(9) Broch. in-4.Impr. Quillau, 1743. — Né à Paris, reçu docteur en 1738, élu professeur de chirurgie en langue française pour 1743, se relira à Cambray où il obtint un canonicat.
(10) Broch. in-4, impr. Quillau, 1746. Né à Paris, reçu docteur en 1708, professeur des Ecoles en 1741, professeur de chirurgie en langue française en 1746, mort en 1753.
(11) Broch. in-8. Imp. P. -G. Simon. — Né à Paris en 1741, devint médecin de Napoléon Ier, mort en 1829.
(12) Montpellier était en avance sur Paris, car une chaire pour la chirurgie et la pharmacie avait été créée à la Faculté de Montpellier par Henri IV, en 1597: Pierre Dartoman en fut le premier titulaire.
Les Professeurs et le Bibliothécaire.
Ce n’était pas alors une petite chose que de savoir ce qu’il fallait considérer comme maladies chirurgicales. A propos d’un différend survenu relativement à la lecture d’un Traité de la respiration faite aux barbiers chirurgiens, traité qui était, disait le défenseur Arragon, anatomique et chirurgical , le Parlement rendit le 5 juillet 1607 un arrêt convoquant la Faculté de médecine pour résoudre définitivement quœ sint chirurgical Servin, pour le procureur général du roi, soutenait que la « science n’est pour ceux qui n’ont que la main » et que par conséquent les barbiers chirurgiens ne pouvaient y prétendre. Le premier jeudi du mois d’août suivant, la Faculté s’étant assemblée réputait maladies chirurgicales toutes celles qui, pour être traitées, exigaient l’opération manuelle ep^ov. Elle di-
visait ces maladies en cinq genres : blessures, — ulcères, — fractures, — luxations, — tumeurs contre nature. C’étaient en un mot toutes les maladies réclamant les bandages, ventouses et instruments (13).
Les chirurgiens lettrés, qu’il ne faut pas confondre avec les barbiers chirurgiens, avaient bien leur professeurs particuliers; mais ces professeurs qui enseignaient en français n’avaient rien de commun avec la Faculté de médecine dont ils étaient les rivaux.
Après avoir établi ce qui était chirurgical, la Faculté spécifia les auteurs qui seraient enseignés dans les cours ; c’étaient :
13) Commentaires. X, p. 55 et suiv,