‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 62 sur 128 · Chapitre septième · texte numérisé non relu

Chapitre septième

1° HIPPOCRATE . — Des ulcères, des fistules, des plaies de tète, fractures ; des articles ; le mochlique, l’officine du médecin.

2° GALIEN. — Des os, des bandages, des administrations anatomiques 5 commentaires sur les fractures, les maladies articulaires; l’officine du médecin ; le livre VI sur les fractures.

3° ORIBASE. — Des appareils, lacs, bandages, machines.

4° PAUL D'ÉGINE. — Livre VI, hernies, fractures.

5° CELSE. — Livre VII et VIII.

6° ALB UCASIS. — Des cautérisations, des instruments tranchants, des fractures, des luxations.

7° GUY DE CHAULIAC. — Les sept traités de la chirurgie.

8° TAGAULT. — Les quatre livres de chirurgie.

9° GOURMELEN. — Les six livres de chirurgie (14).

(14) Guy de Chaüliac, né en Italie, reçu docteur à Montpellier, exerça à Lyon, puis à Avignon, où il composa en 1363 son Inventorium sive collectorium partis chirurgicalis medicinæ , qui fut traduit en français sous le titre de Grande chirurgie , ouvrage resté classique jusqu’au xvme siècle. — Tagault (Jean), né en Picardie, reçu docteur en 1522* doyen de 1534 à 1537, mort en 1545. — Gourmelen (Etienne), né dans le Finistère, reçu docteur en 1559, élu doyen en 1574, professeur au Collège Royal en 1588, mort en 1594.

Les Professeurs et le Bibliothécaire.

Vingt-sept ans après ce décret, le 19 octobre 1634, lendemain de la Saint-Luc, la Faculté de médecine résolut de créer une troisième chaire et de charger un de ses membres de l’enseignement spécial de la chirurgie, avec les mêmes honoraires que ses deux autres collègues ; et le samedi 4 novembre, Antoine Charpentier fut nommé de vive voix, pour deux ans, professeur de chirurgie (15). Le 8 novembre 1636, J.-C. Ferrand fut élu en remplacement de Charpentier qui fit un cours libre d’opérations.

Il n’était pas rare alors de voir des personnages éminents assister aux cours de la Faculté de médecine ou aux argumentations. D’après Riolan (16), l’empereur Sigismond, en 1416 assista à une cérémonie de paranymphe; en 1633 on vit le président du Parlement Séguier à une leçon d’anatomie faite par Charpentier ; deux autres fois il assista à des thèses. Le dauphin lui-même en 1679, vint assister au cours d’anatomie que professait Du Verney (17) au Jardin du Roi. En 1703, un an avant sa mort, Bossuet, malade se fitporter à la Faculté pour assister à une thèse de Winslow (18), son protégé, thèse dans laquelle le candidat soutenait que « les graines et les légumes

(15) Commentaires , XII, p. 385.

(161 Riolan. Curieuses recherches , etc., p. 274.

(17) J. -G. Du Verney, né à Feurs (Loire) en 1648, reçu docteur à Avignon en 1667, professeur d’anatomie au Jardin du Roi en 1679, membre de l’Académie des sciences en 1674, mourut en 1730.

(18) J. -B, Winslow, né en Danemark en 1669, vint k Paris en 1698, étudia l’anatomie sous Du Verney, fut reçu docteur en 1705, ent^a à i’Académif: des sciences en 1708, devint professeur au Jardin du Roi et mourut en 1760.

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des environs de Paris sont une nourriture aussi saine que tout autre aliment. » Disons en passant que Winslow était un luthérien converti le 8 octobre 1699 par l’évèque de Meaux qui lui avait donné ses prénons Jacques-Bénigne.

Depuis 1506 la Faculté enseignait une botanique bien élémentaire dans le petit jardin annexé à l’Ecole et pour l’entretien duquel les bacheliers donnaient chacun dix-huit sous par an. Créé en 1635 à la demande de Guy de La Brosse et ouvert et 1640, le Jardin du Roi devint le centre des études botaniques.

Dès 1626 les étudiants avaient demandé un professeur spécial pour l’enseignement de cette science. Le 8 juin 1646, sous le décanat de Jacques Perreau, la Faculté reconnut la nécessité de créer cette quatrième chaire. François Blondel (19), docteur régent attaché au Jardin du Roi, fut nommé de vive voix professeur de botanique et conserva sa chaire pendant dix ans jusqu’en 1655. Pendant la semaine il dictait les noms et les vertus des plantes, et à la fin il montrait aux élèves celles qui avaient fait le sujet de ses leçons. Mais la Faculté crut devoir soumettre la nomination du professeur de botanique aux mêmes conditions que les autres professeurs. Malgré la requête de Blondel au Parlement, à la date du 14 janvier

(19) Né à Paris, reçu docteur en 1632, élu doyen en 1658, mourut en 1682. La bibliothèque de ia Faculté possède de lui deux volumineux ouvrages manuscrits: De lateris dolore , 8 vol. in-4, et De vomitu et vomitoriis medieamentis , 6 vol. in-4 .

Les Professeurs et le Bibliothécaire .

1655, la Faculté persista dans son règlement, et cinq jours après, le mardi 19 janvier, Jean-Armand de Mauvillain fut élu professeur de botanique (20).

Pendant longtemps le professeur de botanique se borna à faire connaître les plantes et leurs propriétés, rem herbariam ; mais lorsque les statuts de la Faculté furent révisés en 1696, l’article I de l'appendice le chargea non-seulement d’enseigner les plantes et leurs vertus, mais encore de parler des animaux, des minéraux et en un mot, des remèdes de toute espèce que fournit la nature pour la guérison des maladies.

Mais le développement du Jardin du Roi, l’excellence de ses professeurs qui se nommaient Jonquet, Fagon, De Mauvillain, De Tournefort, de Jussieu (21). etc., fut très-préjudiciable à l’enseignement

(20) Commentait es, XIV, p. 135-148. — Fils de Nicolas Mauvillain, maître chirurgien juré, J.-A. de Mauvillain ent pour parrain le cardinal de Richelieu, fut reçu docteur régent en 1649, se montra partisan de l’antimoine, eut de grands démêlés avec le doyen Blondel, fut élu professeur en 1655, et doyen en 1666 ; il montra une grande énergie dans sa lutte contre les chirurgiens.

(21) Denis Jonquet, né à Dourdan, reçu docteur régent en 1639. — Guy-Crescent Fagon, né à Paris en 1638, fut l’un des partisans de la circulation du sang, professeur de botanique et de chimie au Jardin du Roi, nommé premier médecin du Roi en 1693, membre de l’Académie des sciences en 1699, mort en 1718. — Pitton de Tournefort, né à Aix-en-Provence en 1656, devint, par l’influence de Fagon, professeur au Jar din du Roi en 1683, reçu docteur en 1696, .nort en 1708 . — A. de Jussieu, né à Lyon en 1686, membre de l’Académie des sciences en 1711, reçu docteur régent en 1712, professeur au Jardin du Roi, mort en 1758.

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de la Faculté et à son petit jardin de quelques toises carrées. Quelques docteurs régents, tels que Chomel, Barbeu-Dubourg (22), avaient hors des murs de la ville leurs jardins particuliers dans lesquels ils faisaient des conférences. Peu à peu l’enseignement de la botanique s’amoindrit et le professeur vit bientôt son rôle presque réduit à donner des attestations aux élèves qui s’inscrivaient sous lui, pour obéir aux statuts.

Dès le milieu du seizième siècle, la Faculté de médecine désignait deux docteurs régents pour la visite et l’inspection des boutiques des apothicaires. Créée par édit de Charles VIII, à la date du 14 août 1484, la compagnie des apothicaires qui, sous le nom d’Apothicairerie, formait un des six corps des marchands de la ville, était soumise et subordonnée à la Faculté de médecine. Le doyen accompagnait les deux docteurs régents chargés de la visite des boutiques ultra et citr a pontes, au-delà et en-deçà des ponts. D’après l’article 57 des statuts de 1598, ces deux docteurs régents devaient en outre présider aux maîtrises et aux chefs-d’œuvre des apothicaires, leur enseigner la pharmacie, le choix des médicaments simples ainsi que leur mode d’action. Leurs fonctions ne duraient qu’une année. Ils professaient dans leur domicile, et ne touchaient pas d’honoraires

(22) P -J.-B. Chomel, né à Paris, reçu docteur régent en 1697, admis à l’Académie des sciences pour labotanique en 1702, élu doyen en 1738 et mort en fonctions le 3 juin 1740. — Barbeu-Dubourg, né à Mayenne, reçu docteur en 1748, professeur de pharmacie en 1753, de chirurgie en langue latine en 1758, auteur d'ouvrages de botanique, etc.

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de la Faculté. En 1623, ils demandèrent à être assimilés aux autres professeurs et à faire des cours publics de pharmacie.

Ce n’est que lors de la révision des statuts, en 1696, que la Faculté créa une cinquième chaire pour l’enseignement de la pharmacie, établissant que le professeur, outre les visites et examens, devrait faire, depuis Pâques jusqu’aux vacances, un cours de pharmacie chimique et galénique aux étudiants en médecine, cours qui aurait lieu le matin et dont le programme serait affiché (23). Ce n’est qu’à partir de 1704 que ces professeurs furent payés par la Faculté, deux cents livres par an.

Ce cours de pharmacie chimique ne s’établit pas sans quelque difficulté, car il existait un préjugé contre la chimie que quelquesuns confondaient avec l’alchimie, avec la magie et avec l’astrologie. Aussi les thèses ne devaient pas contenir de dissertations chimiques. C’est surtout au Jardin du Roi que la chimie commença à être étudiée un peu sérieusement sous Saint-Yon, Geoffroy, Lémery, Bourdelin, etc.

Il n’en fut pas de même de la pharmacie galénique, qui régna vite en maîtresse. On sait que Galien préparait lui-même ou faisait préparer dans sa maison les médicaments qu’il employait. La phar-

(23 ) Appendice aux statuts de 1696, art. II. — A Montpellier, la chaire de pharmacie et de chirurgie avait été créée en 1597 et celle de chimie en 1673 en faveur d’Arnaud Fonsorbe.

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