‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 63 sur 128 · Chapitre septième · texte numérisé non relu

Chapitre septième

macie galénique à laquelle on donna son nom consistait dans ud mélange de différentes substances préalablement divisées et incorporées au vin ou au miel. La thériaque est un de ces médicaments galéniques dont on fait remonter l’origine à Andromaque, médecin en renom du temps de Galien, ou à Galien lui-même qui l’aurait inventé pour les empereurs Marc-Aurèle et Sévère. Les décoctions, les infusions, les macérations, les calcinations de substances réunies au moyen de corps gras, faisaient partie de la pharmacie galénique. Les onze livres de Gaiien, De simplicium medicamentorum facultatibus , De necessitate medicamentorum, les Antidotaires d’Albucasis et d’Avenzoar servaient de guide aux professeurs, et Y Antidotarium de Nicolas Myrepse, médecin né à Alexandrie à la fin du xmc siècle, était le véritable Codex pharmaceuticus qui, écrit en grec vers l’an 1300, traduit bientôt en latin, fut, jusque dans le xviie siècle, l’oracle et le guide indispensable. C’est à cette époque que la Faculté de Paris, après de longues délibérations, des frais considérables, refît Nicolas Myrepse et le mit au niveau de la science courante (24).

On verra plus tard les rivalités qui ont existé entre les docteurs régens et les chirurgiens jurés ou de robe longue. Pour s’attacher les barbiers chirurgiens ou de robe courte, la Faculté crut faire acte de sagesse et d’habileté en instituant pour ces dernier! un cours de chirurgie en langue française. Jusqu’au commencement du xvmc siècle, on leur faisait des cours privés dans des maisons particulières mais non dans les écoles. Le premier samedi de novembre 1714, on

(24) Hazon. Eloge historique de la Faculté de Paris , p. 55 et suiv.

Les Professeurs et le Bibliothécaire.

désigna Jean Depiney Peschard pour faire ce cours. Mais cette nomination étant entachée d’irrégularité, fut contestée par quelques docteurs régents qui demandèrent qu’un professeur fût élu selon les règles habituelles pour l’année présente, et un autre pour l’année suivante. Le samedi 10 novembre 1714, une seconde réunion eut lieu : on demanda à Dominique de Farcy d’accepter pour l’année scolaire qui commençait, et on procéda à l’élection réglementaire pour l’année suivante : le sort désigna Philippe Caron. Mais Dominique de Farcy s’étant récusé à cause de son grand âge, il n’y eut pas de cours en 1714 et 1715, et les choses en restèrent là. Le 4 novembre 1719, la question fut agitée de nouveau et Louis Reneaume de La Garanne fut nommé de vive voix professeur. Ce fut lui qui inaugura le cours de chirurgie en langue française (25).

Persévérant dans cette voie de vulgarisation, la Faculté fit preuve d’une bienveillance semblable envers les sages-femmes. Le 27 janvier 1635, elles avaient adressé une requête à la Faculté pour lui demander d’être instruites par la compagnie. Elles furent placées pendant longtemps sous la juridiction des chirurgiens de Saint-Côme; et ellesdurent passer leurs examensenprésence du doyen'de la Faculté de médecine ; mais ces examens avaient cessé d’avoir lieu, quand le 17 mai 1745, trente-trois sages-femmes jurées adressèrent à la Faculté une supplique fort bien rédigée, dans laquelle elles se plaignaient que le nombre des sages-femmes devenait insuffisant, que depuis deux ans il n’y avait pas eu d’examens, « que l’espace de

(2ü) Commentaires, XYITI, f° 13, vo etsniv.

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