Chapitre septième
trois années que les aspirantes doivent employer pour leur apprentissage et la distribution qui se fait hors de la ville de Paris, de la totalité presque entière de celles qui sont instruites à l’Hôtel-Dieu de cette ville réduisait ordinairement le nombre de celles qui étaient reçues maîtresses sages-femmes à six ou sept par an... » (26). Prenant cette supplique en considération, la Faculté désigna Bertin et Astruc (27) pour enseigner l’ostéologie, l’anatomie et l’art des accouchements. Bertin commença dès le lendemain, mardi 18 mai 1745, à trois heures de l’après-midi, dans les écoles de la rue de la Bucherie, le cours d’ostéologie et d’anatomie. Le 22 mai, l’hôpital général fournit un cadavre pour cet enseignement. Astruc commença son cours d’obstétrique le 14 juin, en présence de quarante docteurs régents, de tous les bacheliers en robe et de cent matrones ou environ.
En 1756, sous le décanat de Boyer, la Faculté songea à des réformes importantes. Elle n’avait que six professeurs titulaires pour
(26) Commentaires , XX, p. 953, 955, 968.
(27) Jos.-Exup. Bertin, né à Tremblay (Ille-et-Vilaine) en 1712, reçu docteur régent en 1740, entra à, l’Académie des sciences comme anatomiste en 1744, et eut de longs démêlés avec Ferrein sur la théorie de Iaproduction de la voix et avec Bouvart sur le terme de l’accouchement, mort en 1781. — J. Astruc, né à Sauve (Gard) en 1684, reçu docteur à Montpellier en 1703, professeur à la même Faculté en 1717, vint à Paris où il fut nommé médecin consultant du roi en 1730, professeur au Collège royal en 1731, admis à la Faculté de Paris en 1743, mort en 1766. Parmi ses nombreux ouvrages, les plus connus sont le Traité des maladies vénériennes, le Traité des maladies des femmes, les Mémoires pour servir ù l’histoire de la Faculté de Montpellier.
Les Professeur et Le Bibliothécaire.
les chaires de physiologie, de pathologie, de botanique, de pharmacie, de chirurgie en latin et de chirurgie en français, car les deux professeurs pour les sages-femmes étaient pour ainsi dire en dehors de l’enseignement. Le Jardin du Roi, le Collège royal de France avaient aussi des cours pour les étudiants en médecine. En 1542, Vidus Vidius inaugurait la chaire de médecine au Collège de France, chaire qu’occupa Guy Patin en 1654 : en 1547, Henri II y créait une chaire de chirurgie, en faveur d’Antoine Beauvais qui eut pour successeur en 1574, Martin Akakia. En 1595, à la demande d’André du Laurens, son premier médecin, Henri IV fonda une chaire pour l’enseignement de l’anatomie, de la botanique et de la pharmacie: Pierre Ponçon, d’Antibes, fut le premier professeur; Jean Riolan lui succéda (28).
Mais c’était insuffisant. La Faculté demanda que neuf professeuis fussent chargés de l’enseignement dans l’ordre suivant :
1° Anatomie , en français ;
2° Physiologie et hygiène , en latin;
3° Chimie théorique et pratique , en français ;
4° Pathologie , en latin ;
5° Matière médicale , en français ;
6° Thérapeutique , en latin ;
7° Histoire des maladies , thérapeutique pratique , en français. Le
(28) Goujet, Mém. histor. et littér. sur le College de France , 3 vol. in-12, 1758, passim.