‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 65 sur 128 · Chapitre septième · texte numérisé non relu

Chapitre septième

professeur devait conduire les étudiants dans une salle de l'Hôtel- Dieu pour leur montrer les malades, leur expliquer les maladies et le traitement.

8° Chirurgie , en français;

9° Médecine légale et bibliothèque (29).

C’était un progrès immense ; car on voulait rompre avec tous les errements du passé, on voulait former des praticiens et non des rhéteurs en maladies, raisonnant à perte de vue sur les humeurs peccantes, sur la bile ou l’atrabile, sur le strictum ou le laxum. Mais malheureusement on rencontra quelques difficultés. En 1778, les docteurs régents Duchanoy et Jumelin publièrent un mémoire pour démontrer la nécessité de fonder une chaire de clinique à la Faculté de Paris, mais les événements se précipitaient et la vieille Faculté devait sombrer avant d’avoir pu réaliser les réformes demandées par quelques-uns de ses membres. Cabanis, le 29 brumaire an VII (1799) dans son rapport au Conseil des Cinq-Cents, sur l’organisation des Ecoles de médecine, dut plus tard reprendre les idées de Duchanoy et Jumelin, et insister énergiquement sur l’enseignement clinique qu’il considérait avec raison comme la base de la pratique médicale.

Primitivement les professeurs ne recevaient pas d’honoraires. Les

(29) Commentaires , XXII, p, 44. Voir aussi le manuscrit de Boyer, à la bibliothèque de la Faculté. — Né à Marseille en 1693, reçu docteur à Montpellier en 1717, docteur régent à Paris en 1728, élu doyen en 1756, mort en 1768.

Les Professeurs et le Bibliothécaire.

élèves donnaient chaque année deux sols parisis pour leur inscription et payaient proportionnellement avec les étudiants en chirurgie les frais que la Faculté était obligée de faire pour les cours particuliers d’anatomie et d’opérations chirurgicales. Plus tard, ils reçurent des honoraires un peu plus élevés, et les registres de la Faculté nous apprennent que le 19 août 1567, chacun des deux professeurs recevait trente écus sol., environ 90 livres. Le 7 novembre 1579, les honoraires furent réduits à vingt écus, par pénurie du numéraire ; mais le 27 janvier 1581, ils furent relevés à leur chiffre primitif, trente écus, payés par la Faculté elle-même. L’enseignement, on le voit, n’était pas dispendieux. Lorsque la Faculté eut créé deux autres chaires pour l’anatomie et la botanique, elle paya ces nouveaux professeurs comme les deux autres, quatre-vingt-dix livres. Mais, à partir du 28 août 1651, l’Université lui versa annuellement une somme de 800 livres pour ses quatre professeurs, et un contrat fut passé à cet effet le 10 mars 1654.

La Faculté, ayant établi en 1696 une chaire publique de pharmacie chimique et galénique (30), payait le professeur avec l’argent de la bourse des licenciés. En 1708, elle demanda à l’Université une subvention de 200 livres pour le cinquième professeur, afin que ses honoraires fussent les mêmes que ceux de ses collègues. Le Recteur et son Conseil trouvèrent la demande juste; la Faculté de droit, mue par un sentiment de jalousie, fit opposition, mais sans résultat, car-

(30) Commentaires , XIII, f° 460, verso

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