Chapitre septième
à la date du 7 mai 1708, l’Université accorda mille livres pour les honoraires des cinq professeurs de la Faculté de médecine.
Lorsque la Faculté eut décidé la création d’une sixième chaire (31), pour l’enseignement de la chirurgie en langue française, en faveur des barbiers-chirurgiens, elle n’osa rien demander à l’Université qui ne voyait pas ces derniers d’un œil bienveillant ; mais elle s’adressa au roi lui-même. Le 5 décembre 1719, le conseil d’État fit un rapport favorable, et le 13 janvier 1720, le roi Louis XV accorda par Lettres patentes, une somme de dix-huit cents livres « à prendre « annuellement, et pour toujours, sur le produit de la ferme générale « de ses postes et messageries, laquelle somme sera payée sans au- « cune retenue, franche et quitte en toutes charges,... à commencer « du premier janvier mil sept cent vingt. » Ces lettres furent enregistrées au Parlement le 3 février 1720 (32).
En résumé, les professeurs de la Faculté de médecine de Paris recevaient comme honoraires [590 livres, savoir : 90 livres de la Faculté, 200 livres de l’Université, et 300 livres du Trésor royal, prélevées sur la ferme des Postes et Messageries. Plus tard, l’Université ne voulut pas rester en arrière, et, en 1726, nous la voyons augmenter de deux cents livres sa subvention et verser, pour les six professeurs, 1 200 livres dans les caisses de la Faculté. A Montpellier, les professeurs étaient un peu mieux rétribués 5 leurs
(31) Commentaires, XIV, p. 91 ; Id. XVIII, fo 14, 15, etc.
(32) Commentaires , XVIII, f° 23 i, 235, 236.
Les Professeurs et le Bibliothécaire.
honoraires étaient de 400 livres sous Charles IX: Henri IV en 1595 les porta à 600 livres (33).
La Faculté de médecine payait en outre 30 livres au docteur régent qui aidait le professeur d’anatomie dans son cours* elle ne donnait que 20 livres si c’était un chirurgien. Elle allouait 30 livres aux docteurs régents démonstrateurs du cours de pathologie, de chirurgie latine et française, et 20 livres à l’apothicaire démonstrateur du cours de pharmacie.
Ces honoraires étaient bien minimes, pour ne pas dire dérisoires-, mais la Faculté comptait sur le dévouement des docteurs régents, qui ne lui fit jamais défaut. C’est que l’enseignement était un honneur plutôt qu’un moyen de clientèle, que tous pouvaient y prétendre, et que chacun tenait à briller dans son court passage au professorat.
Au moment où l’ancienne Faculté de médecine succombait avec toutes les vieilles institutions, sa bibliothèque contenait environ quinze mille volumes, dont les catalogues avaient été rédigés par Th. Baron, par De La Cloye, par Bourru. Aujourd’hui elle compte près de cent mille volumes français et étrangers, imprimés et manuscrits, tous relatifs aux sciences médicales (34).
(33) Astiuc, Ouvr. cité, p. 120.
(34) A Franklin. Recherches sur la bibliothèque de là Faculté de médecine de
Paris, 1864, in-18.