‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 67 sur 128 · Chapitre septième · texte numérisé non relu

Chapitre septième

Les Commentaires (35) nous font connaître ce qu’elle possédait en 1395 : outre quelques lettres et les statuts, elle se composait des ouvrages suivants en latin :

Abrégé des synonymes de Simon Januensis ou de Gènes ;

Traité de la thériaque ;

Traduction du cinquième livre du Colliget d’Averrhoës ;

Commentaire sur Avicenne ;

Second et troisième livres des Çanons d’Avicenne 5

Concordances de Jean de Saint-Amand ;

Les médicaments simples et la pratique de Jean Mesué ;

L ' Antidotaire clarifié de Myrepse ;

Plusieurs traités de Galien ;

Les Concordances de Pierre de Saint-Flour;

L’Antidotaire d’Albucasis ;

Le Totum Continens Rhasis.

Ces ouvrages n’étaient prêtés qu’en échange d’un écrit sous seingprivé, sub chirographo mutuo ; on ne devait pas les garder plus d’un mois, entrer plus de quatre à la fois à la bibliothèque et y séjourner plus de deux heures (36).

« S pectatores manu sinistra ne utantor ,

Libri suis forulis et ordinibus ne moventor ,

(35) Commentaires , I, p. 2.

(36) Sabatier. Ouvrage cité, p. 29.

Les Professeurs et le Bibliothécaire.

Nemini , nisi sub chirographo mutuo prœbentor,

Commodati , ne ultra mensem retinentor.

Integri et intaminati in suos loculos referentor .

Plures quatuor semel hue ne ingrediuntor .

Duas ultra horas ne immorantor .

Qui libros rariores noverint , eorum titulos Bibliophylaci relinquuntor . »

Tel était le règlement primitif. Dans la crainte des soustractions

ou des pertes, la Faculté permit d’emporter ses livres, mais moyennant des gages qu’elle osa exiger du roi Louis XI lui-même, qui, tremblant pour sa vie, voulait faire prendre copie des œuvres de Rhazès, et demandait à cet effet qu’on lui prêtât le manuscrit, consistant en deux petits volumes. La Faculté s’assembla plusieurs fois, et, comme elle connaissait le monarque, elle consentit à lui prêter le Rhazès, mais moyennant un gage de douze marcs de vaisselle d’argent et un billet de cent écus d’or, que le président Jean de la Driesche et un bourgeois, nommé Malingre, fournirent à la Faculté (37). Le 27 janvier 1472, le roi fit restituer à la Faculté les deux petits volumes dont il avait fait prendre copie.

La bibliothèque augmentait peu, car les livres étaient rares à cette époque qui ignorait l’imprimerie. En 1497 on en enleva quelquesuns , ce qui valut au coupable la prison. N’oublions pas de dire que le voleur était le domestique d’un maître régent. Dès lors la bibliothèque fut momentanément fermée. En novembre 1509, le doyen

(37) Commentaires, II, p. 297, 298.

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