‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 77 sur 128 · Chapitre huitième · texte numérisé non relu

Chapitre huitième

Les chirurgiens jurés intentaient des procès aux barbiers comme outrepassant leurs droits; mais ces derniers se mettaient sous la protection de la Faculté qui leur avait promis son appui par décret du 10 septembre 1592. Un arrêt du 26 juin 1603 de la Cour leur permit «de se dire maistres barbiers chirurgiens, de curer et panser « toutes sortes de playes et blessures, ayant fait chef d’œuvre accou- « tumé et esté interrogez parles maistres barbiers chirurgiens en la « présence de quatre docteurs en médecine et deux du Collège des « maistres chirurgiens » (10).

Mais à peine élevés, les barbiers deviennent ambitieux, veulent porter le bonnet, birretum , et secouer l’autorité des docteurs régents. Quelques-uns d’entre eux s’unissent avec quelques chirurgiens jurés, veulent opérer une fusion des deux corporations, constituer une seule école de chirurgie et une cinquième faculté. Au mois d’août 1613, chirurgiens et barbiers adressentune demande au roi Louis XIII qui l’accueille favorablement. Mais l’affaire va devant le Parlement qui, par un arrêt du 23 janvier 1614, prescrit la rupture de l'union entre les barbiers et les chirurgiens.

Les docteurs régents furent exaspérés de cette tentative d'émancipation de la part des barbiers, et, obéissant plutôt à leur ressenti' ment qu’à la raison, ils adressent en 1626 au Grand Conseil une requête en faveur des baigneurs étuvistes , tristes et singuliers auxiliaires qu’ils prenaient sous leur protection. Le 28 juin 1627, un

(10) Commentaires , IX, f° 418.

Médecins , Chirurgiens , Barbiers, Apothicaires, etc. 173

arrêt fut rendu en faveur des étuvistes, mais leur permettant uniquement tondere et thermaset balnea administrare (11).

Les barbiers firent une nouvelle soumission en 1635. La Faculté oublia ses ressentiments, les reçut comme des enfants égarés, abandonna les baigneurs étuvistes et porta tout son courroux contre les chirurgiens jurés qu’elle considérait, peut-être avec raison, comme les instigateurs des barbiers. Elle obtint de Louis XIII, le 24 juillet 1641, des Lettres patentes par lesquelles le roi interdit de nouveau aux étuvistes et perruquiers de Paris l’exercice de la chirurgie. Le 27 juin 1644, un nouveau contrat fut passé entre le doyen Michel De Lavigne et Jean Ménard, maître barbier chirurgien, par lequel le contrat de 1577 fut confirmé.

En 1655 les barbiers cherchèrent une seconde fois à se séparer des médecins, à s’unir aux chirurgiens jurés et à ne faire à l’avenir qu’une seule corporation pour jouir ensemble des droits et privilèges attribués à l’une et l’autre compagnie, à avoir des bacheliers, des licenciés, des docteurs, des professeurs et à reprendre le titre de collège, à faire passer des thèses en latin, à donner le bonnet appelé laurea inagisterii, couronne magistrale. Ils obtinrent en 1656 des Lettres patentes (12) autorisant cette union, qui mettait chirurgiens et barbiers sous la juridiction du premier barbier du roi et on put

(11) Commentaires , XII, f. 166. Annales medici , p. 130.

(12) Commentaires, XIV, p. 231 et suiv.

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