Chapitre huitième
voir le 19 octobre 1656, lendemain de la Saint-Luc, les barbiers-chirurgiens se présenter devant la Faculté pour lui faire leur visite obligatoire, en robe longue, veste talari. Ils furent vivement gourmandés et non reçus (13).
Le 20 juillet 1659, nouvelle requête de la part des chirurgiens pour constituer une Faculté à part et conférer des grades. Tandis que l’affaire était pendante, ils obtinrent subrepticement du prévôt de Paris un arrêté qui leur accordait ces droits, et quelques-uns reçurent même la bénédiction du vice-chancelier. Le 6 août 1659, le Recteur de l’Université de Paris, Landrieu, apprenant que le lendemain une soutenance de thèse avec cérémonie du bonnet devait avoir lieu aux écoles de chirurgie, sous la présidence d’Etienne Juvernay, donna un mandement pour défendre cet acte, sous peine d’expulsion de l’Université et de la privation de tout grade, privilège et honneur. Irrités de ces tentatives d’indépendance, les docteurs régents assignèrent le 19 août chirurgiens et barbiers devant le Parlement, et le 15 décembre 1659 les deux parties étaient en présence. La requête des médecins au P rlement portait sur quatre chefs :
Les docteurs régents demandaient : l°que les barbiers chirurgiens et les chirurgiens jurés rendissent honneur et respect à la Faculté et aux docteurs régents; 2° qu’ils leur obéissent comme des écoliers et des disciples à leurs maîtres ; 3° qu’il leur fût interdit d’excéder les termes de leur art, de lire, de professer, de donner des grades,
(13) Commentaire s, XIY, p. 241.
Médecins , Chirurgiens , Barbiers , Apothicaires , etc,
de soutenir des thèses, de porter la robe et le bonnet 5 4° de s’appeler collège ni école, mais simplement «communauté des maîtres barbiers-chirurgiens et chirurgiens jugés » et de qualifier le lieu de leur assemblée autrement que de «Chambre de juridiction,» le tout à peine de prison.
C’est ce qu’on appelle le grand procès des chirurgiens.
Le 7 février 1660, médecins, chirurgiens et barbiers étaient devant la Cour. Maître Chenvot plaida pour la Faculté et écrasa ses adversaires. « La Cour, disait-il, a fait le partage entre les médecins « et les chirurgiens ; aux uns la Science, aux autres l’Art ; aux uns « la théorie, aux autres la pratique; aux uns l’empire, et aux autres « la gloire de la seule obéissance, nobis summum imperium DU de- « dêre, vobis obsequii gloria relicta est. » Les arguments, les citations, les décrets tombaient comme la grêle sur les chirurgiens et les barbiers. Mareschaux fit cause commune avec Chenvot en plaidant pour l’Université, et maître Claude Pucelle eut à répondre pour les intimés et défendeurs, 11 fut faible dans sa plaidoirie, et abandonna un peu la cause des barbiers. Le recteur de l’Université, DeLenglet, prit la parole en latin cicéronien, et dans un discours de sept grandespages, défendit éloquemmentla Faculté de médecine. Après le réquisitoire de Talon, pour le procureur général du roi, la Cour rendit l’arrêt suivant :
« La Cour a mis et met l’appellation et ce dont a esté appelé au néant; émendant, sans s’arrester à l’intervention des parties de