Chapitre huitième
fut commencé par l’ordre et sous les heureux auspices de Louis le bien aimé, l’an de grâce mdcclxix. Louis XVI toujours auguste, toujours bienfaisant, en ordonna la continuation la première année de son règne et en posa la première pierre le 14 de décembre mdcclxxiv. Monument de la protection qu’il accorda à un art nécessaire aux peuples dont il est le père. »
La Révolution fit disparaître ces deux inscriptions.
Le petit vestibule au rez-de-chaussée à droite, près de la loge actuelle du concierge, était la chapelle: la loge du concierge a remplacé l’ancienne sacristie. La salie qui sert de vestibule au cabinet du doyen était une salle pour deux lits de femmes; les bureaux actuels et le cabinet du secrétaire de la Faculté étaient la salle pour les quatre lits d’homme. Notre salle des thèses était l’amphithéâtre pour les sages -femmes ; le vestiaire de nos professeurs était le laboratoire de chimie, séparé de l’amphithéâtre pour les sages-femmes par le foyer des professeurs.
Au rez-de-chaussée, â gauche, notre petit amphithéâtre était la salle pour les actes publics. Le grand amphithéâtre n’a pas changé de destination : entre ces deux amphithéâtres était une salle avec quatre tables pour les dissections.
Au premier étage, notre bibliothèque a remplacé les salles d’assemblée de l’Académie de chirurgie, des Archives et le bureau d’administration. La première salle du musée Orfila, sur la colonnade,
Médecins , Chirurgiens , Barbiers , Apothicaires , etc.
était l’ancienne bibliothèque. L’aile droite était destinée aux logements du bibliothécaire, de l’inspecteur des Ecoles, etc.
Le 18 mars 1751, le roi donna un règlement établissant l’ordre, les séances, les fonctions et les exercices de l’Académie, qui fut divisée en quatre classes, sous la présidence du premier chirurgien du roi. La première classe était composée de quarante membres ; la deuxième de vingt adjoints; la troisième, de tous les chirurgiens de Paris qui étaient les Académiciens libres, et la quatrième, des associés et des étrangers. L’Académie tenait son assemblée tous les jeudis.
Si saint-Luc avait été plus fort que saint-Côme, comme l’écrivait Guy Patin à son ami Charles Spon, le 25 février 1660, à la suite du grand procès des médecins et des chirurgiens, saint-Côme avait pris sa revanche et écrasait de tout son poids la vieille Faculté, son éternelle rivale.
Comme si ce n’eut pas été assez pour la Faculté de lutter contre les chirurgiens et les barbiers, elle eut encore des démêlés avec les apothicaires qui cherchaient aussi leur indépendance.
De même que les médecins avaient abandonné l’exercice de la chirurgie à des gens spéciaux, de même aussi ils avaient laissé à d’autres le soin de préparer les médicaments que primitivement ils préparaient eux-mèmes ou faisaient préparer dans leur maison et sous leurs yeux. Ainsi se forma la corporation des apothicaires, placée sous le patronage des médecins dès le xmc siècle.