‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 83 sur 128 · Chapitre huitième · texte numérisé non relu

Chapitre huitième

Les ordonnances royales mettaient les apothicaires dans l’obligation de prêter serment devant le doyen et deux ou trois maîtres de la Faculté de médecine. Ils devaient leur montrer les médecines laxatives et les opiates, pour voir si elles étaient bonnes et fraîches. Deux fois par an, vers la fête de Pâques et la Toussaint, le maître du métier d’apothicaire de la ville, accompagné de deux maîtres en médecine nommés par le doyen et de deux apothicaires nommés par le prévôt de Paris devait faire la visite chez les apothicaires. Cés derniers devaient avoir l’antidotaire de Nicolas Myrepse, corrigé par les maîtres du métier, avec le conseil des médecins 5 ils devaient jurer de ne point mettre dans leurs médecines des drogues corrompues ou passées, d’avoir des poids justes, d’écrire sur les pots l’an et le mois de la confection des drogues qui se conservent longtemps, de ne point donner de médecine vénéneuse ou abortive à des gens qui ne sont pas de la religion chrétienne ou qui ne sont pas connus, et sans être sûrs que c’est par l’ordre du médecin, de ne point fournir une seconde fois à un malade une médecine sans un nouvel ordre d’un médecin, de vendre leurs médecines au poids et non à la tâche. (24).

Au mois d août 1484, le roi Charles VIII approuva les statuts des apothicaires qui firent partie des six corps de métier de la ville de Paris, dans la même section que les épiciers (25). Ils avaient la garde des balances et des poids, lances et pondéra. Aux Etats de

(24) Ordonnances , II, p. 532, août 1353.

(25) Id. XIX* p. 413, Traité de la Police} I, p. 587.

Médecins , Chirurgiens , Barbiers, , Apothicaires , etc.

Blois, en 1577, comprenant que l’antidotaire de Nicolas Myrepse avait vieilli, la Faculté s’engagea à publier un nouveau Codex. En 1599, le Parlement nomma d’office douze docteurs régens pour y travailler: il fut achevé en 1637 et, jusqu’en 1758, il eut neuf éditions.

La corporation des apothicaires et des épiciers avait aussi ses armes, qui lui avaient été octroyées le 21 juin 1629. Elle portait : « Coupé d'azur et d'or , sur l'azur à la main d'argent tenant des balances d'or et sur l'or deux nefs de gueule flottantes aux bannières de France, accompagnées de deux étoiles à cinq pointes , de gueule avec la devise en haut : Lances et pondéra servant. » Leur patron était Saint- Nicolas, et leur lieu de réunion était une maison située place Sainte- Opportune.

On a vu précédemment que les visiteurs des boutiques des apothicaires se partageaient en deux sections, ultra et citra pontes. Un arrêt de 1536 avait prescrit à la Faculté de s’assembler deux fois chaque année pour fixer l’époque de ces inspections, auxquelles les apothicaires se prêtaient un peu à regret. C’étaient les médecins qui présidaient à la maîtrise de ces derniers et à leur chef-d’œuvre, et un arrêt du Parlement de 1630 avait interdit de nouveau de délivrer de's médicaments sans la prescription des médecins. Les apothicaires avaient cherché à se soustraire à ce règlement qu’ils éludent bien souvent encore aujourd’hui ; ils avaient également voulu échapper à la visite de leurs boutiques. De là, rupture avec la Faculté. Ils com-

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