Chapitre neuvième
sulta sur le terrain qu’il convenait d’acheter pour le cimetière de l’Hôtel-Dieu dont les morts étarent inhumés dans le charnier des Innocents. En 1572, la peste s’étant déclarée à Rouen, on demanda à la Faculté des conseils et des médecins; en 1578 le Parlement la convoqua pour savoir si les écrouelles étaient contagieuses; en 1599, le prévôt des marchands et les Echevins voulurent avoir son opinion sur l’établissement de nouvelles fontainespubliques ; en 1638, LouisXIII, pendant la grossesse de la reine, nomma cinq docteurs- régents pour assister son premier médecin dans le choix de la nourrice, et chacun reçut cent cinquante livres pour la consultation. En 1667, après les premières tentatives de transfusion du sang par Denis et Emerets, on avait songé à rajeunir les vieillards en injectant dans leurs veines un sang jeune; la Faculté eut à délibérer surcette importante question. En 1675, elle inaugurait ses réunions mensuelles qu’elle appelait Prima mensis , dans lesquelles elle délibérait sur les maladies épidémiques et sporadiques. En 1708, on la consultait sur la purification du sucre avec le sang de bœuf; en 1734, on avait proposé de traiter les maladies syphilitiques à l’aide des fumigations ; sont opinion ne fut pas favorable. En 1763 et 1764, le Parlement lui demanda son opinion sur l’utilité de l’inoculation comme moyen préventif de la variole.
Dans une première réunion de douze membres, les voix se partagèrent en nombre égal; dans une seconde assemblée de toute la Faculté, sur 78 présents, il y eut 52 voix pour et 26 contre. L’inoculation fut donc acceptée officiellement et le 20 juillet 1774, deux mois
La Chambre royale et la Société royale de Médecine.
après la mort de Louis XV, emporté par une variole gangréneuse, DeLassone lisait à l’Académie des sciences le rapport sur les inoculations qu’il avait pratiquées à la famille royale, au château de Marly. On trouve dans les Commentaires le résumé de tous les rapports delà Faculté sur des établissements insalubres, sur le détournement des eaux de l’Yvette, sur l’usage des pommes de terre, etc.
En 1775 et 1776 plusieurs maladies épidémiques meurtrières avaient désolé différentes contrées de la France, sévissant sur les hommes et sur les animaux. Vicq d’Azyr était allé les étudier sur place (16). Le Gouvernement en avait été informé et avait porté sa sollicitude sur les moyens d’y remédier. Les deux ministres, De Malesherbes et Turgot, ayant pris conseil de De Lassone, premier médecin en survivance de Louis XVI, firent observer à leur souverain que la propagation des maladies épidémiques avait pour cause l’isolementdes médecins, leur ignorance des documents et des matériaux qui étaient éparpillés en maints endroits et provoquèrent ainsi un arrêt du Conseil, en date du 29 avril 1776, établissant une commission de huit médecins afin de tenir une correspondance avec les médecins des provinces pour tout ce qui a rapport aux maladies épidémiques et épizootiques.
(16) Félix Vicq d’Azyr. né à Valognes (Manche) en 1748, membre de l’Académie des sciences en 1771, de lAcadémie française en 1788, où il succéda ù Buffon, fut l’un des plus grands anatomistes de son temps et le régénérateur de l'anatomie comparée ; mort eu 1794. — J. M. Fr. De Lassone, né en 1717, à Carpentras, mort en 1788.