‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 98 sur 128 · Chapitre neuvième · texte numérisé non relu

Chapitre neuvième

Cet arrêt rédigé en sept articles portait que la Commission composée de huit médecins se réunirait au moins une fois par semaine; que De Lassone en serait le président; que Vicq d’Azyr remplirait les fonctions de commissaire général et de premier correspondant; qu’il ferait un cours d’anatomie humaine et comparée à ses six collègues, cours auquel pourraient assister les docteurs régents, les étudiants et les chirurgiens; que les six autres membres seraient nommés par De Lassone ; qu’ils poun aient au besoin être envoyés en province, et qu’alors un plan de conduite leur serait fixé par l’autorité. Une première réunion privée avait eu lieu le 13 août, et l’arrêt ne fut rendu public que le 1er septembre. La Commission prit le titre de Société de correspondance royale de médecine.

La Faculté s’en inquiéta ; elle vit là une atteinte à son autorité et, dans une assemblée extraordinaire, Lorry et Maloët, qui faisaient partie de la Commission, déclarèrent que si l’on entreprenait quoi que ce fût qui pût léser les droits et prérogatives de la Faculté, ils renonceraient immédiatement à faire partie de cette société.

Le 8 octobre 1776, la Faculté désigna quatre de ses membres pour s’entendre avec De Lassone et ses collègues. C’était quelques jours avant l’expiration du décanat de Louis Alleaume; l’affaire en resta là jusqu’au mois de décembre où le nouveau doyen Desessarts se rendit lui-même auprès de De Lassone, lui exposa les alarmes de la Faculté et lui proposa comme un moyen capable de les faire cesser et de sauvegarder ses droits, d’établir deux fois l’an une commu-

La Chambre royale et la Société royale de Médecine . 219

incation réciproque des travaux et des documents de la Faculté et de la Commission (17). C’était un moyen de conciliation qui avait dû coûter beaucoup à la Faculté. De Lassone y applaudit, promit d’en parler à la Commission. Trois mois se passèrent sans qu’on obtint de réponse. Le doyen Desessarts insista de nouveau et obtint de De Lassone la même promesse dilatoire.

La Faculté avait alors sur les bras un procès qui lui fit un peu négliger les pourparlers avec De Lassone. Pendant ce temps, la Commission se constituait et prenait ostensiblement et officielle^ ment la qualification de « Société royale de médecine , établie pour entretenir sur tous les objets de médecine pratique une correspondance suivie avec les médecins les plus habiles du royaume et des pays étrangers. » Elle proposa des sujets de prix, s’augmenta de douze autres membres, d’associés, d’adjoints et de correspondants regnicoles et étrangers. C’était une petite Académie.

La Faculté en fut profondément affectée. Le 24 janvier 1778 le doyen écrivit à Lassone qui répondit que, ne pouvant quitter Versailles, il avait désigné quatre membres afin de s’entendre avec les Commissaires de la Faculté. Ces derniers se transportèrent à Versailles, près de Lassone qui les reçut avec toute la politesse due à des confrères, les retint à dîner, et les assura de son désir de calmer les inquiétudes de la Faculté. L’entretien dura deux heures; Las-

(17) Commentaires , XXIV, p. 64 et suiv.

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