‹ L'ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres de V e siècle à la RévolutionChapitre 13 sur 101 · DURANT LES PREMIERS SIECLES XI · texte numérisé non relu

DURANT LES PREMIERS SIECLES XI

retenaient si fortement leurs petits compagnons que les hérétiques durent les menacer de leurs épées. Enfin le renégat parvint à les ramener à Carthage. Là, il croyait triompher de leur enfance par des flatteries et des caresses. Mais eux furent plus forts que leur âge, et de peur de s'endormir dans la mort, tinrent fortement allumée la lampe de l'évangélique lumière. »

« Les Ariens s'indignèrent furieusement et rougirent de se voir battus par des enfants. Enflammés de colère, ils ordonnèrent de les fustiger une seconde fois à coups de bâton, bien que très peu de jours auparavant ils eussent été déjà accablés de coups. Les blessures s'ajoutèrent aux blessures, et la souffrance de nouveau ravivée redoubla. Et pourtant, il arriva qu'avec le secours de Dieu, cet âge fragile ne succomba point sous la douleur; au contraire, son courage, fortifié par la foi, ne cessa de croître. »

« Aussi Carthage, ajoute Victor de Vite, vénère maintenant, par un culte particulier, ces martyrs, et les regarde comme un chœur de douze petits apôtres *. »

Cette histoire des lecteurs enfants de Carthage est vraiment une des plus admirables de l'histoire des enfants de chœur.

L'Espagne, qui se rattachait à l'Afrique et à l'Italie, ne pouvait manquer d'avoir aussi chez elle l'institution des enfants lévites.

Plusieurs conciles de Tolède s'en occupèrent. Le second (531) s'exprime clairement sur leur organisation : elle était semblable à celle de Rome. « Quant à ceux, dit-il, que leurs parents consacrent à la cléricature dès les premières années de leur enfance, nous avons résolu ce qui suit : ils seront tonsurés, appliqués à l'office de lecteurs, et instruits dans la maison de l'Église, sous l'œil de l'évêque, par un prêtre

1 Victor Vit. Hist. persec. Vand. 1. IV. c. 10, en P. L. t. 58, col. 248.

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