DURANT LES PREMIERS SIECLES XIII
institua ces sortes de maîtrises jusque dans les campagnes. « Que tous les prêtres, dit-il, qui sont constitués en paroisses, suivant en cela la coutume que nous avons apprise être assez utilement pratiquée en Italie, reçoivent chez eux des jeunes lecteurs, juniores lectores, non mariés, autant qu'ils pourront en avoir, et qu'ils les élèvent comme de bons pères ; qu'ils les nourrissent spirituellement, et leur enseignent à préparer les psaumes, à s'appliquer aux lectures sacrées, et à pratiquer la loi du Seigneur, et qu'ils se préparent ainsi de dignes successeurs. Toutefois, si ces jeunes gens, arrivés à l'âge d'homme, veulent prendre femme pour raison de fragilité, qu'on ne les en empêche pas ' . »
Si les prêtres de campagne devaient tenir une école de jeunes clercs, on se doute bien que les évêques ne faisaient pas autrement dans leur ville épiscopale ; et, en effet, le 2e concile de Tours, en 567 -, leur recommande, dans le canon 12e, d'avoir toujours avec eux leurs prêtres, leurs diacres et même la troupe de leurs plus jeunes clercs, clerîcoriim turha juniorum, afin d'éviter tout soupçon et d'édifier davantage leur clergé et leur peuple.
De fait, la vieille église de Lyon avait son école à l'instar de celle de Rome : une inscription de cette ville, de 552, porte le nom d'un primicerius soholae lectorum 3 / Celle de Mouson, comme on le voit par une lettre de saint Rémi, possédait pareillement un primicerius schoîse clarissimse militiseque lectorum 4. Celle de Paris, du temps de saint Germain, avait ses petits chantres dirigés parl'évèque. Fortunat nous fait assister à l'un des offices que présidait ce pontife 5 : « D'un côté, dit-il, l'enfant mêle sa voix douce et perçante
1 Labbé, Cône., t. 4, col. 1G79.
a Id. col. 855.
3 Ducbesne, Orùj. du culte chr., p. 335.
* Migne, P. L.; t. 65, c. 969.
5 V. Fortunat, 1. II. cap. 13, en P. L., t. 88, col. 102.