‹ L'ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres de V e siècle à la RévolutionChapitre 16 sur 101 · XIV LES ENFANTS ET L OFFICE DIVIN · texte numérisé non relu

XIV LES ENFANTS ET L OFFICE DIVIN

aux instruments bruyants: de l'autre, le vieillard pousse de son gosier une voix large et éclatante comme la trompette. La voix flùtée des enfants adoucit la voix forte et rauque du vieillard. Ses paroles viennent suppléer à l'accord muet de la lyre.... Sur l'ordre du Pontife, le clergé, le peuple, les enfants, entonnent la psalmodie ».

Fortunat, qui raconte ces choses, parle encore, dans la Vie de saint Germain, de la voix mélodieuse d'un clerc qui n'avait que dix ans.

On dit ailleurs, dans la Vie de saint Marcel , évêque de Paris, que, dès son enfance, il se livra tout entier aux disciplines sacrées, qu'étant clerc il fréquenta les écoles, et qu'arrivé à un âge plus mûr, il fut créé lecteur, in militia Christi exercitando lector factus est K

L'on connait plusieurs autres exemples de ce genre. Saint Nizier, prêtre et plus tard archevêque de Lyon, au dire de Grégoire de Tours, appliquait les enfants, sitôt qu'ils en étaient capables, « au chant et à la lecture des psaumes » 2, Le même auteur rapporte que saint Quentien, évêque de Clermont, fut si charmé par la voix du jeune Gai qu'il l'emmena dans sa ville épiscopale pour être l'ornement du chant ecclésiastique.

Enfin saint Césaire d'Arles, celui qui poussa le concile de Vaison à la création des maîtrises rurales, se consacra au service divin, inter ipsa infantiae rudimenta ; à peine âgé de sept ans, il s'offrit à l'évêque Silvestre et lui demanda la tonsure et l'habit clérical, avec la faveur d'étudier les sciences divines.

Nous verrons dans ce livre qu'à Chartres , au Ve et au VIe

siècle, on agissait comme dans les Églises citées'précédemment.

Nous pourrions donc nous arrêter ici, puisque nous avons

' Bolland., A. SS. I. nov. col. 266.

2 De Vitis Palrum, cap. 8, en P. L,, t. 71, col. 1040.

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