‹ L'ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres de V e siècle à la RévolutionChapitre 41 sur 101 · III. — LES ENFANTS DE CHŒUR ACOLYTHES · texte numérisé non relu

III. — LES ENFANTS DE CHŒUR ACOLYTHES

Mais ils quittaient souvent leurs places, non seulement pour chanter à la légende, mais pour remplir des cérémonies. Ils ne répondaient pas les messes basses ni à la Cathédrale ni à la Crypte ; on défendit même à leur maître de les employer à ce service. Mais ils faisaient acolythes et thuriféraires, aux messes, Vêpres, Processions, où le Chapitre assistait. Les Commis étaient chargés, en 1523, de les exercer à ces diverses fonctions. Plus tard, surtout au xvme siècle, le Chapitre se plaignit de leur ignorance sur ce point et donna l'ordre aux maîtres de musique de les faire instruire. Comme ils n'en avaient pas le loisir, les maîtres de grammaire, dès la moitié du xvin* siècle, prirent peu à peu cette charge, et s'en acquittèrent sous la surveillance des chanoines.

La fonction d'acolythe était généralement confiée aux plus grands et aux plus forts d'entre les enfants. Ils ne mettaient que des aubes pour la remplir. Ils servaient en cette qualité à l'autel, et on les accusa, en 1749, d'avoir bu dans les burettes.

Ils marchaient encore, à titre d'acolythes, dans les processions intérieures ou extérieures, à côté de la croix ou à côté des reliques, A toutes les processions qui faisaient le tour de la Cathédrale et s'arrêtaient devant la Vierge du jubé, ils tenaient les chandeliers, et souvent il leur appartenait de chanter le verset de l'antienne finale à la Sainte Vierge. Lorsqu'on portait des chasses, par exemple, à la Brèche et à Josaphat, six d'entre eux les accompagnaient avec des torches ou des cierges, ou, comme en 1784, avec des chandeliers. Transférait-on les reliques de Saint Taurin à la chapelle Vendôme pour obtenir de la pluie ? deux d'entre eux marchaient en avant. Ils précédaient de même la procession qui allait chercher les Saintes-Huiles le Jeudi-Saint.

Ce même emploi d'acolythes, ils le remplissaient encore quand on devait élire un évêque ou un abbé : ils conduisaient les chanoines par le petit escalier de la chapelle absidale jusqu'à la salle capitulaire ; et l'élection finie, ils les ramenaient avec le nouvel élu solennellement jusqu'au chœur : cela se passa ainsi à l'élection d'Erard de la Marck (1501), et à celle de l'abbé de Neauphle (en 1327)1. Ils accompagnaient aussi le Saint-Sacrement avec des torches. Quand on l'exposait, deux d'entre eux s'en allaient avec le célébrant au Trésor, où il était renfermé, et ils le suivaient jusqu'à l'autel. Quand on l'administrait en viatique, ils devaient se trouver là. Au Chapitre général de la Purification, en 1560, il fut décidé que le chanoine semainier porterait le Saint-Sacrement

< Souohet, III. 471. — R. C. 1008, f. 136 v.

aux malades, escorté des quatre ou six chanoines voisins en habit de chœur, précédé du chapelain de la Sainte Châsse avec la croix, et accompagné de huit enfants tenant huit torches allumées àlamain : pendantce temps la cloche Renée sonnerait à l'aller et au retour. Le même cérémonial fut prescrit pour l'Extrême-Onction !.

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