V. — QUELQUES AUTRES FONCTIONS DES ENFANTS DE CHŒUR
Les enfants de chœur remplissaient encore d'autres fonctions de moindre importance.
Aux processions de Carême, à partir de 1651, le grand enfant portait l'orceau : c'était une réminiscence de la coutume en vertu de laquelle, dès le xive siècle, deux enfants allaient chaque dimanche porter l'eau bénite chez tous les chanoines individuellement '. On sait qu'à Chartres l'eau bénite ne se faisait pas avant la messe capitulaire, mais avant la messe de 4 heures, dite pour les serviteurs et domestiques, et à laquelle les chanoines n'assistaient pas.
De plus, les enfants portaient l'instrument de paix à ÏAgnus Dei. Cet usag*e fut maintenu dans le cérémonial de 1784. Ils allaient avec cet instrument près de chaque chanoine. L'abbé de Saint-Jean, Martin Boclier, en 1535 (16 déc), avait demandé qu'à l'office de la Saint-Martin d'hiver, fondé par lui, la paix serait offerte à baiser par deux enfants de chœur. Ces deux enfants devaient dire à chacun : Laus Deo, pax vivis, et requies defunctis et chacun devait répondre 2 : Amen.
Ils jouaient de même le rôle de messagers et d'avertisseurs.
Ils tiraient les commandes pour avertir le sous-queux
' G. 340., Est. f. 45, an 1651 — R. G., 1007/2, f. 49, en 1328. * G. 1473.
de sonner le Magnificat à Vêpres ou les Saluts de l'Avent. Ils transmettaient quelquefois les ordres des Dignitaires. Pendant un certain temps, l'un d'entre eux porta la Table du service de la semaine dans les stalles ; on ne tarda pas de lui commander de l'afficher simplement au jubé. Lorsque le Chapitre se tenait, comme c'était l'usage, pendant Tierce, un enfant était chargé de prévenir l'assemblée que la messe allait commencer (15 juin 1563) l. S'il y avait sermon avant la messe, comme il arriva dans l'Avent de 1653, l'enfant avertissait les chanoines du commencement de la prédication. Enfin, quand on devait tenir un Chapitre extraordinaire après la messe, c'était un enfant qui passait dans toutes les stalles pour prévenir ces Messieurs.
Une autre de leurs fonctions consistait à parer l'autel chaque dimanche. C'était le plusgTand qui se chargeait de ce soin. Pour cela, il sortait de bon matin. Malheureusement il commit quelques imprudences, et le Doyen demanda, dès 1651, la suppression de cet usage « pour les inconvénients qui en sont arrivés ou qui en peuvent arriver. »
Pour terminer, signalons le rôle pathétique des enfants dans la terrible cérémonie de la Clameur. Elle avait lieu dans les grands malheurs publics. Après la commixtion du pain et du vin, YAgnus étant supprimé, les enfants quittaient silencieusement leurs places, s'avançaient devant l'autel et se prosternaient tous ensemble sur le pavé du sanctuaire. Alors tout le clergé se prosternait lui-même
dans le chœur, et le célébrant, avec le diacre et sousdiacre, fléchissait les genoux au pied des marches et récitait la clameur. Après quoi Ton chantait des Psaumes de pénitence. Cette cérémonie est indiquée dans le Directoire du xive siècle.