I. — LE RÈGLEMENT DISCIPLINAIRE
On sait que les enfants se levaient à quatre heures pour Matines en été (1706), et un peu plus tard en hiver. Ils
avaient des études entre les offices. Le matin , après la messe De Beata, ils apprenaient le Martyrologe, le latin et le catéchisme (1702). On fut sur le point de rejeter la messe fondée par le chanoine Robert, après Laudes, parce qu'elle prenait sur le temps d'étude. Les messes de Saint Piat et d'Obit qui se chantaient après celle de la Sainte Vierge, gênaient les maîtres qui, étant tenus, comme heuriers et chanoines de Saint-Piat, d'assister à l'une et à l'autre, devaient laisser les enfants seuls à la Maîtrise. Ils avaient souvent demandé (1701) d'en être exempts afin de pouvoir les surveiller et travailler. Le soir était consacré plutôt au plain-chant, au chant sur le livre, à la musique instrumentale. Les élèves se préparaient par des répétitions prises avec les heuriers aux motets et aux messes solennelles : ou bien seuls, avec leurs maîtres, ils s'exerçaient aux leçons de Matines et aux cérémonies du lendemain.
Le maître de musique était, depuis le xve siècle, responsable de tout l'enseignement et de la discipline. Au xvme siècle, il devait veiller à ce que le maître de grammaire fît sa classe de latin tous les matins, et enseignât le catéchisme tous les jours et surtout le samedi. Il lui appartenait aussi de faire respecter le règlement dans la maison, de conduire les enfants aux offices, même à Matines, et de les ramener, et de présider semblablement les exercices intérieurs, surtout les prières. En son absence, ou lorsqu'il était occupé, le maître de grammaire devait le remplacer. Celui-ci, avant le xvm* siècle, ne logeait que rarement à la Maîtrise et ne s'en occupait que pendant les vacances. Ainsi fit-il en 1702, 1722, 1737, 1739. A partir
du xvme siècle, vu les occupations du maître de musique, on tendit de plus en plus à lui assurer un log*ement audedans et à l'intéresser directement à la surveillance. Vers le milieu du siècle, les maîtres de musique demandèrent eux-mêmes à le prendre en pension. Benoist, en 1741 l, Demong'eot, en 1757 2, sollicitèrent les premiers sa présence constante. Ils habitèrent ensemble jusqu'en 1781 ; à cette époque , afin de rendre libre l'infirmerie où le maître de musique s'était installé, on le pria de sortir, mais à la condition qu'il prendrait ses repas et resterait tout le jour à la Maîtrise. En ce temps, on se préoccupait beaucoup de ne jamais laisser les enfants à eux-mêmes.
Non content d'exempter, en 1779 (24 juillet), l'un des deux maîtres de la messe d'Obit, on apporta, en 1780, quelques modifications au Règlement « tendant à ce que les enfants ne soient jamais seuls ». Le 27 juin 1789, on alla plus loin : on décida que le maître de gTammaire resterait à la Maîtrise et l'on résuma ses devoirs dans les huit articles suivants : « 1° il demeurera à la Maîtrise et il s'y nourrira sans avoir de ménagée particulier: 2° il présidera à la salle d'études quand M. le maître de musique n'y présidera pas; 3° il ne laissera jamais les enfants seuls et abandonnés à eux-mêmes ; 4° il les conduira à l'église et les ramènera à la Maîtrise quand M. le maître ne pourra le faire; 5° il présidera à tous les exercices de piété en son absence ; 6° il aura autorité sur les enfants et droit de les corrig*er quand ils le mériteront ; cependant cette auto-
1 R. C, 21 août.
2 R. C, 19fév.
rite sera subordonnée à celle de M. le maître, seulement quand il sera présent ». Les deux autres articles se rapportaient au catéchisme et à l'habillement.
L'organisation disciplinaire était enfin achevée quand la Révolution arriva.