II. — LES IRRÉGULARITÉS DE QUELQUES MAITRES
Mais avant qu'elle fût établie, maîtres et élèves avaient commis dans la suite des siècles plusieurs fautes d'indiscipline.
Au xive siècle, Girard, auxiliaire de Robert d'Etampes, reçut l'ordre de quitter promptement les enfants et de s'enfuir dans sa cure de campagne. Gilles Mureau, dit Prieur, maître de gTammaire en 1483, fut emprisonné à Loens où il tomba malade. Mais il paraît avoir été calomnié, car il fut réintégré et fait chanoine. Richard Berthelot, maître de musique, eut maille à partir avec deux autres maîtres, Guillaume de Malles et Pierre Ménard. Le Chapitre fît faire une enquête et le renvoya, attentis certis querimoniis... super administration e , regimine, doctrina et correctione diçtorum puerorum inordinaiis et irrationabilibus. Pierre Ménard lui-même fut mis en prison. Jean de Montillet, en 1508, ayant appelé près de lui, durant sa folie sans doute, son père, sa mère, sa sœur, fut obligé de les renvoyer incontinenter, et de ne plus les garder, et pour cause, nec morentur et ex causa. Germond, maître de grammaire, en 1670, se fît condamner à trois mois de prison, parce qu'il passait la nuit aux jeux
publics, ne disait le Bréviaire et n'entendait la messe le dimanche. Et comme il n'obéissait pas, il fut appréhendé et mis à Painchaud. Cette sentence fut exécutée par provision, malgré son appel comme d'abus. En 1707, Massot, encore un maître de grammaire, fut destitué, parce qu'il ne s'était point fait, approuver pour les confessions, qu'il n'allait plus à la Maîtrise depuis un temps considérable, n'assistait plus aux messes de Saint-Piat et n'acquittait plus celles dont les maîtres de grammaire étaient charges *.
Les maîtres étaient souvent réprimandés par le Chapitre. Ils avaient des points de contact avec trop de personnes pour n'être pas souvent pris en défaut. Jean Jouet se vit jalouser par les heuriers matiniers et les chanoines, que sa nomination en dehors de tout concours avait indisposés contre lui. Leur persécution alla si loin, que, malgTé les instances de la majorité des chanoines, il voulut plusieurs fois se retirer. Les chantres étaient d'ailleurs si peu maniables, qu'à plusieurs reprises, le Chapitre leur donna Tordre d'obéir au maître en tout ce qui était du chant. Ils manquaient aux répétitions ; ils insultaient le maître jusque sur le jubé (1726).
Les chanoines se plaignaient, de leur côté, de la mauvaise exécution du chant et des cérémonies. Tantôt, on avait exécuté des motets extraordinaires dans l'église, sans la permission du chantre, et en procession, sans celle du sous-chantre. Tantôt, les enfants avaient chanté trop vite la messe De Beata, ou trop lentement à l'Elévation. D'autres fois, ils n'avaient pas assez préparé leur messe, ou bien
* R. G., 5 octobre.
ils n'avaient pas du tout chanté ce qu'ils devaient. Ce dernier cas arriva sous Nicole Grousil : et nous avons vu qu'avec les heuriers matiniers, il fut condamné au pain et à l'eau tout un jour et à une amende. En 1705, le Martyrologe fut passé, parce que les enfants s'étaient levés à huit heures. On manqua encore la leçon de Matines, le verset de Tierce (1740), celui de None (1755), ceux de Gomplies, et l'antienne de Nunc Dimittis (1740), et à chaque fois on fut réprimandé.
La discipline et les cérémonies furent sutout le principal objet des plaintes capitulaires au xvme siècle. Plusieurs fois le maître fut cité à comparaître et sommé de s'expliquer. Goulet fut appelé ainsi deux fois, en 1740; Benoist, en 1749; Duluc, en 1750 et 1759, et, chaque fois, ces maîtres s'entendirent faire de vertes réprimandes.