‹ L'ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres de V e siècle à la RévolutionChapitre 58 sur 101 · IV. — LES SOINS A DONNER AUX ENFANTS MALADES · texte numérisé non relu

IV. — LES SOINS A DONNER AUX ENFANTS MALADES

Il nous reste à dire comment les enfants étaient soignés dans leurs maladies. Souvent on les gardait à la Maîtrise même, et l'on appelait une garde-malade du dehors au secours de la servante : ainsi fît-on en 1675 1 , et surtout en 1702 2, quand Quignon et trois enfants furent frappés ensemble. Marie Huguet, qui fut demandée pour les soigner, reçut 50 sols. Plus ordinairement, on renvoyait les enfants chez leurs parents, mais ils y étaient entretenus aux frais du Chapitre. La famille d'Hazon, en 1700 3, reçut 43 livres pour l'avoir gardé quarante -trois jours. Pour Maugars, en 1704, on donna 34 livres 45 sols. On reconduisit de même chez eux, en 1714, un enfant atteint de la petite vérole : en 1735, plusieurs autres victimes d'une maladie contagieuse : en 1739, un nommé Rouvrai.

< G. 424, 2 juin.

2 R. G., 1613, 26 janv. et 23 fév., on donne quinze livres au maître des enfants, pour frais faits durant la maladie d'un petit enfant de chœur.

s R. G., an. 1700, f. 75, 87.

Le Chapitre se chargea des soins qui leur furent accordés. On confiait aussi certains malades à des gouvernantes en ville, que les chanoines défrayaient ensuite. Ils payèrent 8 livres 15 sols à celle qui avait soigné Simon Besnard pour la petite vérole. On en mettait d'autres à l'Hôtel- Dieu. C'est là que mourut Etienne-Louis Marigny en 1784. Sa dépense du 8 juillet au 10 août fut de 110 livres 18 sols 6 deniers.

Pour les maladies spéciales on consultait des gens de l'art. Borel, ayant une taie sur l'œil, fut envoyé en 1723 à un oculiste de Paris, et La Clau, en 1744, fut mené à l'oculiste de Champseru. Dargent, atteint du même mal en 1747, fut pansé à la Maîtrise 1.

La maison, d'ailleurs, avait son médecin ordinaire et son apothicaire. L'un et l'autre avaient des gages fixes, que les Comptes nous font connaître en nous révélant leurs noms. Les médecins s'appelaient, de 1597 à 1600, Berou, de 1600 à 1628, Léon Le Roy, en 1658, Patin, en 1676, Dauvilliers 2. en 1788, Bouvard, et durant cette période leurs gages annuels étaient de 12 livres. De même les apothicaires ou pharmaciens étaient Claude Bance (1597-1599), Pierre Baudouin (1599-1628), Baigneaux (1678). Ceux-ci présentaient, chaque année, leurs mémoires au Chapitre; en 1597 et 1598, ils se montaient à 37 et à 27 livres : ordinairement ils ne dépassaient pas 20 livres. En 1701, on leur paya 38 sols pour œuf, citron, hiscuit, sucre candie et orge ; la même année on donna à un

1 G. 420, 22 septembre, 1658.

2 V. les Comptes G. 388 et suivants au chapitre des Mises pour la Maîtrise.

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