‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 12 sur 153 · VIII LES ENFANTS ET L'OFFICE DIVIN · texte numérisé non relu

VIII LES ENFANTS ET L'OFFICE DIVIN

de plus prenaient part aux chants sacrés. Ce sont ces petits pisinni que vit Silvia dans son pèlerinage aux lieux saints. « Ils sont nombreux, dit-elle, et à chacun des noms prononcés par le diacre, ils répondent Kyrie eleison, et leurs voix sontinfinies!. »

L'on sait d’ailleurs que chez les Grecs il y avait pour les chantres une ordination distincte de celle des lecteurs*. Les empereurs Léon et Constantin, au 1x° siècle et plus tard, avaient permis d’ordonner des enfants lecteurs et chantres dès qu'ils sauraient lire et chanter; Justinien, avant eux (546), dans une de ses Novelles, avait fixé huit ans pour les lecteurs,

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et quelquefois, dit Balsamon, on faisait des lecteurs âgés seulement de six ans et même de trois ans.

Ainsi l'Église d'Orient, peut-être plus rigoureusement encore que celle de Rome, prenait-elle les jeunes lévites en bas âge, et les formait-elle ensemble d’une façon monacale près des basiliques, au chant et à la lecture sacrée.

On raconte même qu'Eusèbe de Verceïil lui emprunta cet usage pour son église. de Verceil, et qu’à l’exemple des Grecs, il réunit près de lui tous ses clercs, même les plus jeunes,

pour les instruire et les former.

L'Afrique, qui tenait de si près à l'Italie et à l'Orient, s’inspira aussi de l’une et de l’autre, en ce qui concerne l'emploi et la formation des jeunes clercs.

Comme les Grecs, comme Eusèbe, peut-être aussi comme Ambroise, saint Augustin gardait ses lévites dans sa maison

1 Gamurrini, S. Silviæ peregrinatio, p. 78, Rome, 1887. Les Constitutions apostoliques (VIII. 4) font allusion à ce rôle des enfants : In singulis horum quæ diaconus proloquitur, populus respondeat : Kyrie eleison : et ante cunctos pueri. Ailleursles Constitutions apostoliques montrent les enfants recevant la communion après les membres de la hiérarchie et les veuves, avant le peuple, (VIII, 13), ou se tenant pendant le baiser de paix sous la garde d’un diacre. Peut-être, là comme à Jérusalem, ne s'agit-il pas d'enfants choisis proprement dits, mais de l’ensemble des enfants des fidèles !

? Martène, De ant. Eccl. rit. 1. T, cap. 8.

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