‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 36 sur 153 · LE GOUVERNEMENT DES ENFANTS D'AUBE D · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT DES ENFANTS D'AUBE D

les autres entraient dans la grande salle capitulaire. Les enfants n’y étaient guère introduits que pour trois raisons : pour y être examinés avant leur admission, pour y solliciter la faveur de célébrer quelques fêtes, ou pour y être vertement réprimandés par le Doyen. Les maîtres y comparaissaient plus souvent: c'était par exemple pour présenter des candidats, pour exposer les besoins de la maison, et souvent aussi pour s'entendre adresser des avis, assez semblables à des blâmes.

Pourtant en général le Chapitre ne communiquait avec la Maîtrise que par l'intermédiaire d’une commission prise dans son sein et nommée tous les ans en réunion générale. Elle se composait, au xiv° siècle de deux chanoines!, au xv° et plus tard de trois, que l’on appelait d’abord Commissi ad domum puerorum ?, puis Commis à l'Œuvre. Leur mission, telle qu’elle est souvent formulée dans leur nomination, était de veiller sur les enfants et les maîtres, de se rendre compte de l’enseignement de la grammaire et de la musique, de prendre soin de la nourriture, de suivre les dépenses, et, s'il y avait des abus, d'en référer au Chapitre.

Afin d'accomplir leur tâche, ils reçurent l’ordre de VISI-

ter la Maîtrise une fois par semaine en 1392 *, une fois

3 R.C., 4007/3, f. 95 v., Chap. de Saint Jean, 1399, Capitulum deputavit et ordimavit magistros Petrum Mohier et Petrum de Byaco ad visitandum pueros chori in domo ipsorum tam in grammaticalibus quam in musica et etiam in victualibus semel

in septimana, et super his, si necesse fuerit, reformandum magistros dictorum puèrorum. Formule semblable en 1359.

tous les quinze jours en 1414*, une fois tous les trois mois en 1683?. Ils s’occupaient du personnel. Les enfants étaientils malades? ils prenaient l'initiative, si le mal était urgent et contagieux, de les faire voir au médecin, de les confier à des femmes prudentes, en dehors de la Maîtrise. Les enfants étaient-ils attaqués d'infirmités qui entrainaient leur départ? ils leur cherchaient une place au nom du Chapitre. Les enfants étaient-ils indisciplinés? ils les dénonçaient aux chanoines et les faisaient réprimander *.

Les Commis se comportaient de même avec les maîtres, surveillant leur moralité, leur assiduité, et leur demandant compte de tout ce qui se passait à la maison. Ils se plaignaient d'eux, quand ils les jugeaient infidèles à leurs devoirs, et les faisaient non-seulement blâmer mais révoquer “. Ce dernier cas se vit au moins une fois au xvi* siècle.

Les choses matérielles attiraient aussi leur attention. Quelquefois, certains chanoines, allant à Paris, étaient priés de faire des achats de draps ou d’autres choses. Souvent, au xiv° et au xv° siècle, les officiers capitulaires, qui recevaient l'argent des tailles, des matines ou des anniversaires, étaient chargés de verser directement aux maîtres ou aux fournisseurs les sommes qui leur étaient dues. Mais ordinairement c'était aux chanoines Commis

ad domum que ces tâches matérielles incombaient, Il leur

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2 G. 340, Br. M., p. 25. 3 fév.

5 R. G., 1701, 8 juin, 1702, 5 octobre, 1749, 31 mai, etc. # R. G., 1009/1, f. 81, 82, 85 v., 159.

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