‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 37 sur 153 · LE GOUVERNEMENT DES ENFANTS D'AUBE · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT DES ENFANTS D'AUBE

arrivait même, dans quelques cas, de faire des avances d'argent, qui leur étaient naturellement remboursées !. Mais leur besogne s’aggravait lorsque la Maîtrise était dépourvue d'enfants. Alors, de concert avec le maître de musique, ils en cherchaient partout. Nous avons vu qu'ils faisaient publier aux prônes des paroisses les places disponibles et qu'ils se hâtaient d'écrire sitôt qu'ils entendaient parler d’une bonne voix. Ils prenaient ensuite part à

l'examen des candidats. Leur rôle n'était pas moindre

quand la place de maître était vacante. Au xvif et au

Se

xvin siècle, ils ouvraient un concours entre les maîtres

de musique des Cathédrales voisines et leur envoyaient

des lettres. Puis, dans ces derniers siècles, ils faisaient gar-

der la Maîtrise, jusqu'à ce qu’un successeur füt installé, par un chapelain de confiance et plus souvent par le maître de grammaire. Mais, au xiv° et au xv° siècle, ils la gardaient en personne, Chacun d'eux y passait la semaine à tour dé rôle, et remplissait les fonctions d’économe et de maître, veillant à la nourriture, à la discipline, aux leçons, recevant les revenus et payant les dettes *. Ils touchaient d’ailleurs, pour cette besogne, un certain salaire, qu'ils devaient abandonner à leur remplaçant avec un surplus, s’il leur déplaisait de s'acquitter personnellement de ce devoir.

En un mot, les Commis étaient l'œil et la main du Chapitre pour ce qui concernait la Maîtrise. Telle était l'étendue de leur autorité que, s'ils avaient le droit de

proposer d'eux-mêmes des réformes ou des dépenses, le

1 G. 340, Br., L. p. 59, en 1515.

maître ne le pouvait que par leur intermédiare. Delalande, ayant voulu lire un jour un mémoire qu'il n’avait pas préalablement soumis aux chanoines Commis, fut obligé devant leur protestation de le retirer!. Aussi leur intervention est signalée à toutes les pages des Registres capitulaires ; toujours on y lit que le Chapitre a été informé par les Commis de tel ou tel fait et qu’il leur a donné tel ou tel ordre. Mais tous ces cas rentrent dans ceux que nous avons résumés plus haut, lesquels déterminent parfaitement le rôle de la commission capitulaire chargée de

la Maîtrise. Nous n’y reviendrons plus.

Venaient ensuite les deux maîtres qui enseignaient la grammaire et la musique. Nous avons cru trouver, en 1119, l'origine, sinon de leur fondation, du moins de l'affectation par Calixte IT d’une prébende à leur emploi. Ils existaient encore tous deux au xiv° siècle et ils demeurèrent jusqu'à la Révolution, mais avec des fortunes diverses, dont nous expliquerons dans les chapitres suivants les vicissitudes : il nous suffira maintenant de les caractériser sommairement.

Il se fit dans leurs fonctions respectives une double évolution. Au début, elles étaient indistinctes et n'avaient pas de titulaires spéciaux. Le Chapitre se contentait de nommer le maître des enfants et lui laissait le soin de s'associer l’aide qui lui convenait. Tous deux partageaient le double enseignement de la grammaire et du chant, comme ils le voulaient.

1 R. C., 1764, 18 août.

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