LE GOUVERNEMENT DES ENFANTS D'AUBE
Sur la fin du xiv° siècle (1378), le Chapitre précisa les attributions de chacun et commença de désigner, lors de chaque nomination, la part qu'il assignait à son élu. [l confiait à l’un la musique, à l’autre la lécture, in arte cantandi et legendi, et déterminait ainsi les rôles.
Cette spécification, en mettant face à face les deux maîtres, les amena peu à peu à se demander lequel d’entre eux devait avoir le premier rang. C'était le maître de grammaire qui possédait, comme représentant des grandes écoles dont la Maitrise avait jadis fait partie et dont elle s'était peu à peu détachée. Ce fut lui qui garda le pas sur le maître de musique jusqu'à la fin du xv° siècle, et demeura l'administrateur et le chef des enfants d’aube.
Mais à cette époque, vers 1485, diverses circonstances d'ordre littéraire et musical, ou simplement d’administration intérieure, amenèrent un déplacement du pouvoir. À partir de ce temps, le maître de grammaire ne fut plus qu’un professeur ou même un surveillant, et la direction réelle de la Maîtrise échut à son confrère, le maître de musique. Celui-ci la garda jusqu'à la Révolution.
Dans les deux chapitres qui vont suivre, nous ferons la revue rapide de ceux qui occupèrent ces deux fonctions, et nous assisterons à la triple évolution de leur pouvoir. Nous les verrons successivement sous le régime de l’indivisibilité, sous le règne du maître de grammaire et sous
celui du maître de musique.
Au-dessous d'eux se tenaient des maîtres d'ordre secondaire, qui apparurent les uns après les autres, le long des
siècles, et n’eurent jamais leur importance,
C'était, dans la partie musicale, les professeurs d'orgue et d’autres instruments, et, dans la partie grammaticale,
les maîtres de lecture et d'écriture.
Les organistes naquirent avec les grandes orgues au
milieu du xiv° siècle. Nous verrons dans quels rapports ils se tinrent avec lés enfants; tantôt ils demeurèrent avec eux, tantôt ils restèrent en ville; toujours ils leur donnèrent des, leçons réglées. Nous examinerons de même Jusqu'à quel point, à partir du xvn siècle, les Maîtrisiens étudièrent le serpent et le basson et même au xvur° siècle le violon.
Quant aux maîtres écrivains, il nous sera facile de les suivre du commencement du xvir sièele jusqu’à la Révo-
lution, quand nous traiterons des maîtres de grammaire.