‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 42 sur 153 · CG · texte numérisé non relu

CG

3 G. 257, f. 480 v. — G, 388, — G. 340. Br., H. p. 28. 4 G. 340, Br., H. p. 98.

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sévérité. Baptisé le 22 décembre 1709, enfant de chœur le avril 1719, à 10 ans, tonsuré le 21 septembre 1726, il aima cette maison. Lorsque la maladie l’obligea de se retirer, 1l entra au Chapitre, et, dit le secrétaire, « il a remercié la Compagnie des bontés qu'elle a eues pour lui pendant les 10 années qu'il a servi l’église en qualité d'enfant de chœur, commencées le 1% avril 1719, et pendant 35 autres années qu'il a été maître de grammaire, dans l'espace desquelles il à fait les fonctions d’épistolier pendant 18 ans. Agé de près de 67 ans, il prie la Compagnie de lui procurer du repos, en lui donnant un successeur dans la dite qualité de maître de grammaire, dont il prie la Compagnie d'accepter la démission, et dont il remplira les fonctions pendant la vacance de la place; ajoute que, vu les charges du maître de Psallette, il s’oblige aux messes De Beata qui se disent au chœur autant que ses forces lui permettront. »

« Le Chapitre, ajoute le secrétaire, vu les longs et louables services du dit maître Milcent, lui a, d’une voix unanime, accordé 300 livres de pension pour chacun an payables par M. l'Officier, et en outre jouira du canonicat de Saint-Piat dont il est pourvu, et assistera aux messes De Beata tant que ses forces le permettront, et ce pour soulager le maître de Psallette. » Là ne se borna pas la générosité du Chapitre; quand Milcent! fut malade en 1786, il lui accorda 48 livres de subvention, et lorsqu'il mourut il fit les frais de ses obsèques.

Son successeur, François Courtois, diacre du diocèse de

Chartres, fut nommé le 2 janvier 1777, mais devint clere

de l'Œuvre le 2 mars 1780, et mourut le 15 janvier 1789 à 47 ans.

Mathurin-Pierre Le Paget, prêtre de l'Hôtel-Dieu, le remplaça comme maître jusqu’en 1789, et ensuite comme clerc de l’'Œuvre ; il fut remplacé lui-même, le 27 juin de cette année, par Louis-Léonard Moriette, prêtre, qui fut élu à la pluralité des voix contre Guillard, sous-diacre de la ville. Moriette fut le dernier maître de grammaire. Le 6 juillet 1791, il écrivit avec Desvignes à l'administration révolutionnaire pour solliciter un logement. Elle lui fit répondre aussitôt qu’un maitre de latin était inutile. Par lui finit la longue dynastie de ces humbles directeurs de

la vieille Maîtrise ?.

Si ces maîtres n'avaient pas réussi à maintenir les ? études au même niveau qu'autrefois, c'est que la musique et les offices leur enlevaient tout le temps nécessaire. Ils s’en plaignirent plusieurs fois’; les Commis à l’'(Euvre s’associè- il rentà leurs doléances. On régla qu’en principe on consacrerait à la grammaire l'intervalle qui demeurait libre entre la messe de Saint Piat, chantée de suite après Laudes, et la messe De Beata, et que le maître serait exempté, pour faire sa leçon, de l'obit du matin. Mais cet intervalle réservé fut

1! Le Page fut incarcéré en 1793, exerça le ministère à Chartres et aux environs en 1794, fut curé du Gué-de-Longroi, en 1803, de Champseru, de Coltainville en 1806, puis chapelain des Aveugles, à Chartres, en 1826, et mourut en 1836, à 91 ans (Chronologie, Beauhaire).

2 Moriette fut ensuite desservant de Fruncé, puis en 1795 de Saint-Mauricede-Galoup, près Courville; il devint en 1808 chapelain du château de Spoir, brigua la cure de Mignières, et finit par être curé de Vert-en-Drouais, en 1817; il démissionna en 1830, se retira à Dreux, et y mourut en 1837, à 77 ans (Chronologie).

mnetiaine * paie: à J''hnset

bientôt attaqué lui-même par le chanoine Robert qui fonda dans l’église de Sous-Terre une messe à chanter par les enfants après Matines (1656). De Ià, nouvelles plaintes, entre autres en 1662, qui aboutirent non point à la restitution du temps perdu, mais à la fondation par ce chanoine d'une rente de 50 livres pour le traitement d'un maître d'écriture.

De plus, certains maîtres découragés ou jaloux furent inexacts. Massot, en 1702, prenait des congés à toutes les fêtes remises, sous prétexte que le maître de musique accaparait les enfants, et il ne leur montrait pas le latin. Mais on lui lut le Règlement de 1699, portant que tous les jours entre la messe de Saint Piat et de la Sainte Vierge, il devait apprendre aux enfants le Martyrologe et la grammaire. Heureusement une autre mesure, qui devint bientôt une règle, rendit aux maîtres leur fonction plus facile. Pendant presque tout le xvin siècle, afin d'empêcher que les enfants fussent seuls, le Chapitre et les maîtres de musique obtinrent qu'ils prirent leur logement à la Maîtrise; mais la Révolution sonna au moment où ils auraient fait profiter leurs élèves de cette présence continue.

Une autre raison explique la chute des études latines à la Maîtrise. C’est que, pour avoir des voix plus fraîches et plus maniables, le maître de musique choisissait les enfants très jeunes. En entrant, beaucoup ne savaient ni lire ni écrire; en 1612, les Commis à l’'Œuvre chargèrent un certain Maillet de leur donner deux heures de leçon d’é-

criture par jour. On renouvela la même constatation en

1663, et c’est alors qu'on accepta la fondation du chanoine

Robert, qui, pour faire admettre la messe qu'il instituait à la Crypte pendant le temps réservé à la grammaire, établit une rente annuelle de 50 livres pour un maître d'écriture et de lecture. Dès lors il y en eut toujours un à la Maîtrise !.

On le choisissait parmi les laïques qui professaient le métier d'écrivain, comme on disait alors, après un examen de leurs divers spécimens d'écriture. La Ronce, qui fut le premier titulaire de cette charge, de 1663 à 1680, achetait tous les ans 30 mains de papier environ, et recevait tous les deux mois pour cet objet 75 sols 6 deniers. Après lui ce fut David, puis de 1729 à 1743, Robert. Celui-ci était en mêmetemps maître de violon, et pendant 14 ans joua de cet instrument et de la basse de violon, au chœur; ce qui lui valut à son départ une gratification de 20 livres. Ménager demeura de 1743 à 1746, Rouillier ne fit que passer, ainsi que Franchette en 1752. Douglas se fit tristement renvoyer en 1767, pour avoir excité son fils à la révolte contre le maître de musique. Après lui, Franchette revint quelque temps, mais pour céder bientôt la place à Huchet, qui l'occupa pendant près de 38 ans, jusqu’au milieu de la

Révolution ?.

2 G. 499, 493, 494, etc.

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