CHAPITRE IV
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\ 4 L'histoire des maîtres de musique, parallèle à celle des maîtres de grammaire, se divise en deux périodes: la première, du xiv° au xvi° siècle, où ils ne furent que les auxiliaires ou les seconds de ceux-ci; la deuxième, du | xvI° au xvin° siècle, où ils furent à leur tour les vrais
chefs de la Maîtrise.
Nous ne reviendrons pas sur les premiers maîtres du | xiv° siècle, Robert d’'Etampes, Thibault, curé d’Ymeray, Robert Lescot, Robert de Mantes, ni sur leurs aides. Nous
l'avons dit, ils portaient indistinctement le fardeau du D: double enseignement. Ne lisons-nous pas que les heuriers, 1 c'est-à-dire les chantres, devaient réciter leurs psaumes NE par cœur, tous à la fois, à Robert d'Etampes et à son auxiliaire, Simon, et que Jacques de Grandreville, adjoint à Thibault après Encelot et Auxelle, fut nommé pour le | servir, in arte cantandi et legendi, comme eux? Certains | indices cependant permettraient de supposer que plusieurs | maîtres, tels que Thibault, qui avait été recteur des he : grandes écoles, ou Robert Lescot, qui reçut plusieurs éco- HT lages, se réservaient de préférence la grammaire, et
cédaient assez volontiers la musique, comme une science
secondaire, à leurs compagnons. Cette division, quiexistait de fait quoique non de droit, prépara sans doute la dis-
tinction officielle entre les deux enseignements.
Nous avons vu que celle-ei fut définitivement établie avec Jean de Santander, lequel fut le premier maître de musique nommé comme tel en 1378, et il semble qu’à partir de cet artiste, pendant tout le xv® siècle, le Chapitre préoccupé déjà d’avoir une bonne musique, eut à cœur de chercher au loin les meilleurs musiciens. Il leur écrivait, les faisait venir et leur payait leur voyage, puis il les examinait, s’informait de leur science et leur faisait prêter serment.
« Que Jean de Santander, disait-il dans une ordonnance à son sujet, soit maître des enfants d’aube dans l'art du chant, s’il en est trouvé capable; c’est pourquoi qu'on lui écrive de venir à Chartres et qu’on l’indemnise de ses frais de route, et s’il ne reste pas, de ses frais de retour {. »
Deux de ses successeurs paraissent être aussi venus du dehors. Si l’on en juge par son nom?, Jacques de Vuisques
ou de Morino, dont nous avons encore deux marchés au
.sujet d’un livre de miniatures et d’un Missel (1401 et
1404), était un étranger. Tel était certainement Guillaume le Bourgoyn *, en 1404. Il provenait de Faremoutiers, et comme Jean de Santander, il fut défrayé de son voyage
moyennant 20 livres par le Chapitre. D'où étaient, Et. le
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Métayer !, collaborateur en 1412 de Nicolas Loiseleur ?, et P. Moyer * qui, en 1420, le second après Jean de Santander, fut nommé expressément instructor puerorum in musica? Nous ne le savons. Nous ignorons aussi ce qu'ils firent, sauf que celui qui était maître en 1413 « recut 35 livres pour avoir écrit et noté par quatre fois un répons!, lequel on chante chacun jour en faisant la procession par l'église. » Notre ignorance est plus grande encore, elle est complète, au sujet des maîtres suivants jusqu’à Jehan le Buègue en 1476 ?. Quant à celui-ci, un traité conclu avec Guillaume Gohier, tonnelier, nous apprend qu'il était artiste réputé. Cet homme lui confia son fils « pour le servir bien et honnestement en toutes choses licites et pérmises, pour ainsi que le dit maître Jehan sera tenu lui montrer de la musique pendant le dit temps. Et par ce dit moyen le dit Gohier sera tenu paier au dit maître Jehan pour l’introducion de son fils, 100 sols à la Purification. » Mais on ne nous dit pas quel était son pays.
Son successeur, Richard Berthelot5, était certainement un étranger comme Jean de Santander, Jacques de Vuisques et Guillaume le Bourg'oyn: comme eux il avait été examiné: on avait de même pris des renseignements sur sa science, sa probité, sa capacité, et après cela on
l'avait accepté aux gages accoutumés, en lui accordant les
* Comptes de l'Œuvre, de 14141415, p. 21, 93 août. 5 G. 178, £. A5.
SR. C., 1009, f. 89, 98, 117, 118, 149, 159, 211.
draps de l’église et une stalle. On l’avait accepté, disonsnous, parce que, trait à noter, il avait demandé [ui-même à venir, comme si dès lors la Maîtrise se donnait au concours. Il semblait d’abord avoir un bel avenir. Au moment où il était appelé, les affaires du maître de grammaire étaient en baisse. Gilles Mureau venait d’être chassé à cause de sa servante et le Chapitre se proposait de donner au nouveau venu la direction de la Maîtrise. Malheureusement, il retarda son arrivée et on dut le remplacer provisoirement par un heurer matinier, nommé Pierre Ménard. Celui-ci ayant fait du scandale à l’église, on pria Richard de se hâter. Il était là en 1484, mais il ne réussit pas dans son gouvernement. À peine arrivé, 1l demanda huit jours de congé pour aller visiter sa cure; il passa pour être incapable de tenir ses enfants; il ne sut garder la paix avec ses voisins. Nous avons déjà vu qu'il fut injurié par Guillaume Mallet, maître de grammaire. Celui-ci était poussé sans doute par la jalousie. Néanmoins, après cet esclandre, le Chapitre ordonna une enquête sur la gestion de Berthelot : super administratione, regimine, doctrina et correctione puerorum ; et cette enquête aboutit à une
ordonnance sévère de renvoi, le 16 février 1485.
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Après cette crise, le Chapitre, soutenu sans doute par la vogue universelle dont jouissait alors la musique, maintint la direction de la Maîtrise aux mains du maître de chant. En 1498, elle appartenait à maître Jehan de
Laon, prêtre heurier matinier, « maistre des enffans