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d’aube ! » qui se choisit, le 21 juin, des procureurs pour recevoir tout ce qui pouvait lui être dû en la ville et diocèse de Chartres, tant à cause de l'administration des enfants qu’autrement. L'un de ses procureurs était peutêtre Hierosme de Clibano, qui se voit comme maître la même année. Leur successeur, Jean de Montillet?, tomba en démence et pendant quelque temps il fallut le remplacer par un musicien sage et prudent; son père, sa mère et ses sœurs s'étaient installés auprès de lui pendant sa maladie. Quand il fut guéri, on dut les expulser, et on ne lui permit que d’avoir une femme honnête pour servante. Peut-être lui laissa-t-on aussi son frère P. Montillet, à titre d’auxiliaire ? Les suivants passèrent vite ou subirent des contretemps. Jean Sohot ? prêta serment ad caput B. Annae, le 24 mai 1512, et fut installé « parte decani, le 19 juin. Mais sa place était déjà vacante le 27 juin 1513, et il n'était remplacé que le 3 octobre par Maurice Auberge “. Celui-ci fut emporté par la peste, croit-on, avec son notateur, dès le 24 mars 1515. Comme le fléau sévissait toujours, on lui donna pour continuateur un homme important, Michel Bart ?, qui était chanoine depuis 1511 et fut aussi curé de Bailleau-sous-Gallardon et administrateur de l’Hôtel-Dieu de Pontgouin. Sur l’ordre du Chapitre en 1516, Bart renvoya les enfants de
la ville, emmena les enfants d’aube dans la maison de
3 Bibl. mun., 1016, Br., O. p. 78.
4 Bibl. mun., 1016, Br., O. p. 79. — G. 183, f. 276. 5 Bibl, mun., 1016, Br., O. p. 79.
campagne de Vauxjoly pendant plusieurs mois, et fit désinfecter leur maison.
De ses successeurs, Jacques de la Censerie !, mentionné le 11 janvier 1533 et remplacé dès le 14 août 1334 par Jean le Bouteiller ?, signalé en 1336, de Jean Guyon, maître vers 1541, de Guillaume Galles ?, indiqué vers 1555, de Nicole Grousil, qui paraît vers 1366 et meurt le 8 juin 1568, de Catherin Angenard, de 1366 à 1597, de Maury Bocheron, de 1597 à 1608, de Gilles Contet, de 1608 à 1611, nous ne savons presque rien. Jean Guyon était cependant un ancien élève de la Maîtrise, il devint chanoine et puis Commis à l'Œuvre; il dut travailler à sa prospérité. Nicole Grousil # était assez riche, si l'on en Juge par la vente de sa maison du Saumon et son testament *. Angenard Ô, instructor puerorum chori in musica, avait du goût pour la musique, et il obtint l’envoi de son neveu Catherin Fizelier aux écoles d'orgue de Paris. Bocheron ? n’eut pas l’heur de plaire à tout le monde et en 1603, ayant entendu dire qu'on voulait le destituer, il
offrit sa démission.
Mais les siècles d’or de la musique à Chartres furent les xvn° et xvinr° siècles. Alorsonremit, comme au xv° siècle,
la Maîtrise au concours, et l’on y appela de nouveau les ) Y
{ Bibl. mun., 1016, Br., O. f. 79.
? Bibl. mun., 1016, Br., O. p. 80.
4 Bibl. mun., 1016, O. p. 80.
He p00:
6 G. 282, f. 84. — QG. 384. — G. 548.
étrangers. Ces concours se passèrent généralement ainsi jusqu'à la Révolution. Après avoir déclaré la Maîtrise è vacante, le Chapitre écrivait aux principaux maîtres de musique des grandes Cathédrales, spécialement à ceux
qu'il convoîtait. Ceux-ci d’ailleurs, toujours désireux de
me 2
LE : changements, soit parce qu'ils avaient maille à partir avec leurs chanoines, soit dans l’espérance de gagner davan- F tage, se tenaient au courant de toutes les mutations. Ils arrivaient les uns après les autres, d'autant plus que leurs voyages, aller et retour, leur étaient payés; défrayés à la Maîtrise, ils faisaient chanter au chœur, le dimanche surtout, une messe ou des motets de leur façon; dans Le à la semaine, ils mettaient en musique des paroles qui LL leur étaient fournies ordinairement par le sous-chantre. | S'ils ne pouvaient venir, ils offraient leurs services par lettres, et envoyaient les meilleures de leurs œuvres musicales. Les chanoines nommaient une commission pour examiner leurs compositions, puis, réunis en Chapitre, ils élisaient à la pluralité des voix celui qui leur convenait. Cela fait, on le prévenait, on l’indemnisait de ses frais de déménagement, on l’installait, et de suite on le nommait chanoine de Saint Piat, en lui faisant prêter serment «d
caput B. Annae. Ge système de recrutement donna de bons
résultats au xvr° siècle.
Viobalin, maître en 1612, était du dehors; car on lui | accorda, l’année d’après, un congé de huit jours pour réle : œler ses affaires à la campagne, et un démissoire pour
4 se faire ordonner diacre. Sur Thomas Bernier!, signalé de
1° G. 548, 6 déc. — G. 252, — G. 387.
1622 à 1626, nous ne sommes pas renseignés: mais Vincent Jolliet !, son successeur, qui tint la Maîtrise pendant 24 ans, de 1626 à 1650, et fut l’un des plus grands maîtres chartrains, conquit sa charge par son savoir et ses examens. Enfant de chœur dès 1618 et chanoine de Saint Nicolas, il prit en 1622 un long congé, pour étudier aux écoles ou peut-être même dans les Cathédrales voisines. Reçu maître à son retour, il continua de travailler la musique. Î[l gagna au Puy de Saint-Julien du Mans, pour l'une de ses compositions, une croix plate d'or émaillé qu'il offrit à la Sainte Châsse en 1634. Amateur de l'orgue, il prit en pension lorganiste François Thibault, dès 1633 ?, et intervint au nom du Chapitre dans le marché fait pour la réparation des grandes orgues en 1635 ?. Il fut envoyé vers le même temps à Rouen ou à Paris, sans doute pour des questions de musique“. Il fonda la messe de Saint Vincent, son patron, en 1645, à condition qu'elle serait chantée par les enfants de chœur. Puis il mourut à la Maîtrisele, 11 août 16505, et fut inhumé le lendemain aux Jacobins. Nous avons encore l'inventaire fait après son décès 5,
Après lui, on élut Pierre Robert, clere de Paris, et ancien Spé, ou grandenfant de chœur de la Maîtrise de Notre-Dame,
qui fut reçu chanoine de Saint-Piat, le 15 septembre 16507,
? G, 255, 9 août.
3 G. 256, 4 mai.
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5 G. 340, Br., H. p. 29.
ff 84 LA MAITRISE DE CHARTRES Hi Son passage fut de courte durée, puisqu'il remit l'inventaire À de la Maîtrise le 29 mars 16821: de Chartres il se rendit à
Senlis. Pendant son séjour à Chartres, il avait invité, le
D à 20 septembre 1651, Bournonville ?, maître de chapelle de El . . à > .
a Notre-Dame de Paris, à venir chanter à la Cathédrale. Il lui (au P : ge : ?