‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 45 sur 153 · succéda, le 28 avril 1653*, et y resta neuf ans, jusqu en · texte numérisé non relu

succéda, le 28 avril 1653*, et y resta neuf ans, jusqu en

1662, où il prit la direction de la musique du Roi, qu'il

ar IIS ’ar 1 X Fétis à ñ de pe à garda jusqu'en 1684. Fétis rapporte qu il refusa à

{ ' Louis XIV de rajeunir ses motets dans le style de Lulli; il À dit aussi que Robert obtint au concours la Maïtrise de | Saint Germain-l'Auxerrois, mais cela paraît peu probable. il Il a publié de nombreuses compositions dont une partie | F importante est aujourd’hui conservée à la Bibliothèque | nationale et au Conservatoire ‘.

L'intérim fut rempli à Chartres par un chanoine

musicien, nommé Pierre Laurent. Celui-ci composa de la

musique pour Pâques et le clerc de l'œuvre lui acheta du

papier réglé pour l'écrire. Fétis signale de lui une messe

1 à quatre voix, ad imitationem moduli: Regina cæl, messe | 4 2e re 14 publiée par Ballard, en 1659.

4 G. 340, Br., H. p. 29.

| 2 G. 340, Br., H. p. 29.

3 M. Chartier (p.109) dit que Valentin de Bournonville, maitre de musique à Amiens, vint à Paris le 27 août 1646. Sa famille s'était distinguée dans le chef-lieu de la Picardie en formant de nombreux élèves. Louis XIIT avait appelé son père à Paris, et Gantez rapporte qu'il mourut maitre de musique à {it la Sainte-Chapelle. On a de lui plusieurs messes éditées chez Ballard, avec de vieux titres français. Son fils fit beaucoup de musique dans les offices, et le Chapitre dut lui rappeler, dans sa séance du 14 avril 1651, que les jours 9 de grande fête un seul psaume et le Magnificat pouvaient être chantés en mufe sique, le reste devant rester en plain-chant. Bournonville se retira en 1653 et HE | reçut un bénéfice de Saint Jean le Rond.

| 4 Chartier, op. cit. p. 111.

5 G. 340, Br., H. p. 29:

Le 29 avril 1652 !, Jean Jouet fut nommé maître de musique. Né en 1629, puis enfant de chœur, il s'était rendu si habile qu'il fut reçu sans composer, malgré l'opposition de plusieurs qui voulaient l'observation des règles, et malgré son jeune âge. Il n'avait que 23 ans. On exigea qu'il prit un valet au lieu d’une servante, et l'on obligea les parents à blanchir les chemises des enfants. Jouet fut un grand musicien comme Jolliet. En 1658, il obtint une plume d’argent au concours de la chanson à Rouen: en 1659 il gagna, au Puy de Sainte Cécile? d'Evreux, une médaille aussi d'argent”; il offrit ces deux objets en 1659 au Chapitre qui les agréa et fit déposer la médaille au Trésor. Cependant plusieurs chanoines, sans doute à cause de sa nomination extra-régulière, lui restaient opposés. En 1655, il fut remplacé momentanément par Jehan de Brie ‘; en 1662 il fut sur le point d'accepter la Maîtrise de Notre-Dame de Paris ‘. Le Chapitre, prévenu de son dessein, le retint en lui donnant un acte, par lequel, en vue de ses services passés et futurs, il lui promettait, en cas de maladie, les draps de l’église, un canonicat de Saint-Piat, 100 livres sur l'office , des distributions comme les autres, et la direction de la Psallette tant qu'il serait en santé. En 166% (12 déc.), il fut encore si chagriné par les insultes de certains heuriers matiniers, soudoyés par quelques chanoines, qu'il remit sa charge et l'acte du 5 juin 1662. Cette fois encore on put le retenir ;

1 G. 340, id.

2? Chartier fait un petit historique des Puys d'Evreux, op. cit. p 196 et 197.

3 G. 840, Br., H. p. 29.

4R. C., 16 avril.

5 G. 340, Br., H. p. 29.

on le retint de nouveau en 1685; mais, le 10 septembre 1687, il donna définitivement sa démission, après 37 ans de service. Il vécut encore à la Cathédrale, aidant son successeur, et demeura chanoine de Saint-Piat avec 100 sols par semaine. Il mourut, le 20 novembre 1702, et son corps fut inhumé à Saint-André!.

Nous avons encore son inventaire ?. Sa bibliothèque était celle d'un musicien et d’un érudit. On partagea les ouvrages de musique en deux lots. Les traités furent offerts au Chapitre; il devait s’y trouver une copie de la Théorie de la musique de Jean des Murs, copie très rare : Jouet l'avait jadis prêtée à dom Jumilhac, l’auteur de la Science et la Pratique du plain-chant (1673). Les morceaux furent offerts au maître de musique. On ne sait pourquoi ils furent refusés.

Parmi les mille autres ouvrages de sa bibliothèque, la plupart théologiques et historiques, il y en avait deux dont il était l’auteur. L'un, intitulé un Journal chartrain, subsiste encore aux Archives. L'autre était un appendice au Voyage de Munster et d’Hollande, de Claude Joly, chantre de Paris (1672), et se composait de trois lettres, adressées à ce chanoine par Jouet, les 7, 27 et 28 février

1669, sur la fondation et les ex-votos de Philippe Le Bel

‘dans l’église de Chartres.

Après son départ, la Maîtrise® fut mise au concours et

elle échut à Pierre Bourey, clerc du diocèse de Laon“,

1 G. 340, Br, EL. p. 46, — CG. 551.

3 G&, 340, Br.

qui prit possession de sa charge le 2 novembre 1687, à la procession de Sous-Terre, et s'installa chez lui, le 15 décembre, et à la Cathédrale, le 16. Ce maître ne le céda pas à Jouet et porta comme lui très haut la réputation musicale de Chartres. Il fut compositeur de musique sacrée et de musique profane. Entre autres morceaux, il fit cinq motets pour la Fête-Dieu des années 1689, 1690, 1691, 1692, 1693, deux pour le Roi (1691 et 1693), trois pour la fête de la Brèche, un pour l'entrée de l’évêque Godet des Marais. Après en avoir publié quelques-uns à part, il les réunit tous dans un petit volume qu’il dédia à Madame de Maintenon. « Ils sont tous tirés, lui disaitAl, de l’Eeriture Sainte. Il n’y a de moi que les liaisons, l’arrangement et le dessein. » En face des textes latins, ainsi composés par Bourey, se trouvaient des traductions en vers français, qui avaient pour auteurs Antoine Danchet, alors professeur de rhétorique et plus tard membre de l’Académie française, Louis Peu, docteur de Sorbonne et souschantre de Chartres, et Jean Lubriat, conseiller du roi au baillage de Chartres. Malheureusement la musique n’a pas été publiée avec le texte f,

Bourcy fit aussi la musique de plusieurs tragédies représentées au collège, telles que Ptolémée où l'Usurpateur puni (12 août 1681), Judith (20 février 1691), Annibal (12 juillet 1696). IL composa aussi lIdylle à la louange de Louis le Grand (16 avril 1693). Mais nous n'avons rien conservé de ces productions.

Ce maître mourut à la Maîtrise, entre le 13 avril et le

1 Bibl, de Chartres, 94/D. Recual de Motets, Est. Massot, 1695, 88 p.

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