‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 47 sur 153 · PET · texte numérisé non relu

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Nouvelle vacance, nouveau concours. Provisoirement, M. Nau fut chargé, le 26 août, de la musique; mais le grand enfant de chœur, Margat, s'en occupa plus que lui. Ce fut Margat qui, le 5 octobre, fit le motet pour la procession solennelle de la Sainte Châsse à Saint-André.

Deux candidats seulement, Pierre Chenu, du diocèse de Senlis, et Fauche, maître de Clermont, se présentèrent, l’un le 16 octobre, l’autre le 20. Ghenu, que l’on connaissait déjà, fut choisi d’abord le 11 décembre, mais, le 18, il écrivit qu'il ne pouvait pas encore venir. Alors on retomba sur Fauche, qui fut nommé le 26 décembre, mais lui aussi se déroba. On fut donc obligé d'en revenir à Pierre Chenu, et de l’attendre. Après avoir envoyé plusieurs lettres dilatoires, les 30 janvier et 17 février 1707, il finit par accepter, et fut définitivement installé le 18 mars comme chanoine de Saint-Piat. En 1718 et 1719, Chenu passa quelque temps à Beauvais pour y recevoir le diaconat et la prêtrise, puis il fixa son séjour à Chartres où il fut très considéré. Les marchands le prièrent de composer un Te Deum qui fut chanté aux Cordeliers, le 16 août 1721, et il prêta son talent à plusieurs cérémonies. Il savait l'orgue et 1l acheta le buffet de celui de Saint Piat. On le nomma chanoine de la Cathédrale en 1722. Il en profita pour se retirer de la Maîtrise, le 23 novembre de cette année-là. Il mourut à Chartres, le 13 mars 1742, à l’âge de 66 ans.

Pour le nouveau concours qui fut ouvert, on écrivit aux maîtres de musique de Notre-Dame de Paris, de Saint-

Paul, de la Sainte-Chapelle ; nous ne savons s’il se présenta

beaucoup de candidats. Charles Leschenault, maître de

musique des Saints-Innocents, et acolythe du diocèse d'Autun, fut élu le 14 décembre 1722. On lui fit beaucoup d’avances ; il fut installé chanoine de Saint Piat dès son arrivée ; le 11 mars 1723, on lui accorda 20 sols d’augmentation par semaine, et 200 livres pour frais de déménagement. Néanmoins il se retira le 29 avril 1724, au bout de deux ans, et de nouveau le Chapitre dut faire appel aux musiciens, tandis qu'il chargeait M. Crespy, l’un des heuriers matiniers, de montrer le chant aux enfants.

Cette fois les concurrents furent plus nombreux que jamais. Le 7 mai 1724, Louis Legras, maître de musique d'Evreux, fut autorisé à faire chanter une messe de sa composition, et le sous-chantre lui donna des paroles pour un motet qui serait exécuté le dimanche suivant après Complies, et dont il devait laisser la partition. On permit aussi, le 7 août, à Godard, maître de musique au Mans, de faire entendre quelques morceaux, et on lui fournit de même un texte de motet. Il recut de plus 60 livres pour son voyage. On vit encore Homet, maître de musique d'Orléans, le 10 septembre, celui de Vernon, le 18 du même mois, et celui de Mantes, le 5 octobre. Ceux de Cambray et Saint-Quentin s’offrirent par lettres à cette même date. Aubert, du diocèse de Chartres, chanta dans la Cathédrale, le 16 octobre, et composa un motet sur les paroles données par le sous-chantre. Le maître de Coutances s’annonça aussi le 28 octobre. Mais on en avait assez de ces musiciens, dont plusieurs accouraient parce que leur voyage était payé et n'avaient pas grand talent. On lui répondit ainsi qu'aux autres qu’il leur était permis

de venir, mais qu'ils ne seraient pas indemnisés de leurs

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frais de route. Et, chose curieuse, après avoir tant fait 1 1

venir de maîtres, après en avoir tant examinés et tant

payés, on finit par en accepter un qu'on n'avait jamais

vu et qui s'était présenté le dernier. C'était François

Pétoville, maître de musique de Langres : il avait écrit, le 1 décembre, qu’il s’offrait de venir à Pâques, et demandait quelles étaient les charges de la Maïtrise. Même le 28 dé-

cembre il avait envoyé son cerlificat de bonne vie et

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mœurs. C'était donc une affaire réglée et c'eût été une

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bonne affaire, car ce fut un maître fameux. Mais nouveau

ne éssranpéteiss

contretemps; ce Pétoville, après s'être annoncé pour la

Mi-Carême, puis pour la Pentecôte 1725, finit par envoyer

sa démission. Il se rendit peut-être à Laon, puis deux ans

après, le 12 mai 1727, il remplaça Lallouette à Notre-

Dame de Paris, où il mourut au commencement de 17301. Il ÿ avait un an que la Maîtrise était vacante et l’on n’était pas plus avancé qu'au premier jour. On ne pouvait plus recommencer le concours, et on revint au maître qui s'était présenté le premier et qu’on avait dédaigné, à René Louis Legras, acolythe du diocèse de Rouen, maître de

musique d'Evreux. Arrivé sur la fin de mai 1725, Legras

fit ses débuts à la Cathédrale le 24 juin. Il aurait fait un [li : bon maître, mais l'ambition le poussait, et, le 15 mars

1728, il obtint la Maîtrise de Rouen. Les Rouennais l'avaient

préféré à Antoine Fouet, maître de musique de la

Mn :: Cathédrale de Lisieux, qui se vantait de connaître plu- IF

Il sieurs instruments, surtout la basse de viole, et de savoir |A

He . . . . . .

b É dans une petite perfection, plain-chant, musique italienne et LE

IF 1 Son ami Nicolas André édita ses œuvres et les offrit au Chapitre de |; Paris en 1739.

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française, fleurty et composition. Cependant Legras, sans doute sur les instances du Chapitre, se désista de son droit sur Rouen et resta à Chartres; mais ce fut pour y tomber malade le 25 juin 1729. Il y mourut le dernier jour de février 1731 et fut enterré le 2 mars au cimetière Saint-Jérôme.

Sans plus attendre, dès le 17 mars, le Chapitre appela Louis Homet. Né à Paris, Louis Homet était entré à la Maîtrise de Chartres en 1710 et y avait été tonsuré en 1714. Il avait été l'élève du célèbre Bernier : successivement chantre en l’église d'Amiens et maître de musique à Orléans, il avait déjà brigué la Maîtrise de Chartres en 1725. Quand il y revint, il n’était encore que sous-diacre, mais il prit le diaconat et la prêtrise à Paris en 1732 et 1733. Les chanoines firent beaucoup d'honneur à leur ancien enfant de chœur. Ils lui conférèrent le canonicat ordinaire de Saint-Piat (29 avril 1731); ils lui soldèrent tous ses frais de réception pour la musique du roi, lors des pèlerinages de la reine, en 1731 et 1732 ; ils lui octroyèrent sur sademande, en 1733, 40 sols par semaine d’augmentation et 100 livres par an de gratification, « et ce pour l'estime que la Compagnie fait de ses talents pour l'instruction des enfants et le chant en musique, sans tirer à conséquence pour aucun autre. » Malgré tout, il brigua la Maîtrise de Paris en 1734, et l’obtint le 27 juin.

C'était un musicien estimé. M. Chartier dit qu'il rendit à cette Maîtrise un nouvel éclat, en reprenant les traditions anciennes et en les améliorant à l’aide de ses connaissances harmoniques. Il y resta jusqu’au mois d'avril 1749 et

continua de composer jusqu'à sa mort en 1771. Fétis rap-

porte qu’à la Bibliothèque de Paris et à la Maîtrise on trouve encore plusieurs de ses morceaux. Ce biographe possédait lui-même la partition de sa messe: in anniversaris. Il était, dit-il, l’auteur de l’harmonisation à quatre voix du Dies iræ en plain-chant romain, que l’on chante à Paris et dont l'effet est fort beau. Peut-être composa-t-il plusieurs de ces œuvres à Chartres ?

Jean-Baptiste Duluc, sous-diacre du diocèse de Bazas et maître de musique de la cathédrale de Tours, fut élu à sa place sur la fin de juillet 1734. Il avait déjà rempli cet office à Notre-Dame de Paris de 1730 à 1733, et était revenu à Tours. Il démissionna le 31 décembre 1737, et partit le 9 janvier pour sa chère Touraine, où le Chapitre le redemandait. Le Conservatoire a de lui plusieurs motets. Pendant la vacance, M. Robert fut chargé d'enseigner aux enfants la musique et le chant sur le livre.

D'ailleurs la Maîtrise, à cause de tous ses changements, devenait difficile à gouverner, et les maîtres qui suivirent eurent de grandes difficultés avec le Chapitre.

Le 18 mars, on choisit Antoine Goulet, sous-diacre du diocèse de Paris, maître de musique de Verdun. En 1739, on lui délivra un certificat de bonne vie et mœurs pour aller recevoir le diaconat à Paris: on lui accorda même, à cette occasion, un mois de congé, pendant lequel M. Martn fut chargé de donner des lecons de musique à la Maîtrise. Mais, dès 1740, ilcommencça de déplaire. M. Le Roy se plaignit qu’il n’assistait point aux offices et n'y accompagnait point les enfants. On le fit comparaître : on lui reprocha que les enfants étaient dissipés, ignorants des

cérémonies, et on l’invita à y prendre garde. Goulet le

promit : mais, dès la fin de 1740, de nouvelles plaintes s’élevèrent contre lui, parce que les enfants ne chantaient point aux versets de Tierce et de Complies, ni à l’antienne de Nunc dimittis. Mandé de nouveau en plein Chapitre, Goulet reçut l’ordre de rester à la Maîtrise, de veiller sur la conduite des enfants, et de les instruire tant dans la religion que dans la musique et le chant sur lelivre. L’infortuné fit encore les promesses qu’on voulut. Mais il essaya de se tirer d'affaire, et, le 13 janvier 1741, il se fitrecevoir maître de musique à Meaux. Déjà l'on avait chargé le maïitre de grammaire de veiller à sa place sur les enfants, quand, nous ne savons pourquoi, il demanda et obtint de rester encore. Ce fut un malheur pour lui : car, le 3 mai 1741, il fut congédié définitivement. Il concourut pour la Maîtrise de Rouen et se fit appuyer par le maître de musique de Notre-Dame de Paris, mais il ne l’obtint pas. Il fut, par la suite, maître à Saint-Germain-l'Auxerrois, puis à Notre-Dame de Paris, en 1748, à la place d'Homet; il y resta jusqu’en 1761 et y forma de bons élèves, entre autres Nicolas Homet !, neveu de son prédécesseur. Gérard Michel Benoist, prêtre du diocèse d’Autun, mañtre de musique de Saint-Etienne de Dijon, nommé le 17 juin 1741, n'était pas sans talents, car il composa des motets pour la chapelle du Roi. Mais il ne fut pas plus goûté que son prédécesseur. En 1743, on rejeta l’une de ses demandes d'augmentation. Le 31 mars 1749, MM. les Commis à l’(ŒEuvre rapportèrent « qu’ils avaient, conjointe-

ment avec M. le Doyen et le grand archidiacre, examiné la

1 Sur Homet, v. Chart. op. cit. p. 199.

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