‹ L'ancienne place des Célestins (souvenirs d'un Lyonnais)Chapitre 12 sur 16 · L'ANCIENNE TROUPE · texte numérisé non relu

L'ANCIENNE TROUPE

Puis, il y arait les représentations hebdomadaires au bénéfice de chaque artiste adoré du public lyonnais.

Car, à cette époque, suivant en cola Texemple parisien, on savait conserver^ à Lyon, les artistes sympathiques à la foule.

C'est ce qui explique, en dehors de leur talent personnel, la grande autorité qu'a* vaieQt sur le public ces comédiens réunis

54 L'AMaiMMI PLAGE DIS ciLUTOCS

depuis nombre d'années et formant, par ce fait, une troupe d'un ensemble admirable.

J'ajouterai, aux noms cités plus haut :

M" Toscan, Ballaury, Magnan, d'Herblay, Mathilde, Jacops, Michon, Danbrun, MM. Vernier, Fournier, Bardou, Dorsay, Ambroise, Gélicourt, Barqui. Ce dernier fut célèbre dans l'emploi des jeunes comiques; après une brillante carrière à Lyon, appelé à Paris au théâtre du Vaudeville, il y reçut la consécration de son talent ; ses deux fils occupent depuis longtemps un poste élevé dans l'architecture lyonnaise.

Puis, Martin, Laty, Seiglet, d'Herblay, Lebrtin, Paul Bondois, E. Bondois, Ménéhand. Saline, Gh. Lemaître, et jusqu'à l'infortuné Montbazon, de récente et bien triste mémoire.

Oui, Lyonnais, vous qui, en ce temps-là,

l'aihuuiiu vtAâK'on crihitfnm

étiez de fidèles habitués des plaisirs de la* place des Gélestins et de son théâtre, vous garderez longtemps encore le souvenir de ces belles soirées, de ces spectacles attracH* tifs, dont tout le charme résidait surtout dans un sentiment qui tend à se perdre de plus en plus : la conviction sincère de ces excellents artistes. Cette conviction, l'âme de l'art dramatique, se communique au spectateur, qui se trouve fasciné, transporté dans l'idéal ou la réalité de l'action, s'identifiant avec le personnage au point de n'avoir tous deux qu'une même âme et qu'un même souffle.

C'était là, autrefois, jointe au talent des artistes, la meilleure source de l'effet et du succès des grands ouvrages dramatiques.

Aujourd'hui, tout cela est bien changé ; le spectateur sincère et impressionnable

est traité de bon gobeur, et oo le blagoe, en disant, avec un sourire sceptique : — * Ah ! en voilà un qui ^t>it que c*est arrivé!

Page 1