‹ L'ancienne Rome: sa grandeur et sa décadence expliquées par les transformations de ses institutionsChapitre 24 sur 60 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Jules César.

César ayant fait franchir à son armée le Rubicon, qui marquait la frontière entre la Gaule cisalpine et Tltalie, marcha rapidement de manière à s'emparer de quelques ports situés sur la mer Adriatique. Les populations des contrées qu'il traversa se montrèrent favorables à sa cause et il entra dans toutes les villes sans résistance.

Pendant ce temps. Pompée étant convaincu qu'il avait peu à attendre de la population de Rome, même pour le recrutement de ses troapes, et redoutant peut-être des mouvements insurrectionnels dans la capitale, avait pris la grave et compromettante décision d'abandonner la ville entièrement, pour se porter en Campanie. Il avait prescrit à tous les magistrats de l'y suivre en emportant le trésor public et les richesses des temples. Tous les sénateurs furent invités à quitter Rome pour ne pas tomber au pouvoir de César et poar mettre l'autorité du sénat, ou du moins ce qui en restait, du côté de l'homme qui défendait sa cause.

Devant l'activité de César, Pompée ne tarda pas à s'apercevoir que sa situation en Campanie était compromise et il se décida à abandonner l'Italie en transportant son armée au delà de la mer Adriatique. Il était encore dans le port de Brindes avec une partie de ses troupes, parce que sa flotte n'avait pas suiii à les embarquer toutes à la fois , quand César arriva devant la place pour tenter de s'en emparer en fermant l'entrée du port. Pompée n'échappa à son adversaire qu'en faisant embarquer le reste de ses troupes dès que sa flotte fut de retour, et il alla chercher, dans les possessions orientes de la république, des éléments de force qui lui manquaient en Italie. Le sénat, en grande majorité, suivit Pompée pour le seconder dans sa tâche en lui donnant l'appui de son autorité sur les provinces.

César n*a;azit pas à sa dispositloa la fl-Mte moûi^temerA Pompée aa ddàde la ser^Tint à jfnss^ 4e caln^r les craintes qui T<mîeiit 6g^ le renoorellement des massacres et des proscriptioBs à loor par Marias, par Sylb, et par toas cesx des de ces époqoes troublées qni aTaient appayé levr force. Mais Gésar fit rentrer la confiance dans tooies la montrant qa'îl snmait une tonte antre ligne de coBdmla.lI< sor la clémence ponr concilier tons ses admsaîres àla serrait, et il se présentait comme n'ayant pas fantre tion qne celle de l'intérêt public.

Pour acquérir Tantorité légale qui lui manquait, et pour tuer dans Rome un gouvernement régulier, il se fit f abord par les comices populaires, le titre de dictateur, et Q se seniti pouvoirs de cette charge poar convoquer les comices de sorte qu'il fut nommé consul, pour la seconde fœs, Tannée] on il était rééligible. Quoiqu'il eût très bien réussi jusqu'à cei ment dans sa périlleuse entreprise, puisque l'Italie était sounil son autorité et qu'il avait rétabli à Rome le siège du gouTi la tâche qui lai restait à accomplir était encore très grande, cvi adversaire demeurait maître de toutes les provinces, à l'eK des Gaules. César se hâta d'envoyer tout d'abord une expéditki' chargée de s'emparer de la Sicile et de TAfrique, dont lesUfe. étaient indispensables à la nourritare de Rome et de l'Italie; îbÀ cette expédition n'eut qu'un succès partiel, car si deux de ses lientenants parvinrent à s'emparer de la Sicile et de la Sardaigne, ap en avoir chassé le gouverneur du parti de Pompée, ses trôuptf échouèrent dans leurs efforts contre leurs adversaires sur la t«fl d'Afrique. Gomme il avait laissé trois légions dans la province otf' bonnaise, en quartiers d'hiver, il résolut d'aller se mettre à leurtèU pour entrer en Espagne, dont les ports envoyaient aussi du blé i l'Italie; mais Marseille ayant pris parti contre lui, l'obligea à perdra du temps pour l'attaquer, et son expédition d'Espagne ne fut poia entièrement décisive.

lu àRome, où Lépide avait exercé Tautorité en son absence, u' Antoine avait eu le proconsulat de l'Italie, César, profipréparatifs de guerre faits d'après ses instructions, en son , entreprit de porter la guerre enThessalie et en Épire, malipériorité des forces navales que ses adversaires possédaient ner Adriatique. Les risques de la traversée n'étaient qu'une Bs dangers de cette guerre, où César allait avoir affaire à une )maine très supérieure en nombre à celle qu'il commandait, ée avait neuf légions, composées, d'après la règle constante, BUS romains, et, en outre, des troupes auxiliaires comptant )re de soldats encore plus considérable. Sur les neuf légions, ient venues dltalie ; une sixième, qui ne comptait que des aguerris, avait été formée des vétérans provenant de deux congédiées; la septième était formée de vétérans établis en 1 huitième et la neuvième avaient été levées en Asie. A cette les citoyens des colonies, jouissant complètement du droit entraient par cela même dans les légions, quand ils étaient au service militaire. Cela permettait de lever des légions «que toutes les provinces, et donnait le moyen de porter la livile dans toutes les contrées. Labienusj voulant donner à la confiance de livrer bataille à son rival, lui disait : « Les le César, que vous voyez, sont composées de levées faites ces is années dans la Gaule citérieure et dans la Gaule transpa-

lée, malgré cela, fut pendant quelque temps irrésolu, et on îndant que César avait rangé son armée dans la plaine pour 'la bataille, placer ses troupes devant son camp, de manière roisième ligne touchât ses retranchements. Son armée, ainsi pouvait, paraît-il, être protégée sur son front par les traits u rempart. Ainsi, le camp contenait des machines de jet, îs de manière à tirer par-dessus les troupes amies, mais ces js manquaient sans doute encore de mobilité, taille de Pharsale, livrée sur mer, dans des conditions moins ibles à César, fut loin de mettre fin à la lutte, quoiqu'elle

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I''ift/;fil '^i (A .'IV ;î vait port^; .s^îS pas, il .s'^italt efforcé de se conr»li':f .v;n ^vlict-Mirc/^ par la cl»^;rfiCrice. En Espagne, il ouvrit les r;irij^,î; 'J': Ron ;ir/r/:^, /i lou.H ]';h vaincus d^: l'autre parti qui témoiyui'tt.ui\*' t\hArtVu t;uU('s. \\ ^; t/; nd ail ses g^: né rosités jusqu'aux habilii/ifî; rjii pay:;^ fj'lié.iviiafii point k donner les droits de citoyen romaifl

m récompense des services qui lui étaient rendus. César avait reçu^ Il son retonr d'Afrique, les honneurs de quatre triomphes : un premer sur les Gaulois, un deuxième sur l'Egypte, un troisième sur niamace et le quatrième sur Juba. Les succès remportés dans les pierres civiles n'étaient pas de ceux dont on pût rendre grâce aux ficox. Au retour d'Espagne, le sénat éprouva l'embarras d'avoir à ijoater encore à des pouvoirs et à des honneurs dont la liste paraissait épuisée. César, à son retour d'Afrique, avait été nommé pour Iras ans préfet des mœurs, titre nouveau. On lui avait attribué des dkevaux blancs pour son triomphe; il siégeait dans le sénat sur une iôise curule, avec le droit d'opiner le premier. Sa dictature, quatre ins renouvelée, avait été rendue décennale, elle devint viagère. Il mût le privilège de donner, dans tous les jeux du cirque, le signal xmr diriger Taction. Son nom fut donné à un des mois de l'année. km char fut placé dans le Capitole, en face de Jupiter, et il fut lui- }rime représenté debout, sur un globe d'airain, avec une inscription pd lui donnait le titre de demi-dieu. La liste des distinctions qui ni forent votées par le sénat serait plus longue, mais il est inuile d'énumérer celles qu'il refusa. Au milieu de cet entraînement, laquel la flatterie n'était point étrangère^ les sénateurs, qui lui ^ent hostiles au fond du cœur^ furent les plus empressés à combler t mesure, dans l'idée de le rapprocher du rang royal, qui était, lepnis un temps immémorial, l'objet de l'animadversion publique. Test ainsi, sous l'inspiration de sentiments divers, que le sénat ittribua à César le droit de porter en tout temps la robe triomphale, H jDMrè assis partout sur une chaise curule. On lui donna le nom wWiali de la patrie, et ce titre fut inscrit sur les monnaies. On (fenSht enoore qu'il serait censeur, seul et à vie; qu'il jouirait du ^ihSègé résfervé aux tribuns du peuple, c'est-à-dire que l'injure Il bi adressée par action ou par parole serait sacrilège et vouée à Yeiécration des dieux.

Wuâeurs de ceux qui lui décernaient tant de pouvoirs et de pri- ^igcs y trouvaient des motifs d'accroître la haine qu'ils lui por-r ^ûent coomie à un ennemi né de leur ordre. La clémence de César

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n*avait point guéri les blessures qu'il avait faites à l'honneurclD corps et à ses sentiments aristocratiques, en introduisant des étrangers dans le sénat de Rome. César, en effet, voulant y acquérir nae majorité sûre, avait porté à 900 le nombre de ses membres, et il avait profité de cette occasion pour donner cette haute position i beaucoup de personnages nés en dehors de Rome. De là desméoot tentements profonds, qui concoururent sans doute à déterminer h conjuration qui se forma. Les sentiments en fermentation dans la âmes amenèrent, parmi les sénateurs, un complot pour mettre Géar à mort. Il fut tué, comme on sait, à coups de poignard, en pleine assemblée, par ses collègues.

De 705 à 710, année de sa mort. César n'avait fait à Romeqna des séjours de courte durée, et il était sur le point de s'absâtter encore une fois pour aller combattre les Parthes, quand il périt de la main de ceux dans lesquels il avait mis sa confiance. Son titre de dictateur à vie, joint à celui de préfet des mœurs, le droit qu'il s'était attribué de créer des familles patriciennes et de donner à des sénateurs de rang prétorien le rang consulaire, la couronne de lasrier et la pourpre triomphale, qui étaient des insignes exceptionnels destinés à le séparer des autres grandes autorités, et plus encore ' peut-être sa tête figurée sur les monnaies romaines, toutes ces ci^ i constances réunies avaient persuadé aux plus illustres des séna- ^ teurs qu'ils avaient droit de le mettre à mort, pour obéir à la loi i fondamentale qui avait condamné d'avance celui qui aspirerait à la '. royauté.

Par un contraste qui mérite d'être remîirqué, Sylla, dont les proscriptions impitoyables avaient couvert de sang Rome et l'Italie^ avait fini ses jours dans la tranquillité, après avoir rendu au sénat toute l'importance de ses attributions, tandis que Jules César, qd voulait y porter atteinte, périt sous les coups des plus hauts ptf^ sonnages, de ceux même qui lui devaient le plus de reconnaissance 1 les uns pour les avoir épargnés, les autres pour les faveurs qn'il leur avait accordées. C'est en vain que sa politique avait été guidée^ pendant le cours des guerres civiles, par une douceur inaccoutumée;

a qu'il avait adopté pour principe que son œuvre n'acquerrait la durée, s'il ne faisait grâce aux vaincus. Les sénateurs ne ent voir en lui que ce qu'il était en effet, l'homme dangereux es prérogatives de leur corps. Le meurtre eut lieu cinq ans le passage du Rubicon. César avait consacré presque tout ce à la répression des guerres civiles les plus formidables; et il I; déployé, plus encore que dans la conquête des Gaules, les rces de son génie militaire. Il n'avait point fait connaître ses i, comme homme d'état; mais il n'avait point dissimulé son on de demeurer le maître, en appuyant son autorité sur des s permanentes, c'est-à-dire sur des troupes entretenues et s pendant le temps de paix.

hs avoir pris des mesures pour conserver sur pied plusieurs gions soumises à son commandement, il avait donné de sa lion les raisons suivantes : « Mes soldats, avait-il dit aux iteurs, ne doivent vous inspirer aucune crainte; vous ne devez en eux que les gardiens de votre autorité comme de la ane. Il y a plus d'un motif pour les maintenir sur pied. Ils nt entretenus non contre vous, mais pour vous, se contende ce qui leur est accordé et reconnaissants envers ceux qui mr donnent. Si l'impôt a été plus considérable que d'habi- I, c'était pour ramener les séditieux à la raison, et pour que vainqueurs, pourvus du nécessaire, ne fussent pas entraînés à édition. Je n'ai rien employé de cet argent de l'impôt pour i compte personnel; au contraire, j'ai prodigué pour vous tout [ue je possédais, empruntant de grosses sommes à des taux aires. Ce qui reste sera employé pour l'ornement et les ans de la ville. C'est sur moi que retombe l'odieux des impo- •ns, tandis que c'est vous qui en avez les avantages, y compris L qui résulteront d'une force militaire entretenue en pcrmaîe. »

•ésolution, arrêtée par César, de garder à sa disposition per- 11e des troupes permanentes, est un indice de son intention •cer le pouvoir souverain, pendant toute sa vie, pour le trans-

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