CHAPITRE VII
L'année permanente.
La conslitulion impériale, en remplaçant le système des armées temporaires par celui des troupes permanentes, et en substituant au service obligatoire pour tous les citoyens le recrutement par des engagements volontaires, a réalisé dans l'organisation militaire de Rome un changement radical auquel rien de ce qui avait précédé ne saurait être comparé. Cette transformation fut facilitée par des circonstances qui l'avaient pour ainsi dire préparée; car, depuii que les frontières avaient été portées très loin de l'Italie, les citoyens enrôlés dans les légions avaient dû rester sous les armes plus longtemps que par le passé, et ils s'étaient habitués à considérer la condition de soldat comme une profession convenable pour les années où le corps conserve sa vigueur et les membres leur agilité.
Auguste, en suivant sur ce point l'avis de Mécène, a sans doute été déterminé par les deux motifs que son conseiller avait exposés à l'appui de son opinion. L'un de ces motifs consistait en ce qu'il n'était plus possible de protéger les frontières sans y avoir sans cesse des troupes prêtes à repousser les agressions; l'autre, que l'État serait ingouvernable tant que, dans chaque cité de l'Italie et dans la cité de Rome surtout, il y aurait possibilité, pour toute révolte, de lever des troupes prêtes à combattre immédiatement.
L'armée entretenue par Auguste compta vingt-cinq légions stationnées dans les provinces militaires et neuf cohortes prétoriennes stationnées, trois à Rome ou dans le voisinage, et les autres sm divers points de l'Italie. L'effectif de ces troupes permanentes ne devait pas dépasser ni peut-être atteindre deux cent mille combattants, en y comprenant la cavalerie, la garde urbaine de Rome et une garde germaine très peu nombreuse, qui fut licenciée après le désastre de Varus.
Auguste institua aussi deux flottes permanentes^ Tune à Misène^ i'autre à Ravenne. Les matelots et les soldats de marine n'étaient point pris parmi les citoyens ; ils se recrutaient parmi les esclaves ou les étrangers.
A la mort d'Auguste, les 25 légions étaient réparties ainsi : l dans la basse Germanie, 4 dans la haute Germanie, 3 dans les )rovinces espagnoles, 2 en Afrique, 2 en Egypte, 4 en Syrie, 2 en ^annonie, 2 en Dalmatie, 2 en Mœsie. Sur les neuf cohortes préoriennes stationnées en Italie, il n'y en avait que trois à Rome, omme on vient de le dire, et ce fait est à remarquer, car cette épartition des troupes ne donnait que 3,000 hommes de garnison la capitale et 9,000 à toute l'Italie; il y avait dans les provinces ['immenses territoires sans aucun soldat, ce qui tend à prouver [ue le gouvernement impérial avait obtenu dès lors l'assentiment t même l'attachement des populations.
Le système militaire d'Auguste comportait pourtant de plus {randes ressources que celles dont la liste vient d'être donnée, car l disposait, en outre, des troupes auxiliaires fournies tant par les )rovinces soumises que par les États alliés, conformément aux iauses de leurs traités. Ces troupes étaient levées suivant les beîoins et les circonstances, mais ni leur organisation ni leur effectif le sont mentionnés par les historiens contemporains. Le récit des événements de la guerre et celui même des principaux incidents les batailles rangées ne donnent point les détails qui pourraient iclairer ce sujet. Tout porte à croire qu'au temps d'Auguste on suivait encore la règle antérieure de ne pas mettre dans une armée un lombre de troupes auxiliaires beaucoup plus considérabh que celui les légionnaires. Ainsi, Auguste n'a probablement jamais eu sur ded, pendant son règne, un effectif de troupes s'élevant à quatre ent mille combattants, parce qu'il ne fit jamais la guerre sur toutes es frontières à la fois.
Dans le système défensif qu'il adopta, les légions durent généraôment stationner, en temps de paix, non loin de la frontière qu'elles protégeaient, et parfois aussi s'établir de manière à pouvoir se porter
promptement sur quelque autre point déterminé. Un gouverneur de province disposait de ses légions pour agir, sans perdre de temps, contre l'ennemi; il pouvait appeler en outre des troupes auxiliaires dont le nombre était fixé. Si ces forces ne suffisaient pas, le gouverneur d'une province non menacée était envoyé au secours de celui qui était attaqué par des forces supérieures aux siennes. Les gardes prétoriennes, placées au centre de l'empire, formaient une résene de troupes d'élite qui se portait là où son action devait produire le plus d'effet.
Les succès militaires obtenus sous le règne d'Auguste, et l'extOQsion des frontières qui en fut la conséquence^ témoignent delà valeur de ces troupes permanentes, dont l'instruction fut sans doute plus complète que celle des armées antérieures. Le légionnaire de profession fut astreint pendant la paix à des exercices propres à le tenir sans cesse prêt à la guerre. La marche, la manœuvre, le saut, l'escrime, le maniement du javelot, la gymnastique, la natation, se partageaient l'emploi du temps avec le travail de fortification passagère qui préparait les troupes à ne jamais camper sans s'entourer d'un massif de terre précédé d'un fossé.
Les légionnaires demeuraient si longtemps au service qu'ils pott-» vaient encore, sans préjudice pour leur instruction militaire, être employés aux travaux publics. Dès le règne d'Auguste, ils exécutèrent non-seulement des ouvrages de fortification permanente et des routes militaires, mais des canaux, des ponts, des ports, des temples et d'autres édifices.
Les troupes auxiliaires ont pu participer parfois aux mêmes travaux civils quand, envoyées d'une province dans une autre, eLes furent maintenues sur pied pendant l'hiver, ou même pendant tout un intervalle de paix entre deux guerres. Il est certain que ces soldats des provinces, qui n'avaient point le titre de citoyen romain, ont été parfois gardés sous les drapeaux pendant plusieurs années de suite. Tacite, en effet, après avoir indiqué les emplacements des légions de Tibère, ajoutait : « On avait en outre distribué dans les « provinces, sur des points convenables, les flottes, les corps de
t cavalerie (alx) et les cohortes auxiliaires {auxilia cohortium)^ qui « présentaient un effectif à peu près égal, niais qu'on ne saurait pré- ( ciser avec certitude; car, suivant les circonstances, les auxiliaires ( allaient d'un pays dans un autre, et leur nombre était tantôt augmenté, tantôt réduit. >
Au moment où Auguste forma les légions permanentes, il n'eut ae l'embarras du choix des volontaires pour les recruter. La guerre îvile avait amené la mise sur pied de 74 légions, et Auguste à lui lul en avait 44 sous son commandement, soit direct, soit indirectw oin de manquer de soldats, il n'éprouva de difficulté que quand
eut à licencier ceux qu'il ne pouvait pas garder. Placé sous nfluence de ces causes accidentelles, il ne prévit pas que, dans ivenir^ il y aurait difficulté à se procurer des soldats. Ayant vécu ans un temps où les populations étaient trop belliqueuses, il ne revit pas que les volontaires pourraient un jour manquer et ne >nçut même pas l'idée qu'il pût y avoir des lois à édicter pour Bsarer le recrutement de cette armée devenue permanente. L'avenir qui devait développer les funestes conséquences de Btte imprévoyance ne fut pas long à apparaître ; car, dès l'an de L(Mne 763, Pan 9 de notre ère, Auguste vit un symptôme des mbarras qui devaient s'accroître avec le temps pour ses succèsears. La catastrophe qui avait anéanti les légions de Yarus dé- SMivrait la frontière nord-est de l'Italie que les Marcomans menaçaient d'une invasion. Auguste fut si préoccupé de ce péril qu'il fit entendre au sénat des paroles empreintes de ses profondes inquiétades; il alla jusqu'à dire que, dans dix jours, si les mesures de défense n'étaient promptes, Tennemi pourrait arriver sous les murs k Rome.
Malgré ce danger pressant, Auguste ne put pas lever dans Rome «Idans toute Fltalie les vingt mille volontaires dont il avait absolu-' Uoit besoin, et quand il voulut, à cause de l'urgence, faire revivre le service obligatoire qu'aucune loi n'avait abrogé, il rencontra ^ résistance presque invincible.
Diodore ne laisse aucun doute à ce sujet quand il dit : « Comme
aucun de ceux qui avaient l'âge de porter les armes ne voulait s'enrôler, Auguste les fit tirer au sort. De ceux que le sort désigna, un sur cinq parmi ceux qui n'avaient pas trente-cinq ans, un sur dix parmi ceux qui étaient plus âgés furent dépouillés de leurs biens et notés d'infamie. Beaucoup refusant encore d'obéir, il en punit plusieurs de mort. Un cbevalier romain fut noté d'infamie et condamné à la perte de ses biens pour avoir fait couper le pouce à ses deux fils, afin de les soustraire au recrutement On dut recourir au tirage au sort entre les esclaves et les affranchis des citoyens riches, pour se procurer les hommes qui étaient nécessaires. »
Cette impuissance à lever des troupes, que la république n'avait \ point connue, explique les douloureuses préoccupations d'Auguste | quand il murmurait : Varus/ rends-moi mes légions. \
Pourtant, il n'y avait point encore de difficultés pour recruter lei légions dans les circonstances ordinaires, parce qu'un très petit nombre d'hommes y suffisait. Auguste rapporte qu'il a engagé dnf cent mille hommes et qu'il a congédié plus de trois cent mille vétérans. C'est dans un espace de temps d'environ quarante ans qnH avait eu h recruter deux cent mille hommes, ce qui ne fait pas plus de L douze mille cinq cents recrues par an. On ne trouverait pas un résultat très différent en cherchant le nombre d'hommes à fournir pour entretenir un effectif de cent quatre-vingt mille à deux cent mille hommes, quand les soldats sont astreints à vingt ans de service. ^
Le nombre des citoyens romains était alors de cinq millions; ainsi l'armée ne demandait annuellement qu'un homme de recrue \sur quatre cents citoyens âgés de dix-sept ans au moins.
Le changement qui s'était produit en si peu d'années dans le» idées et dans les mœurs d'un peuple très belliqueux, a de quoi su^ prendre et mérite qu'on en cherche la cause. On la trouve dans les conditions qui étaient faites aux soldats de l'armée permanente. Dès qu'ils étaient enrôlés, ils quittaient leur pays pour passer vingt ans de leur vie dans une province éloignée. Un homme qui entrait dans une légion renonçait entièrement, par le fait, à sa famille et à ses
amis, car il ne pouvait guère compter qu'après une absence de TîDgt ans et plus il retrouverait ceux qui lui étaient chers.
Le système des milices n'avait produit tant de zèle et de bonne volonté qu'en plaçant les citoyens dans une condition toute différente. Là chacun était entouré, dans le camp, de ses proches et de ses amis; chacun avait l'esprit de retour et devait, après la guerre, ouir, au milieu des siens, de la bonne réputation qu'il s'était faite. }nand les expéditions devinrent plus longues, l'attrait du danger i braver, le goût des aventures et la perspective du butin à parta- ;er déterminèrent, pour la profession des armes, des vocations qui arent encore en assez grand nombre. Cela tenait en partie aux amiiés qui s'étaient liées et consolidées dans les dangers. La camaralerie donnait au soldat une famille à laquelle il avait peine à renouer. Mais rien de cela n'existait avant le départ pour une légion iloignée, quand l'homme de recrue devait tout quitter pour aller solément vers l'inconnu.
Si Auguste n'avait pas prévu les difficultés à venir, il avait du noins reconnu la nécessité de faire au soldat un pécule destiné i lui donner le moyen de vivre après avoir quitté le service. Les vétérans avaient pris l'habitude de demander des terres, qu'il falait acheter; l'empereur sachant combien l'application de ce sys- Ème de récompenses présenterait d'inconvénients et de difficultés, rouva plus simple de leur allouer, en argent, une gratification léterminée d'avance. Une caisse spéciale fut établie pour cette leâtination. Auguste et beaucoup de personnages riches^ à son xemple, firent à cette caisse des dons importants; mais elle .'eut point assez de revenus assurés pour faire face aux engagelents qu'elle avait à remplir. Ces engagements, d'ailleurs, ne ipent pas considérés comme absolus ni contractés à date fixe. Le igionnaire ayant achevé vingt ans de service ne fut donc point Hraré de recevoir immédiatement ce pécule; il dut demeurer au )rps pour attendre le moment où la caisse serait en mesure de lui Ider la somme convenue. Sous le règne même d'Auguste, le retard porté à ce payement se prolongea parfois pendant dix ans.
Les vétérans qui, par ce motif, demeuraient à leurs corps après avoir terminé le temps légal, furent exemptés d'une partie du service des légionnaires. On les plaçait tous ensemble sous un même vexiUm, On aurait dit, il y a trois siècles, sous la même enseigne. Ils foN maient, dans le combat, un détachement constitué. Une légion qui recevait Tordre de quitter temporairement sa station habituelle, ; laissait des hommes chargés de la garder et des cadres destinés I l'instruction des recrues; s'il arrivait, par suite des circonstances, qu'en partant pour entrer en campagne elle n'eût qu'un effectif très incomplet, elle formait un détachement appelé vexUhany c'est-kdire une enseigne. Dans ce cas, les soldats étaient appelés texilb' rii, et non plus légionnaires. Les vétérans des légions permanentes rentrèrent dans l'application de cette règle.
Le prolongement indéterminé de leur temps de service étant devenu très dommageable aux vétérans, qui se trouvaient, après ceh, trop âgés pour se créer de nouveaux établissements, leur mécontentement eut deux conséquences : la première, d'éloigner de l'année une partie des jeunes gens qui auraient eu sans cela le désir d y en» trer; le second, de produire, dès la mort d'Auguste, la première îde ces révoltes militaires qui devaient devenir par la suite le plus grand fléau de l'empire. En apprenant la mort du premier des empereurs, les légionnaires demandèrent, avant de prêter serment à son successeur, une augmentation de solde avec une diminution du temps de service. Les vétérans furent, d'après le témoignage de Tacite, plus ardents à la révolte que tous les autres soldats. Tacite admettait que leurs plaintes n'étaient pas sans fondement, quand il leur attribuait les paroles suivantes : t La mort sera-t-elle le seul terme de si rudes travaux? »
Dans cette conjoncture, les soldats auxiliaires, réunis dans les mêmes camps que les légionnaires, ne firent entendre aucune plainte. Ils demeurèrent dans l'obéissance et furent même employés à comprimer les séditions. La différence de leur conduite provenait de ce qu'ils n'étaient point engagés aux mêmes conditions que les autres, ni à un aussi long terme. On en trouve une preuve dans le
testament d'Auguste, qui légua 1,000 sesterces à chaque soldat pré^ torien, SOO au soldat des cohortes urbaines, et 300 au légionnaire. S'il y avait eu d'autres troupes permanentes à la solde du trésor public, Auguste aurait fait aussi quelque don aux soldats auxiliaires, ne fût-ce que pour ne pas les mécontenter par une exclusion blessante.
Les plébéiens de Rome, déchargés par Auguste de toute obligation du service militaire, avaient été les premiers à éprouver les ineonvénients de cette dispense. On inclinerait naturellement h eroire qu'ils n'avaient qu'à gagner à ne plus porter le poids d'une obligation aussi lourde; mais il eût fallu pour cela que le travail fut chez eux en honneur, et il ne l'était pas. Depuis des siècles, les générations qui s'étaient succédé en avaient de plus en plus éloigné la préoccupation, tantôt pour se livrer aux émotions de la politique, tantôt pour braver les dangers de la guerre. Les plébéiens romains ont eu une destinée qui ne ressemble à aucune autre. Après avoir combattu pour la conquête, ils avaient eu à participer ini soins d'un immense empire à gouverner, alors que toute question se décidait au forum. Puis la constitution d'Auguste leur avait tout enlevé. Les exercices du corps, utiles préparations à l'art de C(Hnbattre, étaient devenus sans objet pour ces citoyens qui allaient s'efféminant. La force d'âme, que l'habitude du péril avait si longtemps développée, devait disparaître quand aucune occasion de s'honorer et de se grandir par l'énergie et le sang-froid dans le danpr, ne se présenterait plus. La subordination, qui avait fortifié les caractères en les disciplinant, n'exerçait plus sa bienfaisante influence ; une vie passée tout entière sans jamais faire acte de hardiesse, de force ni de patriotisme, devait enlever aux âmes ce qui avait fait leur noblesse, et les intelligences n'ayant plus à agiter de questions élevées, allaient tomber dans l'affaiblissement. L'oi-;siveté développait les vices, et la misère conduisait à l'avilisse-^ ment.
Auguste, préoccupé de son intention qui était de ne pas laisser iox plébéiens des mœurs et des habitudes militaires, ne trouva pas
le moyen d'atténuer chez eux les inconvénients de ce changement; il s'efforça néanmoins de ne pas laisser disparaître, dans Tordre des chevaliers, Thabitude de porter les armes. Il maintint en vigueur la disposition de loi qui, depuis la fondation de Rome, exigeait plusieurs années de service militaire avant de pouvoir prétendre à une magistrature, et il réserva aux chevaliers le grade de centurion, pour leur permettre de débuter dans une situation en rapport avec leur raug. Un homme de naissance patricienne ou sénatoriale put même commencer la carrière des armes par le commandement d'une cohorte, pour passer de là au commandement d'un corps de cavalerie, c'est-à-dire d*une a/a. Il passait ensuite au grade de tribun de légion. Cette nouvelle disposition de Tavancement ne permettait plus dé confier le commandement de la légion aux six tribuns à tour de rôle, suivant l'ancienne coutume, et ce commandement fut alors attribué à un legaius, comme Jules César l'avait déjà fait.
C'est au moment où les mœurs de la république disparaissent à la suite de ses institutions, qu'il convient d'insister encore sur une différence essentielle entre les mœurs de cette époque et celles da temps présent. Chez les Romains de la république, le désir ou même l'idée de mettre tous les citoyens au même niveau et d'établir l'égalité civile n'a point existé. Le principe qui avait servi de lien à la société pendant ce temps était, au contraire, celui de la différence des conditions et de la distinction des ordres. Chaque ordre avait été consacré à une fonction définie : les esclaves au travail manuel, Tordre des plébéiens à la guerre et aux décisions du forum, Tordre des chevaliers à la guerre et aux fonctions publiques, les sénateurs à la guerre, àTadministration et au gouvernement. On a déjà fait remarquer comment Tordre de la noblesse ne jouissait point de privilèges injustes, et comment ses attributions étaient méritées par des services rendus à titre gratuit et obligatoirement. La naissance et la richesse donnaient le rang sans contestation, parce qu'elles entraînaient des obligations qui n auraient pas pu être remplies par d'autres.
Nonobstant ce principe équitable, la bonne harmonie ne se main-
it pas à toutes les époques. Des plébéiens se plaignirent de ce e leurs obligations les appauvrissaient; ils voulurent acquérir e plus grande influence sur la marche du gouvernement, pour tenir des mesures plus favorables à leurs intérêts. Ils désirèrent ssi qu'aucutie magistrature^ qu'aucun honneur ne demeurât inac- »sible à leur ordre, et leurs réclamations triomphèrent. Us pousent plus loin leurs revendications, et, enlevant au sénat une parde ses prérogatives, ils firent décider que le peuple, c'est-à-dire isemble des citoyens de tous les ordres, exercerait la souverain é en toutes choses : pour les élections aux magistratures, pour décisions de paix ou de guerre, pour la confection des lois, etc. ismalgré les discussions^ les agitations, les troubles etles meurtres forum, jamais l'existence de l'ordre des chevaliers ne fut atta- 6e ou mise en question. Les mœurs de la clientèle établissaient lien tellement utile entre les citoyens des divers ordres, que les sbéiens eux-mêmes n'imaginaient pas que Rome pût exister sans \ chevaliers et ses sénateurs. Le caractère aristocratique que ime avait eu dès sa fondation se conserva donc pendant tout le nps de la république. On verra, par la suite, que cette particuité du caractère social persista jusqu'à la fin de l'empire d'Occi-
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