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DE LA CONFESSION

Il ne suffit d'aimer pour bien aimer, ni de croire pour professer sa foi : la vivacité de notre cœur brusque et ferme parfois, le cœur souhaité; et la nervosité du zèle en stérilise les effets. Cela se voit à la colère de l'apologiste contre les méconnaisseurs.

Le comble de l'art serait de projeter sur une question beaucoup de lumière sans la rendre brûlante, d'éclairer sans violence.

Aux sottises de la libre pensée contre les sacrements de l'Eglise, l'indignation inévitable au premier moment s'exprimerait mieux sous la forme scientifique de cette époque micrographe.

Considérez la confession comme un mode expansif et répressif; voyez-en les effets sur l'individu; n'apportez au débat que l'expérience psychique, et la libre pensée se taira, devant le résultat, comme devant les irréfragables évidences de laboratoire.

« Donnez-moi une heure de méditation par jour et je vous promets la sagesse. » Sainte Thérèse ne demandait qu'un quart de méditation journalière et promettait le

ciel: mais l'épopte et la mystique demandaient ce que l'exception seule peut donner. L'Eglise en instaurant la nécessité de l'examen de conscience, et en le sanctionnant par le confessional, a voulu obtenir de tous, et a obtenu de beaucoup, des moments de c< connaistoi, toi même ». Forçant l'individu à tenir un compte de ses mérites et de ses démérites, elle l'amène non pas à un homme redoutable, mais une pénombre où une oreille écoute et une voix décide, toutes deux invisibles : l'oreille docile au vilain récit, la voix paternelle et indicatrice des moyens de mieux.

Tout le mois ou tout l'an, cet homme n'a entendu que le chœur vulgaire de son instinct et de ses intérêts couvrant de leurs voix alternées ses notions, rayant sa conscience. Entrant dans l'Eglise, il se sent envahi de silence; le chœur vulgaire s'est tu, les notions morales reparaissent, la conscience rebat.

Il s'examine, il se juge. Encore ici, une inévitable partialité pour ses propensions l'incline vers la formule d'énumération négative, si caractéristique des inscriptions funéraires de l'Egypte. Il dénombre tous les péchés qui ne sont par les siens, indulgent involontaire. Réduit à lui-même, le passionné s'éblouit à demi etse plaide son cher péché, le dévot bilieux se reproche mollement sa facilité de calomnier et de médire.

Il faut donc qu'une parole vienne décider pour chacun de ces juges et parties, et réformant leur sentiment rétablir leur notion.

La confession prophylactique surtout pour les êtres

LA RETRAITE DES COMMUNIANTS

jeunes qu'elle maintient, précieuse pour les femmes très sensibles à qui elle donne l'apaisement de la confidence et un réel répons au besoin d'écho moral, se présente encore et surtout comme une médication psychique.

Quelle raison y aurait-il à nier les maladies de l'âme où l'existence de curatifs, ou encore la force de tel remède, s'il guérit?

Or, le confessionnal guérit. Le moindre observateur qui se posterait bien serait témoin d'un phénomène perpétuel et très appréciable : la différence dévisage, de regard, d'attitude du même pénitent au moment où il apporte ses péchés, et à l'instant où il se relève absous.

Que ce soit l'émotion d'être à genoux, de parler bas, de s'entendre répondre: même que l'on veuille donner à l'entraînement nerveux tout le mérite du sacrement; il importe peu que dans une mixture, ce soit tel élément qui opère; pourvu que la cure ait lieu. La confession rassérène le visage, adoucit le regard, apaise au point d'éclaircir le teint comme un repos ou un déchargement nerveux; le fait physiognomique est trop aisément constatable pour qu'on le nie, et au plus sceptique des esprits cultivés, ce sacrement apparaît un remède héroïque' de l'âme, expérimentalement éprouvé.

Celui qui s'obstinerait à médire de cette merveilleuse invention chrétienne ne mériterait plus que ce mépris attribué par le plus éclectique des penseurs à ce laquais épistolier et faiseur de vers fades qui empuantit notre langue de si honteuses balivernes sous le nom de Voltaire.

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