‹ L'Ane mort, drame en 5 actes, avec un prologue et un épilogueChapitre 70 sur 76 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

HENRIETTE) à part.

Infâme!... infâme!

ROBERT

Tu peux encore me sauver... Henriette ; m’aider à expier le passé; te sens- tu la force d’accepter cette tâche ?

HENRIETTE

Robert... est-ce que vraiment vous vous repentiriez?

Oui, oui... je me repens.

HENRIETTE

Vous ne me trompez pas?

ROBERT

Non, non... et si je l’osais...

HENRIETTE

Eh bien?

ROBERT

le te dirais que je t’aime toujours.

Henriette, d’un ton singulier.

Ah ! vraiment !

ROBERT

Oui, j’ai abandonné la meilleure des filles... mon ange gardien.

Henriette, de même.

Mais il est revenu lui, vous voyez...

ROBERT

Et moi... je te l’ai dit, je l’attendais poûr implorer mon pardon.

Henriette, à part, avec horreur.

Et j’ai pu aimer cet homme !

ROBERT

Eh bien?

Votre pardon, Robert... pourquoi?.,. Mais ai-je donc cessé dè vous aimer?

ROBERT

11 se pourrait !

HENRIETTE

Quand une femme aime bien, Robert, c’est pour la vie... Son amant peut so déshonorer ou mourir, la femme meurt ou se déshonore avec son amant...

Robert, avec un mouvement convulsif.

Oh 1 que tu es belle ainsi !

* Henriette, d'un ton singulier.

N’est-ce pas?

Robert, étonné.

Qu’as-tu donc?

Henriette, se remettant.

Moi? rien... un dernier doute.

nOBERT.

Oh!

Tu m’aimes... bien vrai?

ROBERT

Oui, oui...

HENRIETTE

Jure-le donc... devant la maison de mon père. robei'.t, hésitant.

Je le jure!

Henriette, avec un cri.

Merci!... merci!... (A part.) Hobert!... te voi’à comme je te voulais!... Oh! maintenant, c’est un duel entre nous... un duel qui duit être fatal h tous deux. (Elle chancelle ; Robert court à elle.)

ROBERT

Mon Dieu!... Henriette, tu te soutiens h peine.

Henriette, vivement.

Oui... c’est la faim... il y a deux jours que... Entrons là, Robert. ( Elle désigne le cabaret.)

robert, vivement.

Oui, oui...

HENRIETTE

Merci!... merci de votre empressement, Robert! ( Robert la regarde.)

robert, à part.

Oh ! Picheric avait raison : a Une fuis sur cette pente, il faut descendre et descendre toujours. »

HENRIETTE, à part.

Mon père!... pardonnei-moi! (Ils entrent dans le cabaret. —

Le rideau baisse.)

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