SCENE I
HENRIETTE, ROBERT. [Ils sont attablés, à la fin d'un repas. —
Henriette* est assise sur la table et verse du tin à Robert qui est
assis à côté; ils trinquent et boivent.)
HENRIETTE
Robert, vous souvenez-vous de celle chanson que vous avez faite pour moi, en me donnant un fichu de soie que je devais garder toujours?
Il te platt, jeune fille, eh bien ! je te l’envoie.
Et la prochaine nuit, loin des yeux importuns.
Si tu veux confier à ses long< plia de soie Tes cheveux doui et bruns.
Une voix doucement plaintive à ton oreille,
Te parlant dans la nuit sans te causer d'effroi,
Te dira, bas, tout bas : Enfant, tu dors, il veille,
Il veille et c’est pour toi.
Robert, souriant.
Oui, oui, je me la rappelle.
HENRIETTE
Comme vous me dites cela, Robert!... vous semblez inquiet... troublé... à chaque instant, je vois des frémissements sur vos levres.
ROBERT
Mais non... je te jure... c’est que... je remontais le passé.
Henriette, d'un ton singulier.
Sans moi, méchant!
ROBERT
Dis-moi le second couplet. (Pendant qu'Henr'etle est remontée pour relever ses cheveux, il verse dans son verre le contenu du flacon.)
henriettb, h part, et l'apercevant dans la glace-
Ah! {Elle se retourne vers lui, sa physionomie a repris son air de gaieté.) Second couplet.
L’ANE MORT
Mais si tu dois jamais dans une nuit profane,
En faire à ton amant un triomphe moqueur,