ACTE V
ROBERT
Moi... je ne sais... là... un fou qui me brûle... à boire... (Henriette prend la bouteille .) Nom, de l’eau... de l’eau. (Il s’arrête et la regarde.)
HENRIETTE
Comme tu pâlis, Robert!... pourquoi me regardes-tu ainsi fixement?... doutes-tu donc que j’aie pris le poison que tu me destinais? ( Elle lui montre la fleur empoisonnée.)
robert, avec effroi.
Ah!
HENRIETTE
Il en reste encore, et ce qui reste est pour moi. (Elle lui montre son verre.)
ROBERT
Malédiction!... au secours! au secours!
Henriette, fermant la porte du fond.
Appelle si tu veux!... Avant qu’ils n’aient brisé cette porte, la mort sera venue pour nous deux... Robert, tu vas mourir, repens-toi, reptns-toi.
robert, se débattant dans l’agonie.
Grâce!... pitié!
HENRIETTE
Repens-toi, te dis-je!... repens-toi!
ROBERT.'
Henriette... écoute-moi, oui, je suis infâme, criminel...
' mais plus je suis coupable, moins tu dois abréger le temps qui me reste pour le repentir!... tu serais aussi coupable que moi I
HENRIETTE
Mon Dieu !
ROBERT
Oui, je mérite le châtimentqui me frappe... mais que je vive... et je me repentirai... mon salut est entre tes mains .. Du secours!... qu’on me sauve !... il en est temps encore, et ma vie appartiendra au repentir, ma vie appartiendra à Dieu!
HENRIETTE, luttant.
Non, non, je ne te cruis pas.
ROBERT
Henriette ! Henriette !... du secours! au nom de ta mère!
HENRIETTE
Ma mère... eh bien ! (Elle va vers la porte. On entend au loin la prière des morts.) Ah! cochant funèbre* ce cercueil!... c’est
L’ANE MORT
celui de mon père... de mon père que lu as tué, Robert... Dieu lui-même ne veut pas que je le fasse grâce !... (Elle court fermer la porte.) Ce cbanl funèbre... il est pour nous aussi.
IIOBEKT.
Ah ! Dieu soit loué .. on vienl !... au secours!
Henriette, prenant son verre.
Je t’ai dit qu’ils viendraient irop tard. (Elle porte le verre à ses lèvres. Robert, au moment où elle va boire, lui arrache le verre qu'il brise. — Des paysans entrent en forçant la porte.)
IIEMUETTK.
Ah !... (Elle veut s'élancer par la fenêtre, on lui barre le passage.)
Oui... arrêtez cette femme! elle m'a assassiné t
TOUS
Ah!
Robert, mourant.
Je serai vengé 1... Henriette Bernard 1...
TOUS
Henriette Bernard 1
LE PAYSAN
Oui, je la reconnais maintenant... c’est bien elle ! c’est Henriette Bernard î qui a détruit le bonheur de ses bienfai lices et causé le désespoir de Mathurin ; la malheureuse a commencé par tuer son père et sa mère, et elle vient d'assassiner son amant.
TOCS.
A mort, à mort, Henriette Bernard ! ( Tous les paysans vont se ruer sur Henriette , le paysan se jette au devant d eux.)
LE PAYSAN
Arrêtez !... Henriette Bernard appartient au bourreau.
TOUS
A l'échafaud, Henriette Bernard!
ROBERT
Henriette, je le lègue la mort et l’infamie. (Ils l'entraînent, ils Ventourenl d moitié évanouie. Tumulte. Robert tombe à terre.)
ÊPIIOGUE.
Même décor qu’au prologue. Nuit.