CHAPITRE IV
Marche de l’Anémie syphilitique ordinaire
L'état anémique que nous venons d'étudier n’est pas seulement caractérisé par les traits que nous avons indiqués, mais encore par une marche particulière. Celle-ci en; effet est commandée par la série des manifestations syphilitiques et il existe véritablement une concordance extraordinaire entre la marche de l'infection syphilitique etcelle del’état hématologiquecorrespondant. Au premier abord il semble exister quelque contradiction au sujet de cette concordance, à la lecture des observations concernant l’état hématologique des syphilitiques examinés à la période initiale de la maladie.
Le début de l’anémie syphilitique précéderait l'apparition de la roséole pour Rerss, JAWEIN, STOUKOVENKOrF, CoLomBint, SIMONELLI.
Il coïncide avec la roséole ou lui fait suite pour Letaus, Rizce, Fisiscaeczra,lGoaorr, RitTER et ANTz.
La contradiction est facile à expliquer ; elle tient à cé fait que l’anémie est exagérée, comme nous l’exposerons ultérieurement, au moment de l'apparition de la roséole ; mais, en réalité, elle élait déjà manifeste avant la production de l’exanthème et les derniers auteurs cités, s'ils ont su constater l’anémie au moment où elle s’exagérail.
ze 30 — c'est-à-dire au moment de l'éruplion, n'ont pas su la décéler au moment où elle débutail. |
Si nous consultonsl'immense travail de ZELENEFF, nous acquérerons cette certitude que, dans la majorilé des cas, l'anémie syphilitique apparaît peu de lemps après le début de l'infection.
Vingt jours avant toute éruption caractérisant la période secondaire la teneur en hémoglobine peut avoir diminué de 16 à 20 pour 100, cette diminution précédant en général celle du nombre des globules rouges. Or, la diminution du {aux hématimétrique el hémochromométrique présente, dès celte période, une tendance spéciale à s’exagérer, parallèlement à toute manifestation active de la sypmilis.
Ainsi, un malade présente une anémie légère intercalée entre le début du chancre et celui de la roséole. Les manifestations fébriles liées à l’évolution de la syphilis venant à éclater avant l'apparition de la roséole, l’anémie sera exagérée, puis diminuera, alors que l’état fébrile disparaîtra. Mais voici qu'éclate la roséole : l’anémie s’exagère de nouveau.
Ainsi donc, non seulement l’état anémique constant est lié à l’évolution de la syphilis, mais encore il subit des variations qui se juxtaposent aux accidents aigus survenant au cours de la maladie chronique. On peut s'en rendre compte en consultant les tableaux que nous donnons à la fin de notre thèse, mais nous ne saurions donner de meilleure preuve du fait que nous avançons que celle qui résulte de l'observation suivante: nous nous.contenterons, pour ne pas compliquer le sujet, de citer Les variations du taux hémochromométrique que nous désignerons par la
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