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lettre H. Un malade adulte, robuste, est examiné après l'apparition du chancre.
Pendant une quinzaine de jours, H, — 15,77 à 15,31 pour 100. ;
Pendant les onze jours suivants, précédant l'apparition de la roséole, H. tombe à 14,40, à 13,96 (observation prise journellement).
Le jour précédant la roséole, la température s'élève de de 1/2° à peu près, H. tombe à 11,43.
Le jour de l'apparition de Ia roséole. ... H — 11,43
Les jours suivants........... Nr RE H = 13,53 Une éruption papuleuse apparaît; le jour de son apparition..... Le CE H = 11,84
Celle-ci disparaît et H. remonte graduellement pendant 31 jours, restant aux envi- | ONCE PTE AU De Fes uup re 14,85 Une nouvelle éruption exanthématique avec élévation de température (38°2) appa-
PE NÉ RO DR CS en H — 12,26 La fièvre disparaît ; trois jours après... I — 14,41 Pendant une période de six jours...... H = 13,53
Les sept jours suivants, FH. remonte graduellement-et: atteint semis, 14,86
Le malade s'en va, présentant lous les signes d'une restauration graduelle de l'état général.
À quelques nuances près, dans cette observation, le taux hématimétrique coïncide avee le taux hémochromométrique ; il est intéressant de suivre les variations leucocytaires.
Dès le premier jour de l'observation du malade, durant la période de seconde incubation, non seulement avant
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l'apparition de la roséole, mais encore avant toute modification des taux hématimétrique et hémochromométrique, le nombre des globules blancs subissait une augmentation graduelle telle que de 3000 il montait à 4500 en moyenne, el restait à ce taux pendant une dizaine de jours.
Donc l'augmentation du nombre des globules blancs s’est montrée plus précoce que les modifications hématimétrique et hémochromométrique.
Elle s’est accrue au moment où s’est installé l’état anémique proprement dit, le nombre des globules blancs atteignant le chiffre de 8000 à 9000.
Non seulement cette augmentation du nombre des leucocytes est restée stable pendant toute la durée de l’observalion, mais encore elle est restée indépendante des améliorations concernant les éléments hémoglobinifères.
Nous avons donné le détail de cette observation, car elle nous semble pouvoir être prise comme type de l’évolution de l’anémie syphilitique ordinaire.
En résumé, comment se caractérise l'état hématologique en question? Vingt jours avant l'apparition de la roséole, hypoglobulie et hypochromie pourront être manifestes. Ces variations du taux hématologique pourront s’accentuer avec l’éclosion des accidents fébriles précurseurs des manifestations secondaires. « La roséole apparaît; les modifications hématologiques s'aggravent, puis s'allénuent avec l'exanthème. Des syphilodermies ultérieures apparaissent-elles ? L'anémie se montrera de nouveau ou se renforcera parallèlement à leur éclosion.
Plus les manifestations locales ou générales de la syphilis seront marquées, plus grave sera la chloro-anémie
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concomitante. L'influence de la fièvre d’origine syphilitique sera considérable. Une faible élévation de température symptomatique de l'infection syphilitique provoquera un appauvrissement du sang supérieur à celui que déterminerait ce phénomène considéré exclusivement au point de vue physiologique. Troubles nerveux, poussées locales de toutes sortes, toutes les manifestations de l'activité de la syphilis en un mot accentueront la diminution de la richesse du sang, et indiscutablement, comme l'affirme du reste Fisiscuezza, aux syphilis malignes correspondront les anémies intenses, mais toutes ces manifestations, légères ou graves, finissent par rétrocéder ; alors, parallèlement à leur atténuation, le sang se rénovera graduellement, la richesse en hémoglobine et en hématies s’élèvera suivant une courbe irrégulière. Avec cette amélioration, coïncidera dans certains cas, d’après ANTz, une augmentation du nombre des plaquettes de Bizzozero (hématoblastes de Havyeu), fait à rapprocher des crises hématoblastiques signalées par HAYEM, à la période de rénovation sanguine, chez Les ané miques. Ainsi les oscillations hémochromométrique et hématimétrique sont-elles des indices précieux de l’état de résistance de l’organisme vis-à-vis de l'infection spécifique. Celle-ciest-elle jugulée, le sang peut recouvrer sonintégrité physiologique, intégrité apparente du reste, comme la guérison elle-même. Mais parfois cette anémie pourra persister, indiquant l’état d'activité latente de la syphilis guérie en apparence. D'autres fois, la guérison semble complète à tous les points de vue, quand surviennent de nouvelles pousséescaractéristiques desaccidentssecondaires. Au premier rang des symplômes s’inscrira encore la
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chloro-anémie dont les retours peuvent se présenter de nombreuses années après l'infection primitive, quand se. joignent aux manifestations dela phase tertiaire des symptômes rappelant ceux de la période secondaire (céphalée, douleurs ostéocopes, fièvre, périostite aiguë, etc.). Dans de tels cas, un système hématopoiétique antérieurement laré se trouve placé dans des conditions de déchéance identiques à celles qui accompagnent les premières atteintes. Il réagira d’une façon identique. » (Dominic, Presse médicale, avril 1898, n° 29).
En général, quand toute manifestation de la syphilis constatable cliniquement a disparu, et que celle-ci n’a pas été traitée, l’anémie syphilitique tend à disparaître, mais la restitution adintegrum de l'appareil sanguin peut se faire lentement ; parmi les symptômes liés à l’évolution de la syphilis , l’anémie peut être le dernier de ceux que peuvent déceler nos moyens d'investigation, de même qu'il pouvait être dans son apparition un des phénomènes les plus précoces, quoique latent.
Dans certains cas, celte anémie peut persister quelques semaines après la disparition de tout phénomène clinique caractérisant l’évolution de la syphilis. Parfois, au contraire, comme le prouvent les observations siapprofondies de ZeLenerr, il y a une concordance remarquable entre la disparition des syphilides et la guérison de l’anémie.
Nous n'avons pas encore parlé, dans ce chapitre concernant la marche de l’anémie syphilitique, de ce qui a irait aux modifications du nombre des globules blancs. Nous tenions à écrire à ce sujet un chapitre à part, à cause de son importance. En effet, de toutes les modificalions hématologiques survenant au cours de la syphilis,
a ed la leucocytose est le phénomène le plus précoce dans son apparition et le plus tardif dans sa disparition.
En général, comme nous l'avons dit à propos de l’observation que nous avons prise comme type, la leucocytose apparaît avant l'abaissement du pourcentage du taux hématimétrique. Elle s'accroît graduellement jusqu'au moment de la roséole, s'accentue encore durant la première semaine de la période secondaire etsile chiffre des globules blancs dépasse rarement le nombre de 10.000 à 15.000, « cette réaction se place au premier rang parmi celles qui peuvent être notées, pour la précocité de son apparition, sa fixité et sa durée. » (Dommcr, Presse médicale, avril 1898, n° 29.) Elle esten général la première et la dernière des modifications que le microscope permet de déceler dans le milieu sanguin. Alors que les malades cessent tout traitement parce que toute manifestation apparente de la syphilis a disparu, parce que leur état général semble être devenu identique à celui qui précédait l'infection spécifique, ces malades présentent encore une leucocytose manifeste dont la période d'expiration ne saurait être déterminée. En général, celte leucocytose est à type de mononucléose. Enfin, fait intéressant, si elle coïncide pour une partie de sa durée avec les modifications hématimétriques et hémochromométriques, en ce qui concerne les dates d'apparition et de disparition, elle ne coïncide pas avec elles. Bien plus, alors que leucocytose d’une part, olygocythémie et hypochromie d'autre part, semblent marcher parallèlement, en réalité, quant à leurs oscillations partielles, ces deux variétés de réactions peuvent être indépendantes. C’est ainsi qu'au cours de la période secondaire, quand éclot une poussée
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de syphilides s'accompagnant de diminulion notable de la quantité d’hémoglobine et du nombre des globules rouges, la leucocytose ne s’accroil pas forcément. Les réactions des éléments leucocytaires conservent, comme nous l’avons dit, leur marche propre, indépendante, jusqu'à un certain point, des modifications concomitantes des éléments hémoglobinifères. Cette indépendance est encore plus marquée, ainsi que nous le répétons, au moment où se produit la restauration sanguine ; la leucocytose tendant à persister pendant un certain temps, alors que les taux hématimétrique el hémochromométrique ont récupéré l’état normal. |