‹ L'Anesthésie au CyclopropaneChapitre 19 sur 42 · ON · texte numérisé non relu

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jections intra-veineuses nécessaires, tout en surveillant le faciès de son malade.

L'intérêt de la recherche du réflexe oculo-cardiaque a été Signalé pour la première fois par Garrelon (1); l'intérêt de cette recherche n’a pas suffisamment attiré l'attention des chirurgiens; il convient d’y revenir et d’y insister

Il est un fait connu depuis bien longtemps, c'est qu’il y a des malades résistants et des malades réceptifs à l’anesthésie générale. Le mérite de Garrelon est d’avoir mis en évidence que les premiers sont des sympathicotoniques, les seconds des vagotoniques. Plus simplement : le réflexe oculo-cardiaque peut donner trois réponses :

Soit un ralentissement du pouls plus ou moins marqué

Soit aucune modification ;

Soit une accélération.

Les malades vagotoniques, à réflexe oculo-cardiaque positif, c'est-à-dire avec ralentissement du pouls, dorment facilement et bien. Ce sont les réceptifs.

Inversement, ceux dont le réflexe est nul ou donne une accélération’ sont les résistants.

Tous les intermédiaires existent naturellement entre ces 3 types. Entre le grand vagotonique dont la compression des

globes oculaires amène un ralentissement considérable, parfois

même un arrêt du cœur, et qui est candidat à la syncope blanche, et le grand sympathicotonique qui se débattra sur la table d'opération, et qu’on arrivera à endormir mal, avec de très fortes doses de produit anesthésique quel qu’il soit. Or, nous possédons des moyens remarquables d'agir sur le système neuro-végétatif : l’ésérine et l’atropine. D'où les conclusions de Garrelon et Pascalis:

(1) GARRELON et Pascais : Utilisation de l’Esérine pour la régularisation des anesthésies générales. (Presse Médicale, 8 octobre 1930.)

GARRELON et Boupix : Comment obtenir dans tous les cas un sommeil profond et régulier au cours d’une anesthésie générale. (Concours Médical, 11 février 1934.)

r° Réflexe oculo-cardiaque positif, ralentissement du pouls; vagotonie courante, Sujet réceptif; ne rien faire, le malade dormira bien; 2° Réflexe oculo-cardiaque très accentué, ralentissement exagéré du pouls pouvant aller jusqu’à un arrêt momentané du cœur, grand vagotonique, sujet trop réceptif, souvent disposé à la syncope du début. Se méfier, l’ésérine est dangereuse dans ce cas; essayer, au contraire, de contre-balancer l’hyper-vagotonie par une injection d’atropine ; 3° Réflexe oculo-cardiaque nul ou inversé: pas de changement ou accélération du pouls, sujet résistant. Commencer à anesthésier en injectant sous la peau 1/2 milligramme d’ésérine, dose suffisante dans l'immense majorité des cas. Il est préférable de pratiquer cette injection alors que Île malade est déjà partiellement imprégné d’anesthésique. La méconnaissance de ces notions fondamentales a entraîné bien des déboires. Le plus souvent, les malades sont endormis sans qu’on ait pris la précaution de vérifier l’état de leur système neuro-végatatif; nous avons vu maintes fois le chirurgien demander une injection d’ésérine sous prétexte que le malade dormait mal ou poussait. C’est une lourde faute, car il peut s'agir d’une anesthésie mal administrée chez un malade du type réceptif, et alors c’est la syncope, irrémédiablement. Nous en avons observé récemment un cas dans des conditions particulièrement dramatiques: Au cours d’une opération pour appendicectomie, le malade, qui n’avait pas été examiné avant l'opération, fit une Syncope blanche dès l’incision de la paroi. Il put heureusement être ranimé, bien que difficilement, par les moyens habituels, et l'opération fut remise à plus tard. Le lendemain, on constatait un réflxe oculo-cardiaque très nettement positif, et il fut endormi quelques semaines plus tard, dans des conditions parfaites, après avoir reçu une injection

d'atropine dont on avait préalablement vérifié l’action sur son réflexe oculo-cardiaque.

Il faut, enfin avant d'entreprendre une anesthésie générale, bien tenir compte du psychisme du patient. Il y a des malades qui ont peur. La peur n’est pas toujours inscrite sur leur visage, mais peut se traduire par un bouleversement de leur état neuro-végatatif ou cardio-vasculaire.

Un de nos maîtres dans les hôpitaux demandait toujours à ses malades, avant de les opérer ,s’ils avaient peur de mourir; si oui, il remettrait l’opération à plus tard. Cette manière de faire ne faisait qu’augmenter la peur du patient le jour de l'opération. Il vaudrait mieux préparer le malade de façon à lui donner confiance, en bavardant avec lui, sans hâte, loin de la salle d'opération. A ce point de vue, l’anesthésie de base a rendu un service inappréciable aux opérés en permettant de leur éviter l'impression épouvantable du chariotage et la vue

quelquefois horrifiante, de la salle d'opération.

L'an ONE

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